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| Rapport final de le 36eme congrés du forum de la pensée contemporaine : La torture et la répression au Maghreb depuis les indépendances |
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Sur invitation de la Fondation Temimi pour la Recherche Scientifique et l’Information, avec le partenariat scientifique de la Fondation Konrad Adenauer, de Gedenkstätte Berlin-Hohenschönhausen, et de l'Association Tunisienne la lutte contre la Torture, le 36ème congrès du forum de la pensée contemporaine a été organisé sur :
La torture et la répression au Maghreb depuis les indépendances
Lors de la séance inaugurale, M. Temimi a prononcé un discours, suivi par M. Hebertus Knabe, directeur de l’Institut de Berlin pour la mémoire nationale, puis par Mme. Radhia Nasraoui, présidente de l'Association Tunisienne la lutte contre la Torture et enfin par M. Samir Dilou, ministre des Droits de l’homme et de la Justice transitoire. Des chercheurs de différents pays ont assisté au congrès : Allemagne, Tunisie, Algérie, Irak, Maroc, Egypte. De nombreux ambassadeurs étaient également présent : leurs excellences M. Horst-Wolfram Kerll (Allemagne), M. Peiman Djebelli (Iran), M. Mahfoudh Wild Mohamed Ahmed (Mauritanie) ainsi que le conseiller de l’ambassade du Maroc. Des médias et des agences de presse de différents pays ont également assisté en plus de représentants du Ministère de l’intérieur, des Droits de l’homme et des associations de la société civile comme la commission nationale de lutte contre la corruption et les malversations. Les partis politiques ont brillé par leur absence. D’anciens ministres et responsables, des médecins et des avocats comptaient parmi les personnes présentes.ont dépasse les 170. L’assistance était nombreuse et comprenait 28 personnes qui ont tenu à nous livrer leurs témoignages sur la torture dont elles ont été victimes sous les deux précédents régimes.
Dans son discours, M. Temimi a parlé de la torture, dossier parmi les plus douloureux de l’histoire contemporaine de la Tunisie. Le nombre de torturés est de 30 mille personnes qui ont subi une torture physique et psychologique portant atteinte à leur humanité et touchant leur famille dans leur vie quotidienne. De nombreux régimes totalitaires, en Orient et en Occident ont eu recours à ces pratiques inhumaines dans des prisons, connues ou secrètes. Des méthodes terribles et moyenâgeuses ont été appliquées, foulant aux pieds toute sorte de morale ou de principes.
De son côté, le Dr. Knabe, directeur du Mémorial de Berlin a insisté sur la nouvelle spécialité apparue trois décennies plus tôt, consistant en la collecte des témoignages oraux des torturés, afin de récolter la mémoire nationale. L’objectif est d’appuyer la rechercher en histoire du temps présent. Il appelle les Etats et les institutions de documentation à veiller à la collecte des témoignages de toutes les personnes torturées afin qu’ils ne se perdent pas soit par le fait de leur décès soit suite à des dissimulations volontaires de faits inavouables.
Mme. Nasraoui, pour sa part, a centré son intervention sur la nécessité de dévoiler les pratiques de la torture devant la justice et sur la nécessité de soutenir les victimes de cette pratique afin que les tortionnaires soient punis. Elle a également précisé que l’organisation qu’elle dirige œuvre à diffuser la culture des droits de l’homme. M. Samir Dilou, de son côté, a affirmé que l’arrêt de la torture ne se fera pas en promulguant un arrêté dans ce sens, mais nécessite que ses causes soient traitées par le biais de la réforme des institutions et de la dénonciation des bourreaux et leur jugement.
Les intervenants ont insisté sur le fait qu’il était nécessaire que les conditions et les outils indispensables à l’écriture scientifique de cette histoire soient disponibles et que la communauté scientifique adhère au projet. La société tunisienne a expérimenté la torture pendant le protectorat sous différentes formes. Des citoyens tunisiens ont été emprisonnés dans les terribles centres de détention en Algérie. Ils ont subi des tortures psychologiques et physiques et leurs familles ont été victimes d’injustices.
La question de l’autorité de la loi et de la justice transitoire a été abordée ainsi que l’application de la charte arabe des droits de l’homme et de l’accord européen à ce sujet. Les forces progressistes dans le monde doivent empêcher la pratique de la torture d’où quelle vienne. De nombreuses problématiques ont été discutées notamment autour des mécanismes de la torture et ses différents outils puis la politique de la punition collective, la nature des traitements psychologiques d’un point de vue médical, les conséquences de la marginalisation, les dépassements du pouvoir exécutif sur lequel il n’existe pas de moyen de contrôle et qui peut, de ce fait, torturer les opposants mais également les membres de leur famille. La partie la plus importante, et la plus grave, de ce congrès a consisté à écouter les nombreux témoignages des victimes de la torture sous ses différentes formes. L’assistance a pris conscience de l’ampleur de la rupture qui caractérise la mémoire nationale des citoyens de la Tunisie et du Maroc. Certains torturés sont définitivement handicapés car ils n’ont pas bénéficié les soins médicaux nécessaires. De nombreuses personnes sont mortes en détention. Il existe une liste des personnes disparues, dont les familles n’ont plus jamais eu de nouvelles et dont elles ne savent même pas les lieux d’enterrement. Des témoignages terribles sur les tortures, racontées par ceux qui les ont subis, ont été livrés. Les noms de certains bourreaux ont été évoqués. Quelques-uns continuent encore aujourd’hui à diriger des institutions pénitentiaires, ce qui est inacceptable et en contradiction avec les principes de la révolution de la dignité et de la démocratie. Parmi les tortures infligées aux prisonniers d’opinion, figurait la privation de la lecture et de l’écriture, l’interdiction de l’information. Les deux précédents régimes tunisiens ainsi que celui de Hassan II au Maroc se sont ingéniés dans ce sens dans le but de punir au maximum leurs opposants et en leur imposant l’isolement pendant des années. Ces témoignages nous ont bouleversés. Personne n’imaginait que la rancœur, la vengeance et le désir d’écraser toute dignité chez les prisonniers puissent atteindre ces degrés. Ceci a été un choc terrible pour l’assistance et aura probablement des répercussions directes sur elle. Elle a probablement déjà changé le regard qu’elle portait sur les deux précédents régimes. Ceux qui, aujourd’hui, essayent de déifier l’Etat de l’indépendance a tort et doit arrêter de prendre les citoyens pour des imbéciles en essayent de cacher volontairement les crimes qui ont été commis aux temps de Bourguiba et de Ben Ali. L’objectif essentiel qui nous pousse aujourd’hui à récolter les témoignages de ceux qui ont été torturés est de contribuer à dévoiler les injustices et les humiliations infligées à une partie active de notre société. La révolution, œuvre de notre peuple, nous invite à réévaluer nos calculs. Nous devons saluer les gens du sud et du bassin minier qui ont été le premier noyau de cette révolution. Nous devons tous rendre hommage aux torturés des deux régimes précédents et aux martyrs, morts pour leurs opinions, appartenant aux différents courants et partis politiques. Les participants au congrès ont assisté à la projection de deux films. Le premier, al-handhal (coloquinte), est du metteur en scène Mahmoud Jimni. Il met en scène un groupe de jeunes qui rêvent d’un monde meilleur. Leur désir de changer la société les a finalement conduits à un long voyage entre différentes prisons. Ces jeunes, fiers, réclament une justice transitoire qui préserve la dignité et renforce la citoyenneté. Le deuxième film est de Tayyib Louhichi et est intitulé Ahl al-charâra (les gens l’étincelle). Il se veut être le miroir du parcours de la révolution tunisienne ingénieuse. S’y expriment le citoyen ordinaire tout autant que l’universitaire engagé et croyant au changement que commence notre pays. Le film est un message adressé à tous les leaders politiques, leur rappelant que dans cet événement historique, toutes les catégories de la société étaient représentées parmi lesquelles la jeunesse et les universitaires engagés, opposants politiques de toutes tendances. Ils sont tous les véritables héros de la révolution de la dignité et de la démocratie. Le congrès a été suivi par un riche débat, qui s’est déroulé dans le respect des règles du dialogue et de l’opinion différente, dans une atmosphère de totale liberté, fait rare dans notre espace géopolitique arabe. Les participants ont exprimé le souhait que ces débats continuent, l’objectif principal étant que la vérité historique soit révélée. Nous devons tous y faire face avec courage et dire exactement ce qui s’est passé. De leur côté, les leaders politiques impliqués dans ces faits doivent avoir le courage de présenter des excuses auprès de leurs victimes. Les participants se sont tous accordés sur quelques remarques : - La torture est la responsabilité de toute la société, même si elle reste silencieuse ou qu’elle fait mine de ne pas vouloir écouter ou qu’elle prétend ne pas avoir été au courant. Il en va de même pour les politiciens et les juges qui ont accepté la torture et la prenaient pour un outil de travail ainsi que les journalistes qui ne l’ont pas dénoncé ni combattu. Il s’avère que toute la société était au courant de l’existence de ces pratiques. Si les institutions et autorités concernées continuent à ne pas vouloir présenter des excuses alors cette pratique continuera. (La torture n’est pas une pratique dont nous devons parler au passé car elle continue d’être pratiquée même après la révolution. - La torture n’est pas une pratique qui se mesure à la quantité car il s’agit aussi d’une agression qualitative. Elle comprend aussi des dimensions psychologiques et morales qui continuent lors de l’incarcération comme le fait de placer des condamnés à mort avec des fous ou la privation des visites ou des soins ou de la nourriture. Certains torturés ont subi la faim et ont contracté des maladies graves. - - Ceux qui sont venus témoigner des tortures subies n’ont pas fait preuve de haine envers leurs anciens tortionnaires. Ils ont au contraire demandé que soient tenus des jugements équitables pendant lesquelles les tortionnaires présenteraient des excuses publiques afin que soit possible la réconciliation dans la société nouvelle à construire sur la base d’une bonne entente entre ses membres. L’Etat doit présenter officiellement des excuses à tous ceux qui ont subi des tortures. - Consacrer un forum ayant pour but de récolter les témoignages des victimes de la torture et de la répression parmi les prisonniers de droit commun avec la possibilité de faire intervenir des agents des prisons. - Etudier les possibilités des indemnisations matérielles à ceux dont la vie ainsi que celle des membres de leur famille ont été détruites. C’est un devoir de l’Etat. Les participants ont également évoqué la nécessité de créer un fond de soutien aux victimes de la torture afin qu’elles soient réinsérées. La nouvelle génération doit être éduquée dans un esprit opposé à la torture à travers l’insertion de ces idées dans les nouveaux programmes scolaires. - Les participants ont demandé aux régimes et aux organisations de la société civile de créer un centre de documentation maghrébin ou arabe spécialisé dans le regroupement des témoignages sur la torture. Après l’expérience de fondation Temimi (FTERSI), qui a récolté les témoignages de la mémoire nationale, dont des dizaines de torturés, créant ainsi une base de données, il s’avère qu’un tel projet peut être hébergé par une institution privée de recherche pour en garantir la réussite. - Les participants ont loué le fait que la décision de transformer laprison de Borj al-roumi en musée ait été prise. Ils ont insisté sur la nécessité de garder l’endroit tel quel, avec les instruments de torture qu’il comprend afin que cela reste un témoignage pour les générations futures. Il a également été proposé qu’un centre de soins et de suivi médical et psychologique soit créé afin de prendre en charge les personnes qui en auraient besoin, dont l’emplacement serait déterminé par les spécialistes : médecin, sociologues et historiens. - Lors de ce débat constructif, les participants ont proposé d’organiser une série de congrès spécialisés autour de dossiers nouveaux tels que les conséquences de la punition collective, la littérature des prisons, le rôle du sud dans l’opposition au régime policier. Certaines personnes ont également rappelé la nécessité d’ouvrir le dossier de la torture en Libye ainsi que dans d’autres pays. Il a aussi été proposé d’ériger un mémorial au cœur de Tunis (sur une partie de la prison du 9 avril, dont une partie des catacombes pourrait être utilisée). Les participants n’ont pas oublié de rappeler l’importance de la justice transitionnelle et les mécanismes qu’elle suppose : demander des comptes, juger et écouter. Les témoignages récoltés pendant ce congrès peuvent être considérés comme des notifications aux procureurs généraux au Maghreb. Enfin, les participants remercient la Fondation Temimi qui a hébergé le congrès avec succès. Leurs remerciements s’adressent également à la Fondation Konrad Adenauer, et son représentant, M. Klaus pour son soutien appuyé à l’organisation de ce congrès, organisé pour la première fois dans le monde arabe. Merci également à M. Hebertus Knabe et son assistant M. Chourabi qui nous ont offert les outils techniques nous permettant d’enregistrer les témoignages dans le futur. Pour terminer, Mme. Radhia Nasraoui soit être chaleureusement saluée pour le rôle qu’elle a joué dans la réussite de ce congrès grâce à l'Association qu’elle dirige |
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Le 36ème congrès du Forum de la Pensée Contemporaine sur :
Torture et répression au Maghreb depuis les indépendances |
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La Fondation Temimi pour la Recherche Scientifique et l'Information, Konrad Adenauer Stiftung Gedenkstätte Berlin-Hohenschönhausen et l’Organisation contre la Torture en Tunisie organisent :
Le 36ème congrès du Forum de la Pensée Contemporaine sur : Torture et répression au Maghreb depuis les indépendances Fondation Temimi – Tunis 3-4 et 5 mai 2012 * * * *
Adresse de la Fondation : Immeuble Al-Imtiaz – Centre Urbain Nord – Charguia I - Tunis 1003 Tél. (00216) 71 231 444 ou (00216) 71 751 164 fax :(00216) 71 236 677 E. Mail : fondationtemimi@yahoo.fr ou fondationtemimi@gnet.tn / Internet://www.temimi.refer.org (français/عربي) ******************* Où en sommes-nous de la vérité sur le dossier de la torture et de la répression dans l’espace maghrébin ?
Prof. Abdeljelil Temimi
L’histoire du temps présent maghrébin a occulté le traitement de nombreux sujets sensibles à cause de la main de fer exercée par tous les régimes politiques envers les institutions de la société civile. Ceci a engendré la peur qui a habité tout le pays. A la tête de ces questions occultées vient le dossier de la torture exercée contre les opposants, toutes tendances idéologiques confondues. La torture a été pratiquée par les moyens les plus ignobles. Les tortionnaires se sont ingéniés à bafouer le droit des prisonniers en les mettant dans des cellules d’isolement pendant des années, leur enchaînant les mains et les pieds. Un des prisonniers en est même arrivé à nouer une relation d’amitié avec les souris et rats qui venaient lui rendre visite à la nuit tombée ! Les prisonniers ont été violemment frappés, aspergés d’eau chaude ou froide. Différents appareils électriques ont été utilisés pour leur arracher des aveux. Certains sont morts sous la torture. D’autres ont perdu l’usage de membres vitaux et ont passé le reste de leurs jours partiellement ou totalement handicapés. Leurs biens ont été injustement confisqués et leurs familles vivent dans la pauvreté jusqu’à aujourd’hui. Les témoignages qui ont été présentés au sien de notre Fondation ont montré comment certains ministres à la tête des ministères de l’Intérieur au Maghreb étaient au courant des pratiques portant atteinte à l’intégrité physique des prisonniers et les torturant psychologiquement. Ces derniers étaient obligés de se dénuder, le but étant de porter atteinte à leur moral et à leur fierté. Ces tortionnaires étaient tout simplement ignobles. La police politique et les hautes sphères du pouvoir dans les pays maghrébins ont essayé d’effacer toute trace physique des lieux d’incarcération et des prisons, notamment celle du 9 avril. Ils ont essayé de détruire les traces de la torture et des mécanismes utilisés en repeignant les murs ( ) qui portent les traces des noms et des mémoires des torturés. Ces mesures malheureuses sont inacceptables et reflètent une profonde ignorance. La torture a continué même après la révolution de la dignité et de la démocratie. Il nous semble aujourd’hui que ces responsables de la sécurité politique ne sont pas faits de la même matière que le reste des humains. Ils sont l’instrument d’exécution des ordres et ne réfléchissent pas aux conséquences de leurs actes. L’histoire de la torture n’a pas encore été écrite. Il s’agit d’une page noire et douloureuse surtout pour les personnes qui ont été torturées et pour leurs proches. Leur vie a été un véritable enfer. Les Etats de l’indépendance ont commis des horreurs qui ont détruit la vie de ces personnes et de leurs familles, obligeant des milliers d’entre eux à l’exil. Je pense à des dizaines de témoignages que nous avons enregistrés depuis douze ans, témoignages de youssefistes, perspectivistes, de gens de gauche, de syndicalistes, de nationalistes, d’islamistes et d’universitaires… Ces témoignages ne font honneur ni à notre lutte politique et intellectuelle ni à notre combat national. Pour la première fois aujourd’hui, un congrès est consacré à la torture. Cette opération s’inscrit dans la continuité historique de cette opération de préservation de la mémoire nationale que nous avons commencée. Les participants à ce congrès sont des spécialistes venant d’Allemagne, de Tunisie, d’Algérie, d’Irak, du Maroc, d’Egypte… Ils aborderont les conséquences juridiques et psychologiques de la torture. L’avantage de ce congrès est qu’il va permettre d’enregistrer les témoignages des personnes torturées et de leurs familles qui ont subi les répressions de l’époque de Bourguiba et de Ben Ali. Nous planifierons dans l’avenir l’élargissement du cercle de ces témoignages afin que les Tunisiens puissent en prendre connaissance. Notre devoir scientifique au sein de cette Fondation est de veiller à clamer la vérité et de tirer profit des leçons douloureuses du passé afin qu’elles ne se reproduisent pas. En conclusion, j’aimerais remercier Maître Samir Dilou, Ministre des Droits de l’Homme et de la Justice Transitionnelle, qui a bien voulu nous honorer de sa présence lors de l’inauguration. Mes remerciements également à la Fondation Konrad Adenauer Stiftung et son représentant Permanent, M. Klaus Loetzer pour leur soutien à l’organisation de ce congrès. Je voudrais également remercier le Dr. Hebertus Knabe, directeur du Mémorial de Berlin qui, à travers une institution spécialisée, a réussi à rassembler les témoignages des tortures infligées par la Stasi aux citoyens. L’institution qu’il dirige est l’une des plus importantes au niveau international dans ce domaine et un musée a été construit à cet effet. Enfin, j’aimerais remercier la grande militante, Mme Radhia Nasraoui, responsable dd l’Organisation contre la torture en Tunisie qui m’a conseillé sur le choix des personnes tunisiennes militantes qui ont en subi les conséquences sous Bourguiba et ben Ali. Merci à vous tous chers collègues d’avoir accepté notre invitation à participer à ce congrès exceptionnel sur la torture. Notre Fondation, qui œuvre depuis trois décennies pour la vérité, continuera à le faire loin de toute considération partisane.
Tunis le 02/04/2012 A.Temimi
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Programme : Jeudi 03 mai 2012 Séance d’ouverture
9.30-9.50 - Allocution du Prof. Emérite Abdeljelil Temimi (en arabe et en français). 9.50-10.00 - Allocution de M. Klaus Loetzer, Représentant Permanent de la Fondation Konrad Adenauer en Tunisie et en Algérie. 10.00-10.20 - Allocution du Dr. Hubertus Knabe (Mémorial Berlin- Hohenschönhausen » de Berlin. 10.20-10.35 - Allocution de Maitre Radhia Nasraoui (Présidente de l’Organisation contre la Torture en Tunisie). 10.35-10.50 - Allocution de M. Samir Dilou, Ministre des Droits de l’Homme et de la Justice Transitionnelle. 10.50-11.10 - Pause 1ère séance scientifique Président : Prof. Abdeljelil Temimi
11.10-11.30 - Hannachi, Abdellatif (Univ. de la Manouba) : « La torture et la politique pénale à l'ère coloniale » 11.30-11.50 - Chaabane, Abdelhussein (Irak et Liban) : « La torture et la primauté de la loi : des problématiques intellectuelles et juridiques humaines» 11.50-12.10 - Hubertus Knabe (Mémorial Berlin- Hohenschönhausen » de Berlin) : « La torture et la persécution sont une honte pour l’Humanité » 12.10-12.30 - Ben Mhenni, Sadok (Tunis) : « Réflexions sur un parcours d’un militant » 12.30-12.50 - Hatemi, Mohamed (Faculté des Lettres et sciences humaines (Univ. Sidi Mohamed Ben Abdallah – FES) : « Les lieux de détention secrète et la torture au Maroc pendant les années de braise » 12.50-13.10 - Jdey, Ahmed (Institut du Mouvement National – Tunis) : « Comment écrire l’histoire de la torture en Tunisie ? » 13.10-14.10 Discussion 14.10-15.40 Déjeuner
2ème séance scientifique Témoignages sur la torture à l’époque de Bourguiba M. Sadok Ben Mhenni
15.00-15.30 - Hammami, Hamma (Secrétaire Général du Parti Ouvrier Communiste Tunisien (POCT) "La torture à l’époque de Bourguiba et Ben Ali : témoignage personnel » 15.30-16.00 - Babbou, Hassen (ancien directeur de la sécurité nationale au Ministère de l’Intérieur, Tunisie) : « Mon rôle dans l’amélioration des conditions de détention des condamnés du complot de 1962 » 16.00-16.30 - Ben Guiza (née Ghanouchi), Hallouma (Tunis) : “Torture, services et séquelles après 11 ans de condamnation à perpétuité de mon époux M. Ben Guiza au bagne de Ghar el Melh et Borj Erroumi » 16.30-17.00 - Gafsi, Abdelmoemen (Tunis) : «La torture, qu’a subie ma famille et moi-même, matériellement et moralement après le complot de 1962" 17.00-17.30 - Témoignage de Hédi Chennoufi 17.30-17.45 - .Pause 17.45-18.15 - Hachani, Salah (Tunis) : "Types de torture: physique, morale sur les familles des militaires lors du complot contre Bourguiba, 1962 » 3ème séance scientifique Président : Prof. Mohamed Hatmi 18.15-18.45 - Témoignage de Mme Sassia Rouissi « La pratique de la torture à l’époque de Bourguiba » 18.45-19.15 - Mehrezi, Lamin (Tunis) : "Témoin de l'époque: la torture, exercée sur mon père durant le complot de 1962" 19.15.-19.45 - Témoignage de Hamadi Ben Yahya «Torture à l’époque de Bourguiba » 19.45-20.15 - Témoignage de Mohamed Salah Flis 20.30 Dîner en l’honneur des participants
Vendredi 04 mai 2012 4ème séance scientifique Président : Prof. Ahmed Jdey 9.00-9.20 - Saidi, Sanae (Faculté des Lettres – Fes) : « La politique des sanctions globales durant les années de plomb » 9.20-9.40 - Elkady, Khaled (Haute Instance Judiciaire en Egypte) : "Caractéristiques et mécanismes de la torture en Egypte avant la révolution de Janvier 2011" 9.40-10.00 - Mechthild Wenk-Ansohn (Centre de traitement et réhabilitation pour les victimes de la torture » - bzfo-Berlin) : «Le traitement des séquelles de la torture d´un point de vue médical et psychothérapeutique » 10.00-10.20 - Medjaoud, Mohamed (Univ. Djilali ElYabes- Sidi Belabbes - Algérie) : "La persécution politique et la marginalisation des élites en Algérie" 10.20-10.40 - Safou, Mohamed (Faculté de Droit, Univ. d’Oran) : « La construction de l’Etat National et la problématique de surmonter le problème de la domination et l'oppression » 10.40-11.40 - Discussion 11.40-12.10 Pause
5ème séance scientifique Témoignage sur la torture à l’époque de Ben Ali et Hassen II Président Dr. Hubertus Knabe 12.10-12.30 - Hadhli, Abderrahmen (Ministère de l’Education - Tunis) : « L'expérience personnelle de la persécution de l'Etat en Tunisie » 12.30-12.50 - Bettaieb, Ramzi (Tunis) : « Les secrets de l’autre façade de la torture : liste des disparus pour toujours » 12.50-13.10 - Témoignage de Hafedh Barhoumi "La torture et la souffrance à l’époque de Ben Ali" 13.10-13.30 - Bnouhachem, Abdennaceur (Journaliste, actuellement fonctionnaire à la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle. - « Neuf ans de torture dans 4 geôles de l’ancien régime» 13.30-14.45 - Déjeuner
6ème séance scientifique Témoignage : la torture à l’époque de Ben Ali et à la Révolution Président Prof. Radhia Nasraoui 15.00-15.30 - Témoignage de Abdellatif Bouhjila « La pratique de la torture à l’époque de Ben Ali » 15.30-16.00 - Témoignage de M. Lassad Jawhari « La pratique de la torture à l’époque de Bourguiba » 16.00-16.30 - Témoignage de M. Zied Fakraoui « La pratique de la torture à l’époque de Ben Ali » 16.30-17.00 - Témoignage de Ramzi Romdhani « La pratique de la torture à l’époque de Ben Ali » 17.00-17.30 - Témoignage de Mme Najwa Rezgui « La pratique de la torture à l’époque de Bourguiba » 17.30-18.00 - Témoignage de M. Zied Bouhafa : « La torture après la Révolution » 18.00-18.30 - Témoignage de M. Mohamed Foued Bedrouch : «Enfant torturé les jours de la Révolution » 18.30-18.45 - Pause 18.45-19.45 - Projection du film « coloquinte » réalisé par Mahmoud Jemni sur la Torture 19.45-20.30 - Remarques préliminaires sur le film.
Samedi 05 mai 2012 7ème séance scientifique Président : Prof. Khaled ElKady 9.00-9.20 - Bessadat, Nasredine (Faculté de Droit et Sciences politiques – Oran) : «Les institutions de la société civile et leurs positions sur l'accumulation de la persécution politique" 9.20-9.40 - Nasraoui, Radhia (Comité contre la Torture en Tunisie) : « Symboles de la torture et l'impunité des auteurs » 9.40-10.00 - Bnouhachem, Abdennaceur (Journaliste, actuellement fonctionnaire à la Haute Autorité de la Communication Audiovisuelle. - « De la falaqua الفلقة au viol, les méthodes pour soustraire des aveux des détenus » 10.00-11.00 - Discussion 11.00-11.20 - Pause 8ème séance scientifique Evénements du Bassin Minier et autres problématiques Président : Prof. Bnouhachem Abdennaceur
11.20-11.50 - Témoignage de Abdelmoemen Belanes 11.50-12.10 - Témoignage de M. Mohamed Sedki Halimi : « a été torturé au cours de la Révolution » 12.10-12.40 - Témoignage de Hafnaoui Ben Othman 12.40-13.10 - Témoignage de Day Ben Dady 13.10-13.40 - Témoignage de Mahmoud Raddadi « Torture subie à la suite des événements du Bassin Minier » 13.40-15.00 - Déjeuner 9ème séance scientifique Président : Prof. Abdeljelil Temimi
15.00-15.30 - Témoignage de M. Kamel Hamadi 15.30-16.00 - Témoignage de Dr. Rachid Terras : « La torture physique et morale : témoignage personnel » 16.00-16.30 -Témoignage de Ahmed Kahlaoui (syndicaliste) « Témoignage sur les événements de 26 janvier, la crise de 1985 et le massacre de la mosquée Ibrahimi » 16.30-17.30 - Débat ouvert
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| Vient de paraître aux publications de la Fondation
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Interchanges culturels et politiques entre Istanbul, le Maghreb ottoman et l’Europe (1764-1892)
Prof. Emérite Abdeljelil TEMIMI Série 1 : Les Provinces Arabes à l'époque ottomane
Publications de la Fondation Temimi pour la Recherche Scientifique et l'Information Tunis, Mars 2012 ******************
TABLE DES MATIERES
Partie française Pages
- Abdeljelil Temimi. - Quel avenir pour la recherche en histoire des provinces arabes a l’époque ottomane : le cas du Maghreb ottoman …………………………………. 9 Etudes :
Première étude : - L’historien et le diplomatie I.M. d’Ohsson et son ouvrage sur : Le musulmanisme .....13
Deuxième étude : - Missions et échanges culturels entre la régence de Tunis et Istanbul (1837-1890) … 53
Troisième étude : - Les relations algéro-Vénitiennes à la lumière de quatre lettres inédites des deys d’Alger au Doge de Venise (1764-1782) …………………….………….……………..……. 103
Quatrième étude : - Activités politiques des tunisiens à Istanbul contre Mustapha ben Ismaïl……… 123
Cinquième étude : - La situation juridico-politique de la Régence de Tunis avant le protectorat …… 135
Sixième étude : - La recherche historique sur les provinces ottomanes du Maghreb : Etat et perspectives … 151 - Bibliographie en français ……………………………….…. 161 - Index des noms de personnes et collectivités …………... 167 - Index des lieux géographiques ……………………………. 170 Partie arabe
- Abdeljelil Temimi. - Quel avenir pour la recherche en histoire des provinces arabes a l’époque ottomane : le cas du Maghreb ottoman …………………………………. 11 Etudes :
Première étude : - L’historien et le diplomatie I.M. d’Ohsson et son ouvrage sur : Le musulmanisme .......15 Deuxième étude : - Missions et échanges culturels entre la régence de Tunis et Istanbul (1837-1890) … 43
Troisième étude : - Les relations Algéro-Vénitiennes à la lumière de quatre lettres inédites des deys d’Alger au Doge de Venise (1764-1782) ……………………………………..……. 67 Quatrième étude : - Activités politiques des tunisiens à Istanbul contre Mustapha ben Ismaïl…………………… 89 Cinquième étude : - La situation juridico-politique de la Régence de Tunis avant le protectorat ……… 101 Sixième étude : - La recherche historique sur les provinces ottomanes du Maghreb : Etat et perspectives ……… 117
- Bibliographie en arabe (voir bibliographie en langues étrangères) ……….129 - Index des noms de personnes et collectivités …………... 133 - Index des lieux géographiques ……………………………. 137 ***** QUEL AVENIR POUR LA RECHERCHE EN HISTOIRE DES PROVINCES ARABES A L’EPOQUE OTTOMANE : LE CAS DU MAGHREB OTTOMAN
Cet ouvrage que nous présentons aux historiens et chercheurs intéressés à l’histoire ottomane, rassemble un certain nombre de nos travaux d’histoire, publiés auparavant dans la Revue d’histoire maghrébine et dans l’Arab Historical Review for ottoman Studies. Il nous a paru utile de les rassembler dans ce présent ouvrage pour que puisse s’y référer plus aisément le large public et plus particulièrement les jeunes chercheurs. À vrai dire, j’étais toujours soucieux de publier mes recherches et de manière assidue. Un certain nombre d’entre elles qui ont jalonné ce cheminement scientifique portaient sur les provinces du Maghreb ottoman, instruites essentiellement par des sources d’archives inédites trouvées aux Archives d’Istanbul (Başvelet Arşivi), aux Archives de Venise, aux Archives nationales françaises de Paris et d’Aix-en-Provence ainsi qu’aux Archives nationales tunisiennes. Tous ces centres d’archives ont été une source essentielle et très importante de documents pour l’étude de certaines questions historiques liées à l’historiographie des relations entre Tunis et Istanbul durant le XIXème siècle et au rôle politique et culturel de la communauté tunisienne dans cette ville, autant qu’aux interactions des relations algéro-vénitiennes vers la moitié du XVIIIème siècle. Nous y avons également considéré les échos positifs d’une telle recherche sur les provinces du Maghreb du point de vue de sa situation et des horizons de son avenir. La problématique de l’écriture de l’histoire des trois provinces du Maghreb et plus généralement des provinces arabes à l’époque ottomane, nous impose en effet de tenir compte des mutations méthodologiques opérantes aujourd’hui au niveau mondial quelle que soit la source d’archive découverte. Car les bouleversements du savoir sont désormais liés à la portée des données historique qui permettent de comprendre les mouvements politiques, sociaux et anthropologiques de la société et leur intrication positive et négative avec l’espace méditerranéen ottoman. Il apparaît à quiconque être attentif à la production de la recherche sur l’histoire maghrébine et arabe généralement, que les sources d’archives traditionnelles, à savoir les archives françaises principalement et arabes dans une moindre mesure, sont souvent exploitées au détriment des fonds d’archives ottomanes complètement négligés alors même qu’il abonde de documents relatifs aux provinces arabes, et il en va de même pour les Archives italiennes et britanniques qui se rapportent plutôt à l’époque moderne. Il y a quarante ans déjà nous avions dit l’importance pour l’avenir de la recherche historique sur le Maghreb et le monde arabe, des Archives ottomanes d’abord, corroborées ensuite par les archives arabes et européennes très riches par ailleurs. Des tentatives modestes ont pourtant vu le jour de la part de centres d’archives arabes préoccupés par cette question et qui ont entrepris – dans des conditions particulières et depuis deux décennies – de rassembler quelques milliers de documents ottomans restés inaccessibles aux chercheurs, mais cette entreprise n’a pas tenu un plan efficace et élargi de traduction assidue et organisée de ces documents vers l’arabe ou le français et encore moins de leur publication qui aurait pu apporter ces données importantes et inégalables aux chercheurs et historiens arabes et autres. Et si nous devions aujourd’hui établir une bibliographie générale – que dire, une courte liste – des travaux soutenus dans les universités arabes sur l’époque ottomane, nous nous rendrions mieux compte de cette extrême négligence des diverses sources documentaires turques. Cette situation explique en partie l’incapacité de la recherche arabe aujourd’hui à se situer sur l’échelle des productions historiques mondiales qui engendrent des savoirs nouveaux. Je dois excepter ici certains travaux peu nombreux mais très importants d’historiens turcs, européens et américains qui ont véritablement mis à profit ce fonds d’archives ottomanes, profit concrétisé par des publications récentes qui offrent une matière d’information originale et a permis d’aborder certaines problématiques de recherche nouvelles, en ouvrant des pistes, des méthodologies et des horizons prometteurs qui tranchent avec la routine de la recherche passée encore dominante dans les mécanismes et les productions de la recherche arabe en histoire. À travers ces études, nous avons travaillé à mettre à profit les documents d’archives originaux ottomans, vénitiens, français et particulièrement les archives suédoises avec celles de la bibliothèque de l’université d’Uppsala et de la Bibliothèque Royale de Stockholm dont les riches informations que nous avons pu recueillir sur le diplomate et historien Ignatius Mouradgea D’Ohsson ont fait l’objet de notre première étude. En effet, ce fonds d’archives est capital pour tenter de comprendre cette personnalité suédoise qui, à travers son parcours diplomatique dans les capitales européennes telles que Paris, Vienne, Madrid, et enfin Istanbul, compte parmi les personnalités européennes qui ont le mieux saisi l’essence de la civilisation islamique et ottomane notamment, livrée dans un ouvrage de référence au sujet de l’islam vers la fin du XVIIIème siècle. Et comme le dit l’historien von Hammer, quarante ans plus tard, dans son fameux ouvrage sur l’Histoire de l’Empire Ottoman en 18 volumes, D’Ohsson a barré la voie à des centaines d’ouvrages de mauvaises qualités des chercheurs et scientifiques occidentaux sur l’islam et la civilisation ottomane à l’époque de la renaissance européenne. Von Hammer va plus loin en critiquant vivement tous les historiens occidentaux renommés à cette époque et consacrés à l’Islam et l’Empire Ottoman. Le livre de D’Ohsson sur l’Islam fut complètement délaissé, ce qui dénote une certaine attitude et mentalité des hommes de l’époque des Lumières vis-à-vis du monde musulman et singulièrement de l’Etat ottoman ; d’autres lui reprochèrent même de n’être pas né dans un milieu suédois et de n’avoir pas reçu une éducation convenable ! Cette condescendance a participé à déconsidérer ce savant diplomate soucieux d’objectivité et de sincérité dans son écriture de l’histoire, qualités rares à l’époque des Lumières, surtout en cette deuxième moitié du XVIIIème siècle. Cet ouvrage de référence de D’Ohsson est le signe néanmoins qu’existait des orientalistes, peu nombreux certes, versés dans la langue arabe, persane et turco-ottomane, et imprégnés de la culture islamique, ayant recours aux sources arabes originales et côtoyant à Istanbul les savants musulmans de leur temps. Ils sont ainsi parvenus à saisir les particularités de la civilisation ottomane qui leur a permis d’apporter un discours de vérité sur des questions délicates en ces temps-là. Faire valoir cette personnalité unique, c’était pour nous souligner l’importance de son travail qui a été totalement occulté… Suivant cette orientation, nous avons tenté de démontrer les particularités des relations culturelles entre Istanbul et Tunis ainsi que le rôle des Tunisiens dans la métropole ottomane, leur activisme à s’enquérir des événements de leur pays, leur conscience aiguë des enjeux géopolitiques dont leur pays fait l’objet, et leur rôle auprès des hommes d’Etat ottoman à les aviser de certaines autorités tunisiennes afin de les blanchir et d’intervenir différemment dans la vie politique au centre du pouvoir ottoman. Des éclairages nouveaux ont été faits sur l’attitude de la délégation consulaire italienne à Sfax et à Tunis avec leurs multiples manœuvres et le non-respect de la situation juridique de la province de Tunis vers la deuxième moitié du XIXème siècle. Cela explique les ingérences patentes des conseils occidentaux en Tunisie et la violence des luttes géopolitiques qui les déchiraient. Les Archives de Venise nous ont, quant à elles, fournit les correspondances entre des Deys d’Alger et le Doge de Venise qui ont été utiles à révéler la nature des relations diplomatiques entre les deux pays durant la deuxième moitié du XVIIIème siècle. Vraisemblablement, le fonds documentaire italien et plus généralement le fonds européen au sujet de l’Algérie sont loin d’avoir été épuisés et auraient mérité toute l’attention au lieu de déplorer la perte des documents de l’Etat algérien ; mieux aurait valu un plan efficace pour en récupérer certains éparpillés dans plusieurs centres d’archives nationales européennes et qui comptent par milliers comme nous avons pu le constater lors de nos recherches en suède, en France, en Italie et en Grande Bretagne. J’ose espérer à travers ce nouveau livre, avoir accompli quelque devoir de susciter l’intérêt pour les études historiques sur le Maghreb en suivant des bases et une méthodologie nouvelles et réceptives, en tenant compte de la mémoire collective arabo-ottomane à l’époque moderne dont on espère des chercheurs et historiens Turcs qu’ils puissent y apporter des approches et des éclairages nouveaux, car leurs tentatives restent timides en ce domaine. Nous continuerons à porter ce message scientifique et à multiplier l’adresse à tous, tant aux Arabes, qu’aux Turcs, aux Européens et aux Américains.
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| Bulletin de Recherche Scientifique n° 60 avril 202 Préambule : |
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Les anciens et les nouveaux bourguibistes ou les vertus du retrait de la scène politique
La semaine dernière, nous avons suivi, à travers les médias audiovisuels, un large mouvement méthodique de commémoration de l’héritage intellectuel bouguibien qui a mis l’accent sur la dette de la Tunisie envers l’architecte de l’Etat national et son éternel symbole, Habib Bourguiba. Pratiquement toutes les composantes politiques y ont participé, anciens et nouveaux destouriens, les grands noms de l’opposition politique, journalistes et universitaires. Tous ont loué, de façon exagérée et subjective, le rôle de Bourguiba dans la construction de l’Etat national, au point de le déifier et d’occulter délibérément le revers de la médaille sur des vérités graves qui caractérisent l’époque du président Bourguiba. Personne ne peut nier l’ingéniosité de Habib Bourguiba qui a voulu et su imposer les valeurs de la modernité, en offrant les bienfaits de l’enseignement à une grande partie de la société, s’attaquant au clanisme, en soutenant le projet de coopérative de Ben Salah pour parvenir, croit-il, à une plus grande justice sociale. Il a également doté la Tunisie de traditions diplomatiques caractérisées par le rationalisme et la prise en compte des intérêts du pays avant toute autre considération grâce à ses convictions idéologiques et ses positions pro-occidentales. Il ne respectait ni les Arabes ni leurs causes car il les accusait de traiter leurs problèmes sans rationalisme et sans compréhension des changements décisifs dans l’agenda de la politique internationale, ce qui les rendait incapables de faire les bons choix dans la gestion des affaires de leurs pays. Il faut, malgré tout, insister sur le fait que le président Habib Bourguiba a commis de nombreuses et graves erreurs envers le peuple. Il a touché à l’unité de ce dernier en créant les milices pour liquider les opposants entre autres youssefistes, zeitouniens et membres du Destour. Il a également mis la main sur l’UGTT et a brisé toutes les institutions de la société civile. Il a dérivé vers un pouvoir personnel absolu qui est inadmissible de la part de la première personnalité au niveau du monde arabe, qui était imprégné de la civilisation occidentale et croyait en ses valeurs. Il les a trahies et s’est comporté en despote arrogant, rancunier, méprisant tout le monde et occultant les personnalités les plus importantes qui avaient joué un rôle fondamental durant la lutte nationale, couronnée par l’accession à l’indépendance. De plus, il est allé à l’encontre de l’héritage du réformisme tunisien du XIXème siècle en refusant le principe de l’instauration d’une démocratie, même relative. Enfin, l’instauration de la présidence à vie reste une tache dans l’histoire du bâtisseur de l’Etat tunisien. Nous avons œuvré, lorsque Bourguiba était encore en vie, à étudier cette période importante. Nous avons organisé 7 congrès internationaux sur Bourguiba et publié plus de 300 études scientifiques en l’absence totale des Bourguibistes qui n’ont pas osé prendre, ne serait-ce qu’une seule initiative. Nous avons, pour cela, payé le prix fort durant l’ancien régime qui nous a puni en imposant un siège sur le centre que nous avons construit à Zaghouan. Nous avons été menacés par tous les caciques de l’ancien régime, et ils sont nombreux. Je m’adresse à ces Bourguibistes pour leur dire : vous avez trahi l’héritage de Habib Bourguiba en vous taisant. Vous avez eu peur et n’avez osé prendre aucune initiative pour le défendre à un moment crucial où Ben Ali appliquait une débourguibisation du pays, en imposant un voile total et un siège de fer autour de Bourguiba. Nous, les historiens tunisiens, avons assumé notre devoir académique en dirigeant des travaux universitaires, en organisant de nombreux congrès et séminaires de la mémoire nationale, sur le président Habib Bourguiba en particulier, en rappelant ses bienfaits et ses méfaits, mais avec toute l’honnêteté de l’historien. A la lumière de ce qui précède, je demande aux Bourguibistes anciens destouriens, et surtout ceux qui ont assumé des responsabilités ministérielles et au bureau politique, de se retirer de la scène politique et de promouvoir la nouvelle génération afin qu’elle choisisse son destin. La Tunisie d’aujourd’hui a besoin d’hommes nouveaux. Nous possédons de nombreuses vérités que nous révélerons si certains continuent à tromper l’histoire et l’opinion publique !
Tunis le 27/03/2012 Prof. Abdeljelil Temimi
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| Activités de la Fondation :
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1 – Séminaires et tribunes de discussions :
- 31 mars 2012, Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec Maître Tahar Bousemma dans un débat ouvert sur : . Les conséquences des changements politiques dans notre pays. - 06-07 avril 2012 : Deuxième rencontre sur l’un des bâtisseurs de l’Etat national : Hedi Nouira, ancien Premier ministre (vendredi 6 à la Fondation et le 7 à l’Hôtel le Sheraton) - 14 avril 2012 : séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec M. Rachid Khechana sur : Le rôle des médias dans la résistance à la tyrannie 1987-2011. - 21 avril 2012 : Séminaire de la mémoire nationale avec le Juge M. Salah Trifi sur les préoccupations et les difficultés des juges et les mécanismes de la justice à l’époque de Bourguiba et Ben Ali. - 28 avril 2012 : Séminaire de la mémoire nationale avec M. Driss Guiga sur les conséquences politiques, sociales et économiques de la décennie de la coopérative et le climat général du pays après le complot (4ème partie) - 3.4.5 mai 2012 : Plus de 25 témoignages des Tunisiens torturés sous Bourguiba et Ben Ali. - 12 mai 2012 Séminaire de la mémoire nationale avec Mme. Naziha Rjiba et autres sur : Le rôle du Conseil National pour les Libertés (CNLT). (à confirmer) . – 19 mai 2012 : Séminaire de la mémoire nationale avec Dr. Hamouda Ben Slama sur : Enquête de démocratie durant quatre décennies : attentes et désillusions. - 26 mai 2012 : Séminaire de la mémoire nationale avec Prof. Ahmed Ben Arfa sur : Diplomatie et répercussions du fameux discours de Bourguiba à Jéricho en Palestine en 1965. - 02 juin 2012 : Séminaire de la mémoire nationale avec Dr. Azeddine Jbali sur la diplomatie civile. Mr Jbali est le président de l’association d’amitié tuniso-chinoise. - 09 juin 2012 : séminaire de la mémoire nationale avec Prof. Abu Yaareb Marzouki, sur : « Témoignage personnel sur la torture morale à l’Université » (à confirmer) - 16 juin 2012 : séminaire de la mémoire nationale sur Rôle des sports dans le mouvement national avec M. Ridha Layouni et autres. - 23 juin 2012 : séminaire de la Mémoire nationale avec M. Ali Trabelsi sur son passage à la Douane et sur le phénomène de la prolifération de la drogue en Tunisie ! - 30 juin 2012 : séminaire de la Mémoire avec M. Driss Guiga sur ses tâches au ministère de l'Éducation (5ème rencontre). - 07 juillet 2012 : séminaire de la Mémoire avec Prof. Khaled Manoubi sur : l’Université tunisienne et la répression intellectuelle et sécuritaire. - 14 juillet 2012 : séminaire de la Mémoire avec M. Driss Guiga au Ministère de l’intérieur sur le dossier des élections en 1981, le dossier de la révolte du pain ( le 6ème rencontre et dernière). - 21 juillet 2012 : séminaire de la Mémoire avec Kamel Ayadi sur : Moyens pour combattre la corruption.
-Les publications : Durant les trois derniers mois, la Fondation a publié les titres suivants : 1- Mélanges offert au Prof. Jassim Mohamed Jerjiss, T1, 344 p., janvier 2012. 2- Mélanges offert au Prof. Jassim Mohamed Jerjiss, T2, 384 p., janvier 2012. 3- Témoignages sur le rôle des régions dans le Mouvement National : Monastir, Sousse, Mehdia et Nabeul, 265p, Janvier 2012, ISBN 978-9973-32-120-6 4- Revue d’Histoire Maghrébine n° 145, 220 p. janvier 2012. 5- Revue d’Histoire Maghrébine n° 146, 475 p. mars 2012. 6- Actes du IIème congrès du dialogue Hispano-Maghrébin qui s’est tenu à Séville sur : Les relations Hispano-Maghrébines : Passé, Présent et Avenir, janvier 2012. 242p ; ISBN 978-9973-32-118-3 7- - Abdeljelil Temimi, Interchanges culturels et politiques entre Istanbul, le Maghreb ottoman et l’Europe (1764-1892), Mars 2012. 309p ; ISBN 978-9973-32-121-3
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| Messages de transparence et de sincérité :
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Projet d’une association : Forum des Professeurs émérites des universités tunisiennes : Notre pays est le seul du Maghreb et du monde arabe à avoir adopté le principe de l’attribution du grade de professeur émérite à des universitaires tunisiens qui ont œuvré pour le bien de l’université et lui ont accordé une place scientifique à travers leur rayonnement, leurs recherches et les centaines de thèses supervisées. Ces professeurs, aux diverses spécialités scientifiques, littéraires, économiques et juridiques, constituent un noyau qualitatif important et sont au nombre de 120. Ils comptent parmi les meilleures compétences universitaires de notre pays. L’occasion ne leur a pas été offerte de participer à la construction d’un nouveau système universitaire pour la recherche scientifique pour assurer un enseignement universitaire qualitatif. Ils ont complètement été occultés sous l’ancien régime et ce grade s’attribuait parfois sans contrôle scientifique à de nombreux universitaires connus par leur soumission au pouvoir. A la lumière de ces données, un groupe restreint de professeurs a discuté de ce dossier et décidé de créer une association nommée : Forum des Professeurs Emérites des Universités Tunisiennes. Ils le conçoivent comme un espace scientifique, loin de toute appartenance partisane. Il se veut être au service de l’intérêt général pour la construction de la Tunisie nouvelle et fidèle aux principes de la révolution. Ses objectifs sont les suivants : - L’organisation de dialogues et la consultation sur de nombreux sujets touchant aux universités, - Œuvrer à relever le niveau des diplômes et à entreprendre une profonde réforme universitaire, - La création d’unité de recherche en partenariat avec des compétences internationales de la recherche scientifique, - La création d’un périodique qui rapporterait les activités des professeurs de nombreuses spécialités, - La création d’un site regroupant tous les noms de ces professeurs, leurs publications et projets de recherche, - L’organisation de journées d’études dans diverses spécialités où des spécialistes seraient invités ainsi que les professeurs émérites français ou européens afin que les solutions aux problèmes soient pensées ensemble… - Profiter des révolutions tunisienne et libyenne pour relancer le partenariat maghrébin de la recherche et influer sur les décisions des décideurs politiques. M. Chadli Ayari au nom du groupe, a rédigé un document explicatif ; a été proposé de tenir la première session générale le 8 mai 2012 à la Fondation Temimi afin de discuter des diverses propositions. Nous comptons sur la présence de tous, lors de cette première réunion.
*** Les conséquences négatives de l’annulation d’un congrès sur la recherche scientifique maghrébine : Je voudrais en premier lieu rappeler que nous avons organisé plus de 140 congrès maghrébins, arabes et internationaux. Nous avons toujours respecté le programme mis en place et n’avons jamais annulé ou retardé l’une de ces manifestations en plus de trente ans de travail. C’est un indice important qui montre le respect de nos engagements avec toutes les parties. Je rappelle ces faits avant de narrer la mésaventure de la semaine dernière. En effet, nous avions programmé, en partenariat avec la Faculté de Lettres de l’Université Mohamed V à Rabat, la tenue d’un congrès intitulé « Vers la conception d’un système pour l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation dans les pays maghrébins ». Pendant plus de six mois de correspondance régulière avec notre partenaire scientifique ainsi qu’avec les invités algériens et tunisiens, tous les détails ont été mis au point. Certains invités avaient même reçu leur billet d’avion et tous avaient préparé leurs communications. Quatre jours avant la date prévue du congrès, quelle ne fût ma surprise de recevoir une correspondance du doyen de la faculté m’annonçant le report du congrès, sans aucune justification. Nous en avons été fortement incommodés tout autant que les participants. La partie marocaine ne m’a toujours pas expliqué les raisons d’un tel acte. J’en suis profondément désolé, car ce n’est pas avec ce genre d’agissements que nous construisons le Maghreb. Nous ne devons pas seulement blâmer les politiciens qui n’ont jamais réussi cette construction maghrébine mais également les tenants des universités dont les positions hésitantes n’ont pas créé les conditions de réalisation de la construction maghrébine ! *** Les ministres et responsables administratifs ignorent totalement l’histoire de la lutte nationale : Je ne veux surtout pas généraliser mais j’affirme malgré tout que la plupart des ministres et responsables anciens ou actuels ignorent totalement l’histoire de la lutte nationale. Deux des responsables du gouvernement actuel m’ont rapporté que lors de leur longue période d’emprisonnement, ils ont pris connaissance de mes écrits qui les ont formés. C’est ainsi que la majorité des responsables politiques, diplomates, hommes d’affaires, de Banques, les universitaires ainsi que l’opinion publique ne connaissent les nombreuses publications sur la mémoire nationale et les 35 réunions scientifiques sur la révolution tunisienne ! *** Quand la poste américaine lèvera-t-elle l’injustice infligée à la Tunisie de la révolution ? Nous savons tous que le président Obama et Mme. Hilari Clinton ont fait l’éloge de notre révolution qu’ils considèrent comme le début d’une nouvelle ère arabe qui a contribué à la fin des dictatures en Egypte, en Libye, au Yémen et bientôt en Syrie. Mais l’administration américaine et notamment sa poste refuse tout colis venant de Tunis, pesant plus de 400g, partant du principe que la Tunisie vit une situation sécuritaire précaire à cause du terrorisme. Cette administration pense donc que ces colis pourraient contenir des explosifs ! La poste américaine a donc refusé tous les colis tunisiens dont 8 colis que nous avons envoyés aux universités américaines abonnées à nos publications. Nous avons demandé à la poste tunisienne de faire pression pour l’annulation de cette décision administrative stupide. Bien qu’une année ait passé, cette décision est encore valable et nous réitérons donc notre demande à la poste tunisienne. * * * - A monsieur Omar Shabou, directeur du journal al-Maghreb : Depuis quelques mois, je tiens à vous tenir au courant de toutes les activités scientifiques de la Fondation et notamment des séminaires de la mémoire nationale ou des rencontres de la révolution de la dignité et de la démocratie. Nous avons remarqué que peu d’informations, sur ces rencontres hebdomadaires. Il en a été de même pour le colloque sur le partenariat politico-économique tuniso-libyen que je vous avais demandé de publier en plusieurs épisodes. Le papier a été tellement résumé qu’il ne traduisait plus l’importance première qu’il avait revêtue en tant que véritable feuille de route. Je ne discute pas vos décisions ; malheureusement je suis une nouvelle fois surpris car nous avons organisé le plus important congrès scientifique à l’occasion de la commémoration du premier anniversaire de la révolution tunisienne et vous avons informé que 23 communications ont été programmées sur une durée de trois jours. Nous vous avons adressé les discours inauguraux de MM. Mustapha Kamel Nabli, Fathi Triki et moi-même ainsi que le rapport final, documents importants de cette rencontre. Ma surprise vient du fait que le discours de M. Mustapha Kamel Nabli que je vous avais envoyé a été intégralement publié dans al-Maghreb en date du 17/12/2011 sans que ne soit mentionné le fait que ce document provient de notre Fondation. La préparation de cette rencontre a requis beaucoup d’effort de notre part et nous aurions aimé que vous fassiez allusion à la source de ce document. Nous ne demandons ni éloge ni remerciement pour un devoir que nous assumons depuis trois décennies. J’ai longtemps hésité à vous envoyer cette lettre mais le sujet est d’importance. Il est juste de « rendre à César ce qui est à César » et c’est pour cela que je m’adresse à vous, même tardivement. Cordialement **** A monsieur le directeur du journal al-Tounisia : J’ai eu connaissance de l’article publié dans votre journal dimanche 4 mars. Je vous adresse cette réponse et vous prie de bien vouloir en publier le contenu. Je ne voudrais pas entrer en polémique avec Mme. Ismahan Youssefi, auteur de l’article, qui écrit que « les débats étaient très tendus entre les journalistes présents qui se sont mutuellement accusés… ». Je ne peux pourtant que m’étonner de tels propos. Mme. Youssefi est bien placée pour savoir que notre espace académique est l’un des rares dans notre pays à véritablement respecter les débats et les opinions quels qu’ils soient et qui accorde le droit à tous de s’exprimer librement. Tous les Tunisiens et Tunisiennes savent que nous avons défendu la totale liberté d’expression, avons invité tous les opposants à l’ancien régime à venir témoigner et en avons assumé les conséquences. Le débat ouvert avec M. Kamel Abidi au séminaire de la mémoire nationale était constructif, libre et très riche. Preuve en est la totale satisfaction des journalistes présents et des personnes qui ont suivi l’évolution des échanges. Nous sommes tous concernés par la défense de la liberté médiatique dans notre pays surtout après la révolution.
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| Interview du Pr Abdeljelil Témimi «Les archives de l’Etat depuis l’Indépendance sont encore fermées aux historiens...»
Journal la Presse du 16/03/2012 |
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En plein processus de «débourguibisation», il militait pour une réécriture de l’histoire du Mouvement national. Il procédait alors à plus de 400 enregistrements de personnalités qui ont participé au mouvement d’indépendance et à la construction de l’Etat moderne et organisait ses sept congrès sur le président Habib Bourguiba, s’attirant les foudres de l’ancien régime... Abdeljélil Témimi est professeur émérite d’histoire moderne et président de la Fondation Témimi pour la recherche scientifique et l’information qui sert depuis le 14 janvier d’observatoire de la révolution et de la transition. «J’ai vécu la liesse et l’entreprise de l’indépendance, je suis en train de vivre celles de la révolution...», nous disait Pr Abdeljélil Témimi lors d’un précédent entretien. En ce 56e anniversaire de l’indépendance, l’historien joint les deux ères...
L’histoire de l’indépendance de la Tunisie semble depuis 1956 poser un problème de mémoire, de sources et d’exactitude historique. Entre le charisme et le moi excessif de Bourguiba et l’effacement systématique de la mémoire opérée par Ben Ali, quel a été le rôle des historiens tunisiens dans l’écriture de cette histoire, à l’ombre de ces deux régimes?
Votre question est pertinente à laquelle je dois faire deux remarques préliminaires : la première relative à l’écriture de l’histoire de notre pays à partir de l’indépendance. Cette histoire n’est pas écrite, faute de la non-accessibilité des archives des ministères clés comme l’Intérieur, la Justice, le RCD et les archives de la Présidence qui seront les seuls en mesure de nous procurer des informations fiables et indispensables à l’élaboration des faits et événements sociaux et politiques de notre pays. Quant à ma deuxième remarque, c’est que Bourguiba avait confisqué l’Histoire en incitant son disciple et ministre Mohamed Sayah à rédiger son propre témoignage sous l’appellation de l’histoire du Mouvement national où nous relevons de fausses interprétations qui jalonnent toute la période bourguibienne en se concentrant tout particulièrement sur les paris du «Combattant Suprême», ce qui a amené forcément à marginaliser les figures nationalistes qui ont donné le meilleur d’eux-mêmes pour l’indépendance du pays en réduisant le rôle des régions dans le processus du Mouvement national. C’est bien un égocentrisme poussé de Bourguiba qui a nui à la mémoire du pays, bien que personne ne soit en droit de méconnaître ou de sous-estimer ce leader politique qui a su se forger un destin exceptionnel, ses réformes audacieuses et originales ont marqué la Tunisie moderne pour toujours. L’Histoire le retiendra comme étant un bâtisseur acharné, têtu, autoritaire jusqu’à la dictature. Quant à Ben Ali, il ne s’intéressait guère à l’histoire du pays, vu son médiocre et honteux niveau intellectuel et son mépris manifeste à l’égard de l’intelligence et de l’innovation de son prédécesseur Bourguiba. Il a entrepris la débourguibisation tous azimuts de l’Etat. Nous avons manifestement sous-estimé la rancune tenace que nourrissait Ben Ali à l’égard de Bourguiba. Il a dissimulé tous les signes matériels et moraux de son prédécesseur. Mais indépendamment de ce qu’ont fait Bourguiba et Ben Ali, les historiens universitaires tunisiens ont déployé des efforts louables, qui sont d’ailleurs méconnus de l’élite et du peuple, quant à l’écriture de l’histoire de notre pays, toutes époques confondues. Pour ce qui est de l’époque contemporaine et de l’histoire du temps présent, l’école historique tunisienne a réalisé, à travers les thèses soutenues dans nos facultés, des travaux de recherche remarquables, comme elle a abordé et traité des sujets tabous, mal vus par le pouvoir comme le mouvement youssefiste, le communisme et l’islamisme. Dans cette direction, notre Fondation est la seule qui avait organisé 7 congrès sur Bourguiba et en ayant recours à d’autres sources orales en particulier, ce qui nous a permis de récolter de très riches témoignages, et ce, pour la réhabilitation de la mémoire qui est un mouvement irréversible qui prend aujourd’hui une signification symbolique à la suite de la révolution de la dignité.
Pensez-vous que l’histoire du Mouvement national et de l’indépendance de la Tunisie a fini d’être écrite ? Y a-t-il aujourd’hui besoin de réécrire cette histoire et dans quel sens? L’écriture de l’histoire du Mouvement national et de l’indépendance de notre pays est un devoir qui incombe aux historiens dont la qualité des travaux est reconnue. C’est un perpétuel recommencement chaque fois que nous découvrons de nouvelles sources crédibles; un simple document peut bouleverser la donne géopolitique et économique du pays. C’est la raison pour laquelle nous devrons procéder à un véritable interchange régulier entre historiens connus par leur rigueur scientifique et qui sont loin de défendre une idéologie partisane, ce qui fausse toute démarche pour l’écriture d’une histoire authentique. Dans cette direction, on doit rendre justice à des milliers de combattants honorables, qui sont les véritables acteurs, dans les villes, villages campagnes et montagnes, c’est la tâche combien délicate que doit assumer l’historien aujourd’hui.
Car une chose est sûre : l’histoire de l’Etat de l’Indépendance n’est pas encore écrite. Les archives de l’Etat de l’Indépendance sont encore fermées aux chercheurs et historiens, comme les archives de l’ancien parti socialiste destourien et celles des ministères de souveraineté comme l’Intérieur, la Défense et la Justice. En dépit de cette entrave, nous essayons de fournir des banques de données et des informations tout à fait nouvelles pour une écriture scientifique de cette histoire. Il n’y a pas de doute qu’il n’est pas facile d’encadrer la vérité historique en l’absence du document écrit et des sources orales. Le devoir de l’Etat national est d’accorder une importance exceptionnelle aux séminaires de la mémoire nationale, de lui fournir une structure d’enregistrement, de collecte et de suivi, d’associer tous ceux qui ont une position dans l’encadrement de la vérité historique, dans le cadre d’un effort national et collectif; j’appelle donc tous les dirigeants, responsables, acteurs, témoins et autres à avoir le courage historique et politique d’apporter leurs témoignages, écrits et oraux. A ce titre, notre fondation est toujours ouverte; nous comptons énormément sur leur conscience car le témoignage oral est plus riche en valeur et information que celui de l’écrit. Votre fondation a œuvré de tout temps à l’accumulation du savoir historique. Quelle est la place de l’histoire de l’indépendance et quelles lectures peuvent en être faites aujourd’hui ? Depuis près d’une quinzaine d’années, notre fondation s’est intéressée à l’histoire du temps présent, c’est-à-dire l’histoire de la Tunisie à partir de l’indépendance. Nous avons alors eu recours à des sources orales très précieuses et qui requièrent aujourd’hui une valeur documentaire sûre. C’est ainsi que nous avons procédé à la collecte des témoignages oraux d’acteurs politiques, sociaux, syndicaux intellectuels et artistes... qui ont participé de près et de loin à la construction de l’Etat national. Grâce à ce projet novateur, nous avons réussi à collecter plus de 400 témoignages (d’environ 1200 heures d’enregistrement audiovisuel), toutes tendances et spécialités confondues ; c’est une véritable révolution de la mémoire de notre pays qui nous a conduit à développer aujourd’hui une base de données pour les témoignages des personnalités dont bon nombre sont décédés. Cette base de données est à la portée de tout historien ou chercheur pour en tirer profit et où 190 textes sont aujourd’hui publiés dans les 25 ouvrages, ce qui reflète des histoires émouvantes dans le registre de la mémoire nationale. Le rôle de l’historien consiste donc à passer ces témoignages au crible, moyennant une critique systématique et objective du contenu et des études historiques comparatives qui sont encore à leur début. Souhaitons que de telles études à l’ère de la révolution joueront un rôle d’éveil de la conscience de la mémoire de notre peuple. Pourquoi la révolution a-t-elle autant réactualisé le thème de l’indépendance ? En quoi un changement de régime peut-il remettre le pays à l’heure de son indépendance ? Il est vrai que les Tunisiens ont accédé à l’indépendance depuis un demi-siècle, ils ont alors rêvé une autre et nouvelle Tunisie où la justice sociale et économique est assurée pour tous. Mais ils se sont rendus compte très vite qu’ils étaient traités comme des mineurs, toutes leurs libertés ont été étouffées, la situation de la presse a été dégradée par rapport à l’époque coloniale ; des dizaines d’associations nationales, culturelles, de presse, des scouts avec leurs différentes tendances et sensibilités idéologiques et politiques ont été soumises après l’indépendance à une censure systématique, ce qui a abouti à l’arrêt de leurs activités. Un programme a été élaboré pour contenir la direction syndicale de l’Ugtt en limogeant Ahmed Ben Salah considéré à l’époque comme la figure la plus emblématique et dynamique qui avait acquis une expérience syndicale internationale. Les élections ont été toujours falsifiées, les institutions ne représentaient que le parti unique au pouvoir... Pour toutes ces raisons et toutes ces frustrations, le 14 janvier a été vécu comme une nouvelle indépendance. Le 14 janvier 2011, le régime de Ben Ali s’effondre, le parti au pouvoir est dissous, la Constitution n’est plus en vigueur, une Assemblée constituante élue se charge d’élaborer une nouvelle Constitution, de concevoir la nature du futur système politique et de donner naissance à la nouvelle République. Beaucoup de points communs nous rapprochent de la période post-indépendance. Pensez-vous qu’il y a vraiment des similitudes ? Et quelles sont pour l’historien les leçons à retenir du passé ?
Il y a toujours des similitudes et ressemblances entre les périodes transitoires, entre la Tunisie en 1956-1959 et la Tunisie 2011-2012. Si la première Constitution représentait un seul clan, celui de Bourguiba qui après avoir éliminé à la fois le clan des youssefistes du Destour, l’archéo-Destour, les communistes, les Zeitouniens et toutes les composantes de la société civile, nous relevons que l’actuelle Constituante est élue démocratiquement et personne n’est en droit de mettre en cause la légitimité des urnes ! De même le gouvernement formé d’une troïka dont nous critiquons la composition qui n’est pas homogène. Il aurait fallu composer un gouvernement formé principalement de technocrates. Si la Constitution de 1959 a été élaborée sans la participation effective de la population, ni de la présence d’une opposition qui peut peser sur les décisions majeures, nous relevons que l’Assemblée constituante émanant aujourd’hui des veines de la révolution de la démocratie et de la dignité est capable de nous donner une nouvelle Constitution née du débat libre et enrichi par le poids légitime d’une opposition édifiante ainsi que la présence des personnalités juridiques dignes de confiance. Quel sens prend pour vous la célébration de ce cinquante-sixième anniversaire de l’Indépendance ? L’indépendance du pays est une grande réalisation politique nationale qui mérite à chaque nouvelle étape de l’histoire qu’on observe une pause de méditation et de réflexion. L’indépendance est le produit d’interactions nationales, de courants et d’orientations qui ont contribué au couronnement de cette réalisation nationale. Nous fêtons cet événement pour mettre en exergue le parcours des hommes qui ont sacrifié leur vie et donné beaucoup d’eux-mêmes pour le pays. Cela exige une évaluation pratique et scientifique de ce qu’ont réalisé les hommes de l’Etat depuis 1956. A ce niveau se pose la question des interactions de toutes les orientations et les idées pour évaluer ce parcours et, partant, j’appelle à une vraie pause de méditation, afin de dégager un nombre important d’enseignements à la base des événements et des réalisations positives. Ce fait de l’Indépendance nous lie fondamentalement à un processus civilisationnel de continuité entre le passé et le présent pour la préparation de l’avenir.
D’un autre côté, l’historien qui suit avec attention tout ce processus de démocratisation de la vie politique de notre pays ne peut que se réjouir, malgré les déceptions et les incertitudes des événements douloureux qu’a connus notre pays ces deux derniers mois. Interview conduite par Hédia BARAKET
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| Bulletin de Recherche Scientifique n° 59 Préambule :
Think Tank : Opacité du terme chez les dirigeants, les élites et l’opinion publique
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Voilà quelques années que nous essayons de signaler le rôle important que jouent les laboratoires cercles de réflexion et d’idées appelés think Tank dans les pays développés, notamment aux Etats-Unis. Pour beaucoup, son sens reste opaque et l’on ne saisit pas toujours sa fonction singulière qui est de recueillir des propositions et des projets géostratégiques produits par des personnes d’où qu’elles soient et quel que soit leur domaine professionnel : professeurs, économistes, spécialistes en sciences politiques en lettres, reconnus ou anonymes, qui disposent d’un espace de liberté pour pouvoir exprimer leurs aspirations et propositions et les faire parvenir, sans distinction de sensibilités, idéologiques ou religieuses, aux hommes décideurs de tout genre. Think tank est donc une sorte d’espace qui réunit des expériences et des connaissances approfondies et innovantes. C’est un laboratoire exceptionnel où se côtoient et interagissent les aspirations, les idées et les projets constructifs pour le bien de l’Humanité, et cela doit se faire dans le respect et la garantie de l’absolue liberté de pensée de chacun et du groupe. Il est indéniable à tous, que le développement dans les sciences humaines, les techniques, les sociétés, est dû largement à cette donnée nouvelle dans le monde, et montre à l’opposé l’absence de tels espaces de savoirs dans les régimes totalitaires obstinés à faire taire la voix des créateurs et ainsi marginaliser le pouvoir de la pensée, du savoir et des sciences… A maintes occasions, il nous a été donné de prendre connaissance de tels laboratoires d’idées pionniers, et depuis trois décennies nous laissons mûrir cette orientation et nous avons pris en charge de fonder une institution de réflexion indépendante qui met en œuvre l’expérience scientifique et travaille à recueillir et à mettre en pratique toute proposition ou tout projet culturel d’importance, quel qu’en soit le coût. Mais cela n’est pas allé sans obstacles procéduriers et financiers, sans parler des attitudes insolentes et des tracasseries administratives et policières déplorables. Mais notre foi en cette idée-projet nous a conduit avec courage et efficacité à créer cet espace think tank, l’un des premiers dans le monde arabe à Zaghouan d’abord, puis à Tunis, où de très nombreux chercheurs et experts maghrébins, européens et mondiaux, venus d’horizons divers, ont pu librement exprimer le fonds de leurs pensées et faire écho de projets du futur à travers plus de 160 congrès. Aujourd’hui, on peut dire que la base des exposés qui ont été rassemblés a contribué à finaliser plusieurs projets scientifiques pionniers auxquels la Fondation Temimi pour la Recherche Scientifique et l’information s’est, parmi les premiers, intéressée, comme celui du dossier morisque andalous, ou celui des études ottomanes, ou encore à travers des congrès sur les thèmes de la censure, de la démocratie, sur le principe de partenariat scientifique avec l’Europe avec le monde arabe et sur des questions aussi diverses et urgentes que l’humanisme, la bonne gouvernance, ou le coût du non-Maghreb ; ce sont là des questions que les institutions d’Etat ont été incapables de traiter ou de promouvoir, preuve qu’elles étaient loin de remplir leur tâche essentielle dans la formation du savoir. Ainsi de la révolution tunisienne qu’aucun centre ou institution universitaire n’a encadré, nous avons donc pris l’initiative d’inviter plusieurs dirigeants politiques, des intellectuels, des juristes et des autorités médiatiques et notamment le Pr. Yadh Ben Achour, Président de l’Instance supérieur pour la réalisation des objectifs de la réalisation, de la réforme politique et de la transition démocratique (ISPOR); convié à notre tribune, il déclara que cet espace de débat novateur où des interventions judicieuses et des échanges purent s’établir avec des centaines d’invités, lui ont permis de trouver des issues judicaires décisives quant aux querelles qui avaient cours à ce moment-là au sein de la (ISPOR)! Pour soutenir cette orientation, un premier ouvrage sur la révolution tunisienne vient d’être publié par notre fondation : ‘Observatoire de la révolution tunisienne’, en deux volumes (1000 pages), aboutissement important au regard du rôle de notre laboratoire think tank et malheureusement peu suivi dans notre pays et même dans la majorité des pays arabes. Récemment et pour une première fois, nous avons organisé la table ronde sur le futur partenariat politico-économique et scientifique tuniso-libyen, à laquelle ont pris part Messieurs Mustapha Filali, Chadli Ayari et Slah Eddine Jamali. Une feuille de route a été dessinée pour l’avenir, élaboré sur des conceptions pertinentes au sujet d’une coopération efficace et nécessaire avec la Lybie et l’Algérie qui en est le chainon essentiel. Ce projet tel qu’il a été imaginé a suscité l’intérêt de Hamadi Jbali, le nouveau Premier Ministre, qui nous a demandé de lui en procurer une copie et nous a encouragé à aller dans ce sens en organisant dans l’avenir un congrès autour de cette question. Dans cette feuille de route prospective, l’accent a été mis sur le rôle fondamental que pourrait dans l’avenir jouer l’Algérie dans la construction du Maghreb, aspect qui éclaire peut-être l’empressement du Cheikh Rached Ghanouchi à se rendre en Algérie et ce que fera après lui le Pr. Moncef Marzouki en se rendant en Libye la semaine dernière et en Algérie, au Maroc et en Mauritanie très prochainement. C’est là l’enjeu et l’utilité de cet espace de dialogue qui contribue à élaborer des projets efficaces et éloignés de tout souci politicien. Nous invitons les hommes politiques, les élites, les partis, et plus généralement les médias tunisiens et arabes à encourager la création de laboratoires think tank et à les entourer d’un cadre juridique légal. L’avenir peut être sombre au peuple tunisien et au monde arabe sans garantie de la liberté d’expression. Qui saura répondre à cet appel ?
Prof. Abdeljelil Temimi
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| Activités de la Fondation : |
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1 – Séminaires et tribunes de discussions :
- 31 décembre 2011, Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec Maître Bechir Essid sur l’Etat de la justice à l’époque de Bourguiba et Ben Ali. - 07 janvier 2012 : Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec Maître Bechir Essid sur Plusieurs questions problématiques sur les quatre dernières décennies (2ème rencontre) - 14 janvier 2012 : séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec M. Rachid Sfar l’ex-Premier Ministre sur : cours du Mouvement national depuis la création du Néo-Destour. - 21 janvier 2012 : Séminaire de la mémoire nationale avec M. Habib Malouch, Un expert en sciences politiques sur la gestion de la Tunisie depuis l'indépendance à la fin des années Bourguibiennes. - 28 janvier 2012 : 31ème rencontre sur la Révolution de la Dignité avec Prof. Slaheddine Jammali à propos de sa diplomatie dans les pays arabes et le dernier représentant de la Tunisie, en Libye. - 04 février 2012 : Séminaire de la mémoire nationale avec M. Mohamed Moaada. - 11 février 2012 : Séminaire de la mémoire nationale avec M. Driss Guigua sur la naissance de l’Etat tunisien. . – 18 février 2012 : Séminaire de la mémoire nationale avec M. Driss Guigua (2ème rencontre) - 25 février 2012 : Séminaire de la mémoire nationale avec Prof. Ahmed Ben Arfa sur : Diplomatie, et conséquences du fameux discours de Bourguiba à Jéricho en Palestine. - 03 mars 2012 : Séminaire de la mémoire nationale avec M. Kamel Laabidi sur La réforme des médias tunisiens : obstacles et priorités - 10 mars 2012 : séminaire de la mémoire nationale avec M. Hamouda Ben Slama. - 17 mars 2012 : séminaire de la mémoire nationale avec Maître Taoufik Bouderbala sur : Nouvelles lumières sur la Ligue des Droits et de sa carrière comme avocat. - 24 mars 2012 : séminaire de la Mémoire nationale
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| -Les publications : |
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Durant les trois derniers mois, la Fondation a publié les titres suivants : 1- Abdeljelil Temimi, Tragédie de l’expulsion morisque : Attitudes espagnoles et arabo-islamiques , Janvier 2011. 261p ; 24 cm,ISBN 978-9973-32-109-1 2- Les actes du XIVe symposium International d’Etudes Morisques : Mélanges offerts au Prof. Mikel de Epalza, Mai 2011. 707 p., ISBN 978-9973-32-101-4 3- Actes du 32ème congrès du Forum de la Pensée Contemporaine sur : Arabic Language and the Internet, Juin 2011. 415p ; ISBN 978-9973-32-112-(en partenariat scientifique avec Durham University) 4- Revue d’Histoire Maghrébine n° 141, 475 p. mars 2011. 5- Revue d’Histoire Maghrébine n° 142, 426 p. mars 2011. 6- Revue d’Histoire Maghrébine n° 143-144, 605 p. décembre 2011. 7- Revue d’Histoire Maghrébine n° 145, 220 p. janvier 2012. 8- Actes du 33ème congrès du Forum de la Pensée Contemporaine sur : la Bonne Gouvernance : les défis du Maghreb, juillet 2011. 570p ; ISBN 978-9973-32-113-8 (en partenariat scientifique avec l’Ambassade des Pays Bas en Tunisie) 9- - Mémoires de Cheikh Hassan Ayadi, Août 2011. 187p, ISBN 978-9973-32-115- 10- - L’observatoire de la Révolution Tunisienne, Tome I, 512p, ISBN 978-9973-32-114-5 11- - L’observatoire de la Révolution Tunisienne, Tome II, 480p, ISBN 978-9973-32-117-6 12- - Actes du 25ème congrès du Forum de la Pensée Contemporaine Les universités et les chercheurs arabes entre créativité et censure, Septembre 2011. 497p ISBN 978-9973-32-116-9
Nous avons rassemblé toutes les études publiées, selon le tableau suivant:
articles langues 152 Arabe 57 Français 10 Anglais 21 Espangol
Que le lecteur veuille bien tenir compte du nombre d’études publiées (240) durant l’année 2011 seulement, ce qui est honorable à bien d’égards ; ces études nous sont parvenues de Tunisie, Algérie, Maroc, Espagne, Italie, France, Porto-Rico, Hollande, la Belgique, Liban, Egypte, Irak, Qatar, Emirats Arabes Unis, Turquie et les Etats-Unis ; nous relevons donc 152 études sont publiées en langue arabe, le reste (88) principalement en français, mais également en espagnol et en anglais. Notre Fondation a assumé les charges d’un tel nombre d’études et plus particulièrement l’impression des trois périodiques académiques de réputation internationale. Notre interrogation où sont elles, les universités, institutions, centres tunisiens ou arabes et même internationaux à réussir un tel succès scientifique sans tapage ni propagande gratuite ! Nous relevons qu’une partie des participants sont des jeunes chercheurs, toutes nationalités ou idéologies confondues ; nous ne souhaitons pas évoquer d’autres souvenirs moins flatteurs ; l’histoire en jugera !
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| Congrès scientifiques programmés : |
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1) : Journée d'étude le vendredi, 2 Mars 2012 sur la deuxième table ronde sur: l'avenir du partenariat politique et économique et de connaissances pour la Tunisie avec le Maghreb et l’Europe 2) : le 36ème Forum de la pensée contemporaine sur un projet de réforme universitaire maghrébin LMD, en coopération avec le Doyen de la Faculté de Rabat Prof. Abderrahim Benhadda et Prof. Hafedh Boutaleb Juthy. 3) : le 37ème Forum de la pensée contemporaine sur Les perspectives du développement économique et social et les retombées des révolutions 4) : Début avril 2012 : Deuxième congrès sur les symboles des bâtisseurs de l’Etat national feu Hedi Nouira, ancien Premier ministre 5) : congrès sur la torture excercée sur les Tunisiens à l’époque de Bourguiba et Ben Ali en partenariat entre notre Fondation, le Dr. Hubertus Knabe, directeur du centre de torture au temps de la Stasi à Berlin, Gedenkstatte et la Fondation Konrad Adenauer. 6) Congrès sur : L’avenir des études européennes et américaines dans le monde arabe, (en partenariat avec Prof. Ronald Judy de l’Université de Pistsburg (à préciser la date ultérieurement)
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| Messages de transparence et de la sinorité : |
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- Hommage rendu aux juristes par le Président de la République : La semaine dernière, mon attention a été attirée par la manière dont l’Etat a rendu hommage aux juristes qui ont défendu les droits de l’homme et contribué à dessiner des lignes d’avenir suite aux débats autour des questions constitutionnelles pointues. Le Pr. Moncef Marzouki leur a donc rendu cet hommage qu’ils méritent. Personnellement, j’ai de l’empathie pour ces affiches d’hommage, mais est-ce que les nouveaux hommes d’Etat sont au fait de ce qu’ont apporté les historiens, les sociologues, et plus généralement les hommes des lettres pour défendre cette révolution à travers leurs exposés, leurs écrits éclairants et leurs tribunes intellectuelles ? Savent-ils le rôle qu’a joué notre Fondation par exemple dans l’encadrement de cette révolution à chaque instant et le recueil des témoignages de chefs politiques, d’intellectuels, d’économistes, de forces syndicalistes aussi bien que ceux d’intervenants tunisiens qui ont été publiés dans un ouvrage de références sous le titre de ‘Observatoire de la révolution tunisienne’. En effet, la contribution des hommes d’action, des historiens, des sociologues et des intellectuels en général est indéniable et les études qu’ils ont publiées sont très importantes et cela mérite d’être retenu pour l’avenir. *** - Absence des médias audiovisuels au congrès pour le premier anniversaire de la révolution tunisienne (17 décembre 2010 -10 décembre 2011) : Nous avions organisé un congrès à l’occasion du premier anniversaire de la Révolution de la Dignité et de la Démocratie et nous avions publié sur le net le rapport final et ainsi que les allocutions de Monsieur Mustapha Kamel Nabli, du Pr. Fathi Triki et de moi-même, 4 documents que les lecteurs peuvent consulter sur le réseau facebook et sur le site de la Fondation. Ce congrès scientifique singulier a réuni d’importants chercheurs des pays du Maghreb, d’Espagne, d’Irak, d’Iran, d’Italie, de France, du Liban et des Etats-Unis. Parmi les moments marquants du congrès, il y a l’analyse méthodique et objective présentée par le Pr. Mustapha Kamel Nabli, Gouverneur de la Banque Centrale, sur la situation économique de notre pays et les scénarios plausibles dans le futur. Cette analyse, par sa perspicacité et son analyse profonde, devrait susciter l’attention des économistes, des banquiers, des patrons et des politiques qui tiennent les clefs de la haute autorité du pays, et leur servir de modèle. D’autres questions et faits directement liés à la révolution et débattus par les chercheurs ont été traités de manière stratégique, donnant un écho particulier à ces problématiques ; pourtant, les médias audiovisuels l’ont ignoré et ont brillé par leur absence, cela présume de la domination d’anciens responsables sur beaucoup de chaines télévisées dont le rôle aurait été de suivre les activités du congrès et les rapporter à l’opinion publique tunisienne, arabe et mondiale. Il est difficile dans le climat que vit aujourd’hui le pays de traiter d’une telle question aussi délicate, mais qui se posera effectivement. *** - Comment plusieurs anciens responsables ont ‘retourné leur veste’ : Les déclarations d’anciens responsables et collaborateurs de l’ancien régime se multiplient, courant après la révolution tunisienne et ses principes pour en devenir les chantres et les défenseurs sur toutes les tribunes, alors que la plupart d’entre eux ont loué Ben Ali et publié, sur les deniers des ministères, des articles et des livres chantant ses louanges partout. Aujourd’hui, grâce à leurs relations non transparentes, ils se distinguent parmi ceux qui crient mensongèrement à la défense de la révolution, pourtant, leurs attitudes et leurs positions passées les condamnent. La société civile doit rester attentive et vigilante à de tels individus au niveau des ministères et des entreprises, ainsi de l’un d’eux qui travaille à la Chambre de Commerce et de l’Industrie au Ministère de l’Economie et qui est l’un de ceux qui ont retourné leur veste. Cela est regrettable. Beaucoup d’autres exemples subsistent dans les ministères, il ne reste donc qu’à consulter les archives administratives pour faire la vérité sur ces cas et être à l’abri de leurs méfaits.
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| Vient de paraitre aux publications de la Fondation Temimi
les deux numéros 43 et 44 de l’Arab Historical Review for Ottoman Studies (AHROS) |
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Nous avons le plaisir d’informer les affiliés de la Fondation de la parution des deux numéros 43 et 44 de l’AHROS dont le numéro 43 est consacré aux actes du 10ème congrès du Corpus d’Archéologie ottomane sur les deux thèmes suivants : - Architecture et urbanisme - Arts et tradition : reflets de la vie quotidienne Vous trouverez ci-joint la préface que nous avons rédigée et les deux discours du Prof. Ahmed Saadaoui et Mehmet Baha Tanman. Comme vous trouverez également la table des matières du numéro 44. Avec la parution des deux numéros 43 et 44, avec 714 p en français, arabe et anglais, notre périodique spécialisé dans les études ottomanes et très connu à travers le monde entier comme étant une référence en la matière. Bonne lecture
Prof. A. Temimi
Adresse : Immeuble Al-Imtiaz-Centre Urbain Nord-1003 Tunis Tél. (00216) 71231444 / (00216) 71 751 164 fax : (00216) 71 236 677 E. Mail : fondationtemimi@gnet.tn / fondationtemimi@yahoo.fr Internet://www.temimi.refer.org (en français)
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| TABLE DES MATIERES AHROS n° 43 |
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1-Partie anglaise et française
- Prof. Abdeljelil Temimi.- Une nouvelle réalisation scientifique : publication des actes du 10eme congrès sur le corpus ………………………………… 9 - Allocution du Prof. Ahmed Saadaoui …………………………. 13
- Allocution du Prof. Mehmet Baha Tanman au nom des participants ………… 17 Etudes :
- Abidi, Beya. - les deux palais de Mustapha Khaznadar à Carthage : genèse de nouveaux espaces urbanisés ............ 19
- Ben Moussa, Mohamed - L'imaginaire de la Medina de Tunis entre hier et aujourd’hui ............... 55
- Demirsar Arli, V. Belgin. - An Evaluation of Iznik Excavation results between 1981–2009 ................. 61
- Jarray, Fethi. - Les inscriptions des monuments de l’époque ottomane conservées dans le musée du Bardo ....................79
- Saadaoui, Ahmed. - Les minarets octogonaux au Maghreb ottoman : origine et filiation ………... 85
- Tekinalp, Pelin Şahin. - The Wall Paintings in Ayintab (Gaziantep) Houses ………….…..111
- Tanman, Mehmet Baha. - Les Muqabbiras dans l’architecture religieuse ottomane………….… 125
- Topallı, Elvan & Gündüz Küskü, Sema. - Art History Books of Two Turkish Military Artists From the Early 20th Century : Mosques of Bursa, the First Capital of Ottoman Empire ……………………143
Résumés de quelques études publiées en arabe :
- Akpolat, Mustafa S. - The Commercial Center Of Ayintab In The 19th Century And Its Grand “Tahmis” Coffee House ...........................159
-Ben Sassi, Ali Chaëb. –– La mausolée du complexe architectural de Darghouth Pasha à Tripoli 160 -Bouabdallah, Beljouzi. - Les vestiges architecturaux de l’Algérie dans la période ottomane exemple : La ville de Mostaganem ................................. 161 - Maaraf, Sameh. - Modèles des influences Turco-Ottomanes sur l’habillement et les bijoux traditionnels féminins à Mehdia ……………….……………… 162
- Maarouf, Belhaj. – La coupole centrale et les efforts de l’architecte ottoman pour la création… 163 - Numan, Ibrahim. - Views on The Restoration, Revitalization/Rehabilitation and The Re-Use Practices In Cyprus, during the Ottoman Period …164
- Ouldennebia, Karim. - La Villa Abdelatif Sidi –Mahmoud Alger -1630 ……… 165
- Slama-Gafsi, Abdelhakim. -Traditions relatives à la construction en Tunisie aux XVIIIe et XIXe siècles à la lumière des documents d’archives ……………. 167
- Sroor, Musa. -La présence étrangère à Jérusalem et son impact sur l'identité architecturale durant la seconde moitié du XIXe siècle ………………………..… 168 - Débat du congrès ……………………………………...………. 171 - Rapport final ………………………..………………………….. 193 - Index des noms de personnes et collectivités ……………… 197 - Index des lieux géographiques …………………………...……. 201 - Publications de la Fondation sur les études ottomanes …… 205 1- Partie arabe
- Prof. Abdeljelil Temimi.- Une nouvelle réalisation scientifique : publication des actes du 10eme congrès sur le corpus ………………………………………….. 9 - Allocution du Prof. Ahmed Saadaoui …………………………. 13 Etudes :
-Ben Sassi, Ali Chaëb. –– La mausolée du complexe architectural de Darghouth Pasha à Tripoli … 15
-Bouabdallah, Beljouzi. - Les Vestiges Architecturaux De L’algérie Dans La Période Ottomane Exemple : La Ville De Mostaganem .......................... 49
- Jarray, Fethi. - Les inscriptions des monuments de l’époque ottomane conservées dans le musée du Bardo .....................77
- Hayali, Akram Mohamed Yahya. – Fondation des villes musulmans et leur architecture dans les Balkans à l’époque ottomane …………… 107
- Dahdouh, Abdelkader. – Les influences architecturales et techniques ottomanes dans la ville de Constantine …… 131
- Slama-Gafsi, Abdelhakim. -Traditions Relatives à la construction en Tunisie aux XVIIIe Et XIXe siècles à la lumière des documents d’archive ……….…… 163
- Eloumari, Yahyaoui. - L’évolution du phénomène calligraphique et les traces Artistiques sur les numismatiques ottomane ………………….. 183
- Maaraf, Sameh. - Modèles des influences Turco-Ottomans sur l’habillement et les bijoux traditionnels féminins à Mehdia (Tunisie) ……………………… 197
- Maarouf, Belhaj. – La coupole centrale et les efforts de l’architecte ottoman pour la création d’une unité à l’intérieur de la mosquée …………………………… 211
- Maarouf, Belhaj & Dahmani, Sabrina. – Les mosquées Ottomanes de l’Ouest de l’Algérie : étude comparative ………………………………………………….. 223
- Ouldennebia, Karim. - La villa Abdelatif Sidi –Mahmoud Alger -1630 … 243 - Résumés de quelques études publiées en français et anglais …………… 249 - Débat du congrès …………………………………..………….. 253 - Rapport final ………………………..………………………….. 275 - Index des noms de personnes et collectivités …………….…. 279 - Index des lieux géographiques ……………………………...…. 285 - Publications de la Fondation sur les études ottomanes …… 291
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| UNE NOUVELLE REALISATION SCIENTIFIQUE : LES ACTES DU 10EME CONGRES SUR LE CORPUS |
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Depuis dix ans nous nous sommes attachés à organiser cette série de congrès sur le corpus d’archéologie ottomane dans le monde ; dont le 10ème congrès fut consacré à étudier les deux volets à savoir : 1- L'architecture et l'urbanisme 2- Arts et traditions : reflets de la vie quotidienne avec la participation d’éminents archéologues venus de Tunisie, de Turquie, d’Algérie, d’Egypte et de Palestine. C’est un signe encourageant qui confirme la permanence de l’interchange scientifique entre archéologues arabes et turcs. En effet, nous avons contribué, à travers ces congrès, à défendre, farouchement ce patrimoine archéologique de l’Humanité, en incitant à son indexation et à sa restauration, en demandant qu’il soit considéré comme étant une première priorité pour son ultime conversation eu égard à son importance et c’est là une responsabilité scientifique qui incombe à tous les archéologues arabes, turcs et internationaux qui à partir de leurs responsabilités administratives et scientifiques seront en mesure de veiller à ce patrimoine ottoman, sur la scène arabe et turque et dans les Balkans. C’est ainsi qu’à travers les efforts fournis depuis deux décennies, nous relevons que l’opinion publique dans les pays arabes, en Turquie et dans le monde a changé d’attitude face à l’Empire ottoman et son patrimoine ; nous persistons donc à croire que les archéologues arabes, turcs et balkaniques, auront un travail énorme à accomplir pour sauvegarder le corpus d’archéologie ottomane, en commençant par la création d’un Haut Comité d’archéologie arabo-turc, et balkanique et qui aura la tâche, combien délicate d’établir un index très détaillé de tous les monuments : garnisons, citadelles, maisons étatiques ou privées et autres objets menacés de disparition et qui se comptent par milliers et qu’il faut sans tarder sauver et créer des musées spécialisés afin que ce patrimoine ne soit exposé à des vols, à la destruction ou à la vente secrètement ou aux enchères publics par le monde. D’autre part, le 10ème congrès s’est distingué par la participation d’une nouvelle génération d’archéologues arabes et turcs qui ont manifesté un fort intérêt pour le corpus, en préparant de travaux prometteurs sur nombre de dossiers et que nous sommes tenus à les encourager et faire connaître leurs travaux de recherche. **** Le 10ème congrès s’est s’arrêté tout particulièrement à l’architecture et l’urbanisme ottomans, à la création de villes dans les espaces arabes, turcs et balkaniques et comment s’est érigé la vision des architectes ; comme il a soulevé l’influence des facteurs exogènes dans ce corpus sur l’identité architecturale ottomane et la place qu’occupent les mosquées, les églises, les palais, les maisons, les chemins de fer de Hedjaz; d’autres dossiers ont été traités comme celui de l’utilisation de l’écriture coufique dans les inscriptions et les monnaies, les influences ottomanes sur les costumes et bijoux traditionnels féminins, la terminologie utilisée dans la construction urbaine qui fut l’une des participations de la vie quotidienne ottomane ; d’autres sujets ont été soulevés comme le Wall paintings et les excavations d’Iznik et bien d’autres problématiques de recherches bien orientées sur le corpus. Le dialogue instauré par les participants a approfondi l’interchange et fut derrière une nouvelle approche méthodique pour étudier le corpus loin des slogans creux afin d’élargir le partenariat scientifique sur des bases solides entre archéologues arabes et turcs et c’est bien la mission que nous devons assumer depuis belle lurette. Un grand merci à tous les participants qui ont participé activement au dialogue et interchange et qui nous ont offert leurs travaux scientifiques, et publiés dans cet ouvrage qui s’avère très riche, espérons qu’il produira un impact positif et prometteur pour l’intérêt majeur du corpus ; c’est ainsi que nous lançons un ultime appel à tous les responsables et administrateurs arabes et turcs, pour l’adoption de tout un programme intelligent pour sauver ce patrimoine de l’Humanité à travers les espaces géopolitiques du monde ottoman. **** La nouvelle Tunisie de la Révolution de la démocratie et de la Dignité et qui croit à son rôle dans la recherche historique ne peut qu’encourager de pareilles et louables initiatives pour sauvegarder la mémoire archéologique ottomane, beaucoup à la présence des participants pour assumer son rôle pour renforcer le partenariat scientifique avec nos collègues turcs et arabes. Voici donc les actes de notre Xème congrès sur le corpus dont la richesse documentaire n’est plus à démontrer, il constitue un exemple à suivre pour la diversité des travaux publiés dans cet ouvrage sans tapage, ni slogan et que la Fondation a assumé toute seule les frais de l’impression.
Prof. Abdeljelil TEMIMI
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| ALLOCUTIONS DU PROF. AHMED SAADAOUI Et Prof. MEHMET BAHA TANMAN |
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ALLOCUTION DU PROF. AHMED SAADAOUI
Cher professeur Abdeljelil Temimi Cher professeur Mehmet Baha Tanman Mr. Le directeur de CEMAT Chers Collègues et invités
Voici le 10e congrès du corpus d’Archéologie ottomane. Les avancées réalisées en ce domaine au cours des vingt dernières années rendent optimiste en ce qui concerne l’étude de l’architecture et de l’art ottomans car il y a quelques décennies ces matières ainsi que l’archéologie ottomane, étaient marginalisées. En ce qui ne concerne, mon équipe et mes collègues travaillions plutôt sur le Maghreb, et nos études portaient surtout sur le moyen âge et la période classique. La Zeitouna et la Casbah sont des monuments prestigieux il est vrai, mais en fait la masse des monuments et des bâtiments datent surtout de la période ottomane, j’estime à près de 80 % pour la ville de Tunis. Or cette période ottomane a été longtemps négligée et ce n’est que dans ces dernières années que l’on prend conscience de sa richesse patrimoniale et de son importance, même pour nous éclairer sur les périodes précédentes car il y a tout de même une continuité par le mariage des architectures. En outre, dans nos pays les archives sont rares alors que la période ottomane est riche en documents, surtout les waqfs, bien conservés et plus nombreux que ceux du moyen âge. Ces documents sur la propriété foncière enrichissent aussi les recherches. Les Européens de cette période ont également livré des documents iconographiques intéressants pour notre sujet. Dernièrement, une jeune chercheuse a publié un plan du XVIIe siècle de la mosquée de Tunis, plan fait par un ingénieur français. Ce type de recherche peut nous conduire sur de nouvelles pistes d’étude. Ce sont de nouvelles pistes de recherche que j’essaie donc de suggérer comme par exemple l’art funéraire, l’étude des stiles et .. La semaine dernière a été soutenue une thèse sur la faïence et la céramique, thèse qui nous a permis de mesurer notre ignorance puisque nous avons découvert qu’au XVIIe siècle des cartons et des modèles valenciens servaient de modèles aux faïenciers du quartier Kallaline. Il serait donc intéressant de faire aussi des recherches sur le travail du bois, des poutres, des bois peints, sur les stucs et le travail du stuc pour la période ottomane, et ne pas négliger les régions un peu en marge : Sahara, Mauritanie et Libye, Sahara algérien …. Les pistes de recherche sont très nombreuses et nous avons la chance d’en constater les premiers résultats : deux thèses sur la faïence, la thèse de Beya Abidi sur les résidences secondaires dans la région de Tunis, une thèse sur les hammams d’Alger, celle de Samia Echargui sur les mosquées et bien d’autres. Cette rencontre permet aux divers chercheurs de se connaître et de partager leurs expériences, de s’enrichir de la recherche de l’autre de la Turquie à la Syrie, en passant par l’Egypte et les Balkans. Je tiens à remercier ici la Fondation Temimi de nous procurer cette opportunité de rencontres. Je vous remercie de votre attention et vous souhaite plein succès dans vos travaux.
Prof. Ahmed SAADAOUI ***** ALLOCUTION DU PROF. MEHMET BAHA TANMAN AU NOM DES PARTICIPANTS
Cher professeur Temimi, Cher Mr. Saadaoui, Chers collègues, Chers amis,
Comme souvent, je suis invité par la Fondation Temimi à rencontrer des collègues et chercheurs d’autres pays afin de débattre de ce sujet très interessant que sont l’architecture et l’art ottomans présentes des Balkans jusqu’au Yémen et du Maghreb jusqu’à la frontière du Liban. Jusqu’aux années 70, les études sur l’architecture ottomane – qui est mon domaine – ont été surtout concentrées sur les trois capitales (Edirne, Bursa et Istanbul), noyaux de l’Empire où ont œuvré sans doute les maîtres de l’architecture, mais ce n’était ni pour vraiment comprendre et valoriser l’architecture ottomane comme art impérial ni pour distinguer les styles régionaux des cultures qui existaient avant l’arrivée des Ottomans, surtout dans les pays arabes. Il fallait des études plus détaillées, plus approfondies, des congrès réguliers, ce qui n’était pas facile à organiser. Commencer est plus aisé que continuer, nous le savons tous ici. Les congrès sur l’architecture ottomane organisés régulièrement par la Fondation Temimi sont l’occasion de rester en contact avec les collègues de plusieurs pays européens, maghrébins et arabes et d’ouvrir d’autres horizons de recherche. J’ai connu le prof. Temimi dans un de ces congrès à Zaghouan et j’ai rencontré M. Paul Bonnenfant qui nous a parlé de l’architecture ottomane dans une ville nommée Zabie dont je ne connaissais même pas l’existence et j’ai vu des mosquées de style ottoman sur les rives de l’Océan Indien sur lesquelles ni mes collègues ni moi-même n’avions de connaissances ; ces contacts internationaux nous permettent donc d’avoir une vision élargie de tous ces styles régionaux, spécialement dans les pays musulmans, parce que pour les Balkans le cas est différent puisqu’il n’y avait pas de culture musulmane pré-ottomane pour influencer l’architecture et l’art ottomans bien qu’il y ait quelques traits régionaux dans des régions comme la Macédoine ; mais c’est surtout en Syrie, en Egypte, en Tunisie, Libye et Algérie que l’on constate le mélange de l’architecture ottomane et régionale étroitement liées à l’art préexistant de la céramique, du stuc, du travail du marbre, du bois etc… Encore des pistes et des pistes à travailler. Je remercie encore une fois la Fondation Temimi qui permet ces rencontres internationales. Nous allons écouter des sujets très intéressants et je me joins au prof. Temimi pour suggérer que le rapport final préconise l’établissement d’un inventaire ou d’un index certes difficile à réaliser mais auquel il est temps de penser. Je vous remercie de votre présence et de votre participation et je remercie la Fondation Temimi au nom de tous les collègues. Prof. Mehmet Baha TANMAN
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| TABLE DES MATIERES AHROS n° 44 |
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1-Partie anglaise et française
Etudes :
- Agueb, Ferid. - Prévision des élites tunisiennes pour la révolution et les reformes constitutionnelles ……….. 7
- Amer, Imen. - Les métiers du pain en Egypte entre tradition et modernisme (Traduit de l’arabe par Nadia Temimi) ………………………………………..… 13
- Frini, Mohamed. - La foret du caïdat de Sousse son évolution spatiale et structurale 1750-1850 …………..… 47
- Hammache, Khalifa. - Le terme hafid dans les documents des tribunaux et les écrits historiques des villes d’Alger et de Tunis a l’époque ottomane : ses formulations et significations (Traduit de l’arabe par Nadia Temimi) ……….. 69
- Keirani, Leila. - les documents ottomans : outils importants pour révéler le vécu des femmes dans la société d’Alger durant la période ottomane ………… 83 Résumés de quelques études publiées en arabe :
- Harouti, Saâdi Othman. – Economic and Health crisis in Kurdistan during ottoman Period …………….……………87 1- Partie arabe Etudes :
- Hammache, Khalifa. - Le terme hafid dans les documents des tribunaux et les écrits historiques des villes d’Alger et de Tunis a l’époque ottomane : ses formulations et significations………………………………………….…….. 7
- Keirani, Leila. - les documents ottomans : outils importants pour révéler le vécu des femmes dans la société d’Alger durant la période ottomane ……………21
- Agueb, Ferid. - Prévision des élites tunisiennes pour la révolution et les reformes constitutionnelles ……….. 35
- Frini, Mohamed. - La foret du caïdat de Sousse son évolution spatiale et structurale 1750-1850 …………..… 57
- Harouti, Saâdi Othman. – Les crises économiques et sanitaires au Kurdistan à l’époque ottomane ………………… 77
- Houidi, Saloua. – Les relations de dépendance politique de la Régence de Tunis au cours du 18e siècle ……………………123 .
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| Parution du n° 145 de la Revue d’Histoire Maghrébine |
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Il y a quelques semaines, fut annoncé la parution des deux numéros de la RHM 143-144 (605p) pour allumer les 38 bougies de parution régulière depuis le premier janvier 1974 ; ce qui justifie comment notre périodique a bénéficié aujourd’hui d’une réputation internationale. Nous avons le plaisir de porter à la connaissance de tous que le numéro 145 et a prévu pour le mois de janvier 2012, vient de paraitre ces jours ! Ci-joint la préface que nous avons rédigée à cette occasion accompagnée de la table des matières.
Abdeljelil Temimi
L’IMPASSE DU DIALOGUE SCIENTIFIQUE HISPANO-MAGHREBIN APRES CELUI DU 2EME CONGRES DE SEVILLE !
Nous n’avons eu de cesse, depuis 2001, de défendre le dialogue hispano-maghrébin dont le premier congrès a été organisé au sein de la Fondation et les premiers actes ont été publiés avec le concours de l’ambassade espagnole à Tunis. Nous avions pour projet de continuer ce dialogue scientifique avec toute institution académique ou culturelle espagnole qui s’intéresse principalement à ces relations bilatérales. Notre défunt ami, Rodolfo Gil Grimau, historien spécialisé en l’histoire des morisques, était l’un des partisans d’une ouverture sur la culture arabo-musulmane et qui n’a cessé de répéter comment la presse avait terni l’image de l’Islam en Espagne. Je l’avais entretenu de mon désir d’organiser le deuxième dialogue scientifique hispano-maghrébin, pensant que cela serait important dans la construction future de nos espaces géopolitiques. M. Grimau a en effet promis de prendre en charge l’organisation du 2ème congrès en contactant le président de l’université internationale d’Andalousie, le directeur de la Fondation des trois cultures méditerranéennes ainsi que des universitaires espagnols et maghrébins. Je me suis chargé de mon côté de lui transmettre la liste de chercheurs maghrébins. Ce deuxième dialogue s’est déroulé dans de très bonnes conditions à Seville où un débat le 16-18 Octobre 2003 très riche a eu lieu entre les participants ; j’ai proposé alors que notre Fondation, en partenariat avec les institutions espagnoles, se chargent de le transcrire et de le publier avec tous les papiers présentés lors du congrès. Les partenaires espagnols ont opposé un refus catégorique, confirmé par la suite par M. Grimau qui m’a demandé de me charger seul de la publication des actes. Dans ce but, il m’a transmis, avant son décès, tous les travaux présentés par les chercheurs. J’ai adressé plusieurs courriers à la Fondation des trois cultures méditerranéennes afin qu’elle me transmette une copie de l’enregistrement du dialogue mais sans réponse. Elle a également confirmé son refus de participer à la publication des actes, position probablement dictée par des instances politiques de haut niveau et liée à la position adoptée par l’ancien ministre espagnol des affaires étrangères. J’avais en effet adressé des courriers à sa Majesté le Roi Juan Carlos afin qu’un document officiel soit publié présentant des excuses aux Morisques pour la façon dont ils ont été chassés d’Andalousie. Le premier courrier date de 1991 et le dernier a été envoyé l’année dernière, lorsque nous avons organisé le 500ème anniversaire de l’expulsion des morisques d’Andalousie (1609-2009). Ces positions ont fait que les autorités politiques et culturelles espagnoles ont empêché toute collaboration scientifique avec notre Fondation. Nous avons, malgré cela, continué à organiser nos congrès internationaux sur les Morisques qui sont aujourd’hui au nombre de quinze et nous en avons publié tous les actes dont 500 recherches en langue espagnole et avons préparé des mélanges destinés à quatre scientifiques espagnols afin de leur rendre hommage pour la recherche scientifique sur l’histoire des Morisques. Après une longue attente de huit ans et afin de rendre hommage à notre défunt ami Gil Grimau, nous avons décidé de publier les travaux du deuxième congrès du dialogue scientifique hispano-maghrébin sans soutien, parce que nous voulons rester fidèles à nos convictions ; mais si d’autres collègues universitaires tunisiens et autres ont abandonné leurs convictions et leurs indépendances, nous ne pouvons que le regretter pour eux ! Je tiens à remercier tous les chercheurs espagnols et maghrébins qui croient à la construction de nouvelles relations saines entre nos espaces géopolitiques espagnol et maghrébin. Nous croyons que l’Espagne peut jouer un rôle important dans notre espace maghrébin aujourd’hui et demain. Nous dédions cet ouvrage à la mémoire de notre ami et collègue défunt Rodolfo Gil Grimau en signe de reconnaissance pour le chercheur, puisqu’il fut le véritable organisateur de ce deuxième congrès du dialogue scientifique hispano-maghrébin. J’espère qu’un troisième congrès hispano-maghrébin se réalisera dans un proche avenir.
Prof. Abdeljelil TEMIMI Traduit par Sonia Temimi
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| TABLE DES MATIERES Revue d’Histoire Maghrébine n° 145 |
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1- Partie française
Pages
7 - Abdeljelil Temimi. – L’impasse du dialogue Hispano-Maghrébin après le congrès de Séville …………………. 11 - Discour Abdeljelil Temimi ……………………………….. 13 - Discours Mohamed Larbi Messari …………………….. Etudes :
17 - Adila, Mustapha. - Al Norte de punta cires : Por un mayor entendimiento entre Marruecos y España……
31 - Abdel-Karim, Gamal. - Una mirada dinámica para una sociedad interdependiente : andalucía y el Magreb …….
45 - Algora Weber, Mª Dolores. - Planteamientos y Voluntades ante Los Cambios Internacionales ………
55 - Benabud, Mhammad. - España Marruecos : Dialogo y Convivencia …………
65 - Benhamamouche Fatma. - Orán-España : cruces culturales …...................
71 - El-Madkouri Maataoui, Mohamed. - La imagen de España : dificultades para la instauración de un Modelo en el Magreb ……………………
101 - Gil Grimau, Rodolfo. - Nueva era mundial. planteamientos nuevos para rancios problemas y nuevas pruebas Hispano-Marroquíes ……………………….
113 - Hached-KHabou, Maymouna. - Las relaciones entre España y Túnez en la actualidad ………………….…..….
125 - Malki, Mhammed. - La Question Migratoire Dans Les Relations Maroco-Espagnoles ………………………..……
135 - Messari, Mohamed Larbi. - Pasado presente y futuro de las relaciones Hispano Marroques …………………….…. 143 - Morales Lezcano, Víctor. - En torno a los diálogos ribereños ………………… 155 - Mouffok, Nafissa. - El Euromediterranismo : ¿Visiones Opuestas? ……………
163 - Parejo Fernández, Mª Angustias. - L’incorporation de l’islamisme politique à la formule politique marocaine ….
181 - Temimi, Abdeljelil. - Vie intellectuelle et recherche en Espagne : Quels enseignements pour le Maghreb ? ….
189 - Toledo, José Manuel. - España-Marruecos, una reflexión sobre las dos Orillas …………………………………………..
193 - Benjelloun, Abdelmajid. – La participation de marocains a la guerre civile espagnole (1936-1939) était-elle illégale sur la base du droit international public alors en vigueur ? ………………………………………………………….
207 - Srour, Mahmoud. – La Tunisie post révolution dans la nouvelle géopolitique du Maghreb …………………..….. 1- Partie arabe
7 - Abdeljelil Temimi. – L’impasse du dialogue Hispano-Maghrébin après le congrès de Séville …………………. 11 - Discour Abdeljelil Temimi ……………………………….. 13 - Discours Mohamed Larbi Messari ……………………..
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| A l’occasion du premier anniversaire de la Révolution de la Dignité et de la Démocratie |
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Notre Fondation scientifique est la première qui a réservé à la Révolution de la Dignité et de la Démocratie depuis son déclanchement, un intérêt constant, en invitant tous les acteurs sur la scène politique, économique et civilisationelle, ce qui nous a amené à constituer une base de données, la première dans son genre au niveau des pays arabes, base de données qui fut derrière la publication d’un ouvrage de références en deux volumes (1000p) sous le titre : L’Observatoire de la Révolution tunisienne, parue ces jours Mais à l’occasion du premier anniversaire de la Révolution du 17 décembre 2010 et non du 14 janvier 2011, nous avons organisé le 35ème congrès du Forum de la Pensée contemporaine sur le thème : la Révolution tunisienne : début d’une nouvelle ère dans les pays arabes Eu égard à l’exceptionnelle importance du congrès, nous avons le plaisir de vous faire parvenir les documents ci-joints : 1- Rapport final du congrès 2- Discours de M. Mustapha Kamel Nabli, Gouverneur de la Banque Centrale 3- Discours de M. Fathi Triki, au nom des participants 4- Discours de M. Abdeljelil Temimi. Souhaitons que les affiliés de la Fondation s’arrêtent longuement aux problématiques du congrès, ses répercussions directes et les propositions constructives qui furent exprimées, loin des slogans politico-politiciens émanant des personnalités au passé douteux qui se manifestent aujourd’hui pour défendre la Révolution ! Les historiens et les chercheurs ont le soin de présenter le fruit de leur travaux à tous, sans prétention, ni arrogance pour honorer cette Révolution géniale que le peuple tunisien a tant attendu ; espérons que notre message soit entendu de toutes les personnalités politiques tunisiennes et internationales, toutes disciplines et tendances confondues. Bonne lecture
Abdeljelil Temimi
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| Congrès : la révolution tunisienne : le début d’une ère nouvelle dans le monde arabe :
Rapport final |
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Sur invitation de la Fondation Temimi pour la recherche scientifique et l’information et en partenariat avec la Konrad Adenauer Stiftung, s’est tenu, à l’occasion du premier anniversaire de la Révolution de la Dignité et de la Démocratie, du 8 au 10 décembre 2011 à Tunis, le 35e forum de la pensée contemporaine sur : La révolution tunisienne : début d’une nouvelle ère dans les pays arabes Ont pris la parole lors de la séance d’ouverture, Prof. Abdeljelil Temimi qui a prononcé son discours en arabe, M. Klaus Loetzer, Représentant Régional de la Konrad Adenauer Stiftung en Tunisie et en Algérie, qui a prononcé son discours en anglais, puis le professeur Fathi Triki qui a parlé en français au nom des participants, ainsi que M. Mustapha Kamel Nabli, Gouverneur de la Banque Centrale de Tunisie, qui a présenté en arabe une analyse approfondie de la situation économique après la Révolution. Y ont assisté S.E. l'ambassadeur de la République islamique d'Iran M. Biman Jabali, des représentants des ambassades d'Egypte et d’Italie, ainsi que le directeur du Centre culturel iranien et plusieurs figures tunisiennes parmi lesquelles d'anciens ministres, des universitaires, des journalistes et des représentants de nombreuses chaînes de télévision locales et arabes, en plus des chercheurs venus des pays suivants: Algérie, Espagne, Irak, Iran, Italie, Koweït, Liban, Libye, Maroc, Syrie et Tunisie. Dans son allocution d’ouverture, Prof. Temimi a évoqué les spécificités de la révolution tunisienne qui s’est éclatée dans la Tunisie profonde, en insistant sur son caractère spontané, sans leadership et dont les revendications sont relatives à des valeurs humaines telles que la dignité, la justice sociale, la lutte contre la corruption, la bonne gouvernance, la démocratie, la transition du pouvoir. Il a ajouté que grâce au printemps arabe, les Arabes ont fait leur entrée dans l’histoire. Quant à M. Klaus Loetzer, il a parlé des spécificités de la transition démocratique en Allemagne au lendemain de la deuxième guerre mondiale, ce qui a nécessité quelque temps. Il fauit noter par ailleurs qu’à travers ses bureaux dans le monde, la Konrad Adenauer Stiftung veille à la réussite des expériences démocratiques telle que celle de la Tunisie. Pour sa part, le professeur Fathi Triki nous a donné une analyse de la dialectique de la préservation de la mémoire vivante du peuple tunisien en tenant compte de tous les facteurs qui y sont influents… M. Mustapha Kamel Nabli de son côté nous a fourni une analyse approfondie de la situation économique dans le pays après la révolution et des mesures à prendre pour relever les défis économiques auxquels devra faire face le pays. Dans ce cadre, il a insisté sur l’autonomie de la banque centrale de Tunisie, comme c’est le cas dans les pays développés, tout en remarquant que le succès de la transition démocratique exige le retour du rythme de la croissance économique et l’élaboration des politiques répondant aux besoins et aspirations de la société. Au cours des neuf séances scientifiques, ont été données 23 communications traitant plusieurs sujets dont nous citons en particulier: -Contribution des institutions de la société civile dans la mobilité sociale depuis les événements du bassin minier jusqu'à la révolution ; une nouvelle société est en voie de formation en relation avec l’action politique et le développement social et économique en Tunisie. -Le rôle des jeunes dans le déclenchement de la révolution tunisienne pour se libérer de la dictature, ce qui a donné un exemple à suivre pour le monde arabe. -L'utilisation des nouvelles technologies par les jeunes pour inciter à la révolution, définir ses objectifs et faire connaitre ses principes. Ce travail a été repris dans les pays arabes et surtout en Egypte, au Yémen et en Syrie. -L’intérêt des historiens pour la révolution tunisienne, ses événements, sa nature et sa géographie, a donné naissance à une expression sociale, culturelle et politique digne d’une société démocratique. - Les principes de la révolution tunisienne ouvrent de larges perspectives pour le développement global. Toutefois, les défis sont grands et variés. Ainsi, comment concrétiser les réformes qu’exigent les nombreux secteurs du développement dans un système démocratique. - La nécessité d'établir la justice transitionnelle à travers une instance ayant pour objectif d'écouter les victimes et les tortionnaires, la documentation des violations et la collecte des demandes, afin de surmonter les tragédies du passé et les violations des droits de l’homme sous les régimes dictatoriaux. -Le début d’une nouvelle période de l’histoire de la région avec l’arrivée des islamistes au pouvoir, et l'émergence d'un islam modéré et pragmatique répondant aux attentes objectives des masses pour l'emploi, l'éducation et le développement. -L’importance des sit in de La Kasba 1, 2 et 3 comme mécanisme de lutte ayant abouti à des résultats politiques. Cependant, les jeunes ont exprimé leurs appréhensions que leur révolution leur ait été volée. Dans ce cadre, a été diffusé un documentaire sur les sit-in au cours desquels les jeunes ont été attaqués par la police et les RCdistes. - Le rôle de la jeunesse tunisienne dans la transition démocratique ; un échantillon de jeunes des deux sexes ont exprimé leur insatisfaction quant au processus actuel au cours duquel ils se sentent marginalisés, alors qu’ils se considèrent comme les gardiens de la révolution et la principale force pour l’instauration de la démocratie. - La reprise du conflit entre islamistes et laïques après la révolution pousse à poser les questions suivantes : les Arabes ont-ils besoin de la démocratie? L'Islam est-il favorable à la démocratie? Ainsi les questions de l’identité nationale, de l’équilibre, de la communication, des spécificités, de la culture sont à l’ordre du jour dans les pays arabes. - La révolution tunisienne dans la presse iranienne, selon deux journaux, Kihan et El-¨Chark représentant les conservateurs et les réformistes, la Révolution tunisienne a été représentée comme une manifestation d’un éveil islamique antioccidental. - La diplomatie américaine envers les révolutions arabes est basée à la fois sur les valeurs de la démocratie et les intérêts vitaux des Etats Unis. Pour la Tunisie, plus précisément, les relations entre les deux pays n'ont pas changé, sauf en ce qui concerne le climat de liberté et de démocratie du côté tunisien. - La priorité des dirigeants européens était d’assurer la sécurité sur la rive sud de la Méditerranée ; dans ce cadre, ils ont fermé les yeux sur les violations des libertés civiles et des droits humains, ce qui reflète un esprit colonial sans aucune vision géostratégique. - L’intérêt de l'Europe et des Etats-Unis portait à la sécurité au détriment de la démocratie, du développement du Maghreb et de la résolution du problème du Sahara occidental et de la question palestinienne. - La nécessité d'examiner les résultats des élections du 23 octobre ; d’ailleurs d’après les statistiques on peut relever le poids véritable des partis en lice. - Creusement du fossé entre masses populaires et élites politiques et intellectuelles en Syrie. Si les élites ont été débordées par les événements, ce sont les masses populaires qui prennent la direction. Le congrès a permis par un dialogue ouvert caractérisé par la responsabilité et le respect de l’opinion adverse. Par ailleurs, les participants ont consacré une séance plénière pour débattre des problématiques du printemps arabe ; ils recommandent la continuité du débat sur les retombées des révolutions aux échelles politique, économique et scientifique pour la construction d’un nouvel espace géopolitique arabe sans corruption, ni favoritisme, en harmonie avec notre civilisation et notre identité. Les participants recommandent l’organisation du prochain congrès au cours de l'année 2012 à l'occasion du deuxième anniversaire du printemps arabe sur le thème suivant: Les perspectives du développement économique et social et les retombées des révolutions Par ailleurs, les participants saluent la Fondation Temimi pour la recherche scientifique et l’information pour l’organisation efficace du congrès, ce qui confirme sa réputation scientifique aux échelles arabe et internationale, comme ils louent le rôle joué par la Konrad Adenauer Stiftung, depuis plus de vingt ans, et son représentant, M. Klaus Loetzer pour promouvoir le partenariat scientifique au service de la communication euro-maghrébine et euro-arabe. Dans ce cadre, fut annonceée la publication du premier ouvrage de référence sur la révolution tunisienne ayant pour titre : Observatoire de la révolution tunisienne, en deux tomes de 1000 p. Cet ouvrage réunit les textes transcrits de plus de 120 heures d’enregistrement avec des dirigeants politiques, économiques, religieux et de médias, et plus de 500 intervenants représentant tout le spectre de l’opinion publique tunisienne y compris les jeunes de la révolution, qui ont porté leur voix, à travers la tribune de la fondation, à l'opinion publique tunisienne, arabe et internationale.
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| Intervention du Prof. Mustapha Kamel Nabli Gouverneur, de la Banque Centrale de Tunisie lors du congrès sur la Révolution |
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Professeur et ami Abdeljelil Temimi Mesdames et Messieurs
Je suis honoré aujourd’hui de pouvoir vous adresser à l’occasion de ce 35ème congrès du Forum de la Pensée contemporaine, organisé par la Fondation Temimi pour la Recherche Scientifique et l’Information en partenariat avec la Fondation Konrad Adenauer, portant sur un thème qui relève une grande importance historique et géopolitique dans la mesure où il marque le début d’une nouvelle ère qui aura, sans doute, des répercussions sur tous les plans. Le thème proposé aujourd’hui «La révolution tunisienne : début d’une nouvelle ère dans les pays arabes » va sans doute susciter l’intérêt des participants et fera l’objet d’amples discussions et analyses de la part des intervenants. Néanmoins, et à mon sens, je considère que le thème aurait pu être comme suit : « La révolution tunisienne : début d’une nouvelle ère dans le monde ». Toutefois, je suis sûr que ce thème fera partie des discussions. Pour ma part, je vais axer mon intervention sur le contexte tunisien en abordant l’idée que la révolution tunisienne marque le début d’une nouvelle ère en Tunisie. A cet égard, j’aborderais trois principaux axes : - Le premier aura trait à l'examen des principales raisons du déclenchement de la révolution Tunisienne. - Le second axe mettra en exergue les enseignements de la première phase de transition. - Quant au troisième axe, il sera consacré à l’exposé des préalables d'une transition démocratique et économique réussie, et par conséquent la réussite de la révolution et la réalisation de ses objectifs dans la prochaine étape.
1. Principales raisons du déclenchement de la révolution Tunisienne Je pense que les historiens continueront à débattre des causes et du timing du déclenchement de la révolution tunisienne pendant les décennies venir, car les explications sont multiples et variés et il n’est pas facile de déterminer les facteurs qui donnent la meilleure explication. Cependant, je vous exposerais ma propre explication. A cet effet, je pense que la révolution en Tunisie est le résultat de la conjugaison de trois facteurs importants : - Le premier facteur est d’ordre économique et réside dans l’aggravation au cours des dernières années du chômage des jeunes diplômés du supérieur. En effet, pour cette frange, le taux de chômage a été multiplié par environ 8 fois au cours des seize dernières années passant ainsi de 3,8% en 1994 à 29,2% en Mai 2011. Cette situation a généré un état de malaise social chez les jeunes combiné à la perte d’espoir pour un avenir meilleur. - Le deuxième facteur est d’ordre politique et ce, dans la mesure où l’absence de la bonne gouvernance, le non-respect des droits de l’Homme conjuguées à l’aggravation et la généralisation de la corruption pendant les dernières années ont fait en sorte que les revendications sociales et économiques se transforment en revendications politiques. La corruption s’est généralisée, elle est devenue endémique, affichée et sans scrupules. - A ces deux facteurs, s’est ajouté un troisième élément, celui de l’accès et la disponibilité des nouvelles technologies, Internet et les réseaux sociaux en particulier. La combinaison des trois a attisé les protestations et les mouvements de revendications sociales dont le coût de l’organisation a été presque réduit à zéro et, notamment grâce aux nouvelles technologies, d’où le déclenchement brusque de la révolution tunisienne. L’étude des slogans de la révolution tunisienne nous indique une prédominance des revendications ayant une forte connotation humaniste, sociale et morale et ce à l’instar des valeurs fondamentales de dignité, d’équité et de liberté ce qui reflète une aspiration farouche des tunisiens à ces valeurs. L’aspiration des tunisiens à la dignité se reflète dans : (i) leur rejet de la marginalisation et de l’exclusion ou à êtres considérés comme des citoyens de seconde zone dont on ne respecte ni les droits ni les opinions ; (ii) leur rejet des humiliations ou du comportement arrogant des kleptocrates qui n’ont aucun scrupule à exhiber leur richesse mal acquise ; et (iii) le rejet par les jeunes de leur statut en tant qu’éduqués ou diplômés n’ayant de perspectives ni pour un emploi ni pour une vie décente. L’aspiration pour la justice, dans son sens le plus large, est perçue dans : (i) le rejet, d’une part, des inégalités des chances en vue d’améliorer le niveau de vie, la qualité de l’enseignement et l’accès à l’emploi. Cette inégalité peut avoir des dimensions régionales ou sociales ; et (ii) le rejet, d’autre part, d’une usurpation organisée de la richesse par la corruption et le népotisme. L’aspiration à la liberté se retrouve dans : (i) le rejet du pouvoir absolu, irresponsable bénéficiant à une minorité et ce, au dépend de l’intérêt national ; et (ii) l’exigence des citoyens du droit de libre expression et de contribution à la vie publique. L’aspiration farouche des Tunisiens à la concrétisation de ces valeurs reflète une volonté accrue pour un changement global, cependant le système despotique qui était en place n’a fait que réprimer, et par tous les moyens, ces aspirations. Ceci a créé un malaise latent annonçant l’explosion. Quand c’était possible, l’explosion a eu lieu, pacifiquement. Toutefois, elle aurait pu être atrocement violente si cela était inévitable ! 2. Les enseignements de la première phase de transition : Nous sommes à une année depuis le déclenchement de la révolution le 17 décembre 2010, et la Tunisie a dépassé, la première phase transitoire et s’apprête à entamer la deuxième phase de transition. A ce stade, il est utile d’essayer de tirer quelques enseignements préliminaires de la transition démocratique en Tunisie. Dans ce contexte, je voudrais avancer quatre enseignements : 1. En dépit des décennies de régime despotique, la société civile tunisienne, toutes composantes confondues, a pu développer graduellement et pacifiquement une activité politique et une société civile dynamiques ce qui a contribué à traverser la première phase de transition démocratique avec le minimum de dégâts, le recours au consensus et la prédominance de l’intérêt national. Ceci constitue, en soit, une réussite dont nous devons saluer et fructifier. 2. Néanmoins, au cours de cette première phase de transition politique, la Tunisie a supporté un coût économique très important. Lequel coût est, à mon sens, prévisible et même indispensable. Cependant, il est aussi vrai que nous aurions pu le réduire. Je cite dans ce contexte, quelques indicateurs économiques qui reflètent ce coût économique ainsi que son ampleur :
• Baisse de la croissance économique au cours du premier trimestre de 2011 de 3,4% et de 0,5% durant le deuxième trimestre avant d’observer une reprise lors du troisième trimestre (+1,5%). Pour l’ensemble de l’année 2011, il serait, à mon avis, difficile de réaliser un taux de croissance positif. • Baisse de l’indice de la production industrielle de 3,9% durant les six premiers mois de l’année en cours. . • Baisse des recettes touristiques de 34,1% à fin novembre 2011. • Aggravation du chômage à une moyenne de 18,3% au mois de mai 2011 contre 13% un an auparavant ! Ce taux de chômage global cache des taux encore plus élevés, respectivement, pour les jeunes diplômés et dans les régions de l’intérieur. • Recul des Investissements étrangers de 27,4% durant les 10 premiers mois de 2011. • Accélération de l’inflation au cours des derniers mois qui atteint 3,4% à la fin du mois d’octobre 2011. • Accroissement du déficit courant qui est, désormais, de 5,7% du PIB à fin d’octobre dernier. • Le niveau des réserves en devises a diminué de 2,5 milliards de dinars à la date du 6 décembre 2011 par rapport à la fin de 2010. • Les pertes de la Bourse de Tunis ont atteint, au 16 novembre 2011, les 7,6%. . 3. A mon avis, l’accroissement du gap entre les attentes et aspirations des Tunisiens, surtout des jeunes, d’une part, et la réalité économique du pays, d’autre part, demeure parmi les défis majeurs au cours de cette période de transition. Pendant une période aussi courte et surtout dans un contexte de transition où les priorités du gouvernement résidaient dans la préservation des équilibres financiers et la tenue des élections dans un climat social et sécuritaire stable, il était pratiquement impossible de répondre à toutes ces attentes, ou du-moins à la majeure partie d’entre-elles. Toutefois, je comprends la détermination des Tunisiens pour la réalisation de leurs revendications, légitimes par ailleurs, avec l’enracinement de la crainte, naturelle, envers l’autorité ou le régime en place. De ce fait, le retour des sit-in et des mouvements de grèves peut être attribué au climat de méfiance et de doute des Tunisiens par rapport à un éventuel renoncement à la concrétisation de leurs revendications.
4. Cela nous amène à l'importance que revêt une analyse objective des résultats des élections qui, à mon sens, reflète la détermination des Tunisiens pour rompre avec le passé ce qui est, à même, de concrétiser un changement fondamental vers une démocratie effective. Ainsi, lors des dernières élections, les tunisiens ont choisi de se faire représenter au sein de l’Assemblée Constituante par un nombre restreint de partis politiques. Ceci fait montre de la détermination à rompre avec la prédominance d’un parti unique sans pour autant tomber dans l’émiettement. Cette démarche reflète, aussi, l’ambition du Tunisien à enraciner le travail collégial pouvant assurer le consensus et renforcer la stabilité politique, économique et sociale.
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1. Les préalables d'une transition démocratique et économique réussie et la réalisation des objectifs de la révolution
Cette lecture rapide des causes et des facteurs du déclenchement de la révolution tunisienne, d’une part, et des leçons de la première phase de transition, d’autre part, permettrait de tirer certaines conclusions quant aux répercussions sur les chances d’aboutissement d’une transition politique et économique en Tunisie. Nous savons que le succès de toute transition démocratique n'est jamais assuré d’avance. Des études indiquent qu'un nombre important de transitions politiques échouent. Sur le plan économique, quelque 40% des 103 processus de transition démocratique recensés lors des 50 dernières années se sont accompagnés d'une détérioration de la situation économique pour une période supérieure à cinq ans. En revanche, dans 50% des expériences, les pays ont pu retrouver le rythme de croissance une année après l’avènement de la transition. Aujourd'hui, nous sommes devant un choix : allons-nous emprunter le chemin qui mène au succès ou bien celui qui mène à la crise et la récession économique ? Il s’agit là d’un sujet d’une première importance dans la mesure où il est en relation avec la nature même et le degré de réussite de la transition démocratique. A cet égard, je voudrais avancer un certain nombre d'observations : Premièrement, les résultats économiques enregistrés au jour d'aujourd'hui, nous placent dans la norme des expériences de transition démocratique. Il est prévu que le taux de croissance économique pour cette première année avoisinerait zéro. Parallèlement, les divers indicateurs économiques demeurent préoccupants tant au niveau de l’emploi, que la situation des entreprises économiques, les finances publiques ou les paiements extérieurs. Il est à signaler, toutefois, que, parallèlement, nous avons préservé une importante stabilité dans un certain nombre de domaines, comme c'est le cas dans le secteur bancaire et de l'inflation. Ainsi, je demeure convaincu que nous pouvons amorcer un tournant économique positif si nous arrivions à regagner la confiance des intervenants économiques et à prendre les décisions adéquates pour relancer l’économie, d’une part et préserver les équilibres financiers, d’autre part. Deuxièmement, l’instauration effective de la bonne gouvernance demeure parmi les principaux facteurs de la réussite économique et ce, compte tenu du changement institutionnel qui en découle et qui permet de rassurer tant les citoyens que les investisseurs et de relancer la croissance. Comme vous le savez, parmi les éléments-déclencheurs de la Révolution figurent la corruption, le clientélisme et la confiscation des structures de l’Etats au profit des intérêts d’une minorité. Aussi, il est vrai que l’instauration d’un régime politique et institutionnel fondé sur la bonne gouvernance constitue, pour la Tunisie, un facteur fondamental à même de relancer la croissance économique et la création des richesses non seulement sur le moyen terme mais aussi à court terme. Parmi les principaux aspects de la bonne gouvernance, on trouve l’équilibre entre les pouvoirs ainsi que la transparence et la responsabilisation dans la mesure où les attributions des différentes structures et institutions sont clairement définies et équilibrés. Par ailleurs, leur administration doit rester conforme aux normes de la bonne gouvernance de manière à garantir la bonne performance et la correction en cas de besoin. Ceci s’applique à tous les domaines en l’occurrence l’administration, les corps de la magistrature, la sécurité, les autorités régionales…etc. Il est à signaler que ces principes de la bonne gouvernance s’appliquent, également, à la Banque Centrale de Tunisie en tant qu’institution majeure dans le système économique et financier.
La notion d’indépendance des banques centrales est apparue dans la littérature économique depuis, voila, trois décennies en tant que nouveau concept de la relation entre le gouvernement et l'Institut d’Emission. Elle a commencé à être consacrée dans plusieurs pays développés ou des pays en développement dans les deux dernières décennies. Le recours à ce type d’organisation de la relation entre le gouvernement et l'Institut d’Emission sur la base du principe de l’indépendance est apparue à la lumière des résultats d’études exposant la tendance des gouvernements à utiliser la politique monétaire à des fins de court terme et souvent en relation avec des échéances électorales. Dans de nombreux cas, cette situation a conduit à une instabilité financière, une volatilité de la politique monétaire et à l'inflation avec ce qu’elles englobent comme répercussions négatives sur la croissance économique à moyen et à long terme. La consécration du principe de l'indépendance de la Banque Centrale permet de créer une barrière institutionnelle entre le gouvernement et la politique monétaire qui doit être, exclusivement, du ressort de la Banque Centrale et ce, sans intervention, aucune, de la part du gouvernement. Cette consécration du principe de l'indépendance de la Banque Centrale est possible à travers l’adoption de diverses mesures d’ordre juridique et fonctionnel à l’instar de : - L’indépendance réglementaire qui concerne les conditions de nomination et de révocation du Gouverneur de la Banque Centrale et des membres du conseil d’administration ainsi que la durée de leur mandat.
- L’indépendance fonctionnelle qui attribue à la Banque Centrale toutes les prérogatives et attributions pour la conduite de la politique monétaire sans l’intervention du gouvernement.
- L’indépendance financière consiste, d’une part, en l’interdiction à la Banque Centrale d’octroyer des prêts au trésor public pour financer son déficit et, d’autre part, le fait de doter la Banque Centrale des ressources financières et un budget indépendant du gouvernement. Il est à signaler que l’indépendance de la Banque Centrale de Tunisie n’est pas synonyme d’une liberté totale et dépourvue de toute responsabilisation. C’est tout au contraire. L’indépendance de la Banque Centrale intègre le principe de la mise en place de mesures de responsabilisation et de transparence y compris le contrôle financier. Aussi, les objectifs fondamentaux de la Banque Centrale sont souvent prédéterminés par le législateur et la Banque doit rendre compte au pouvoir législatif mais aussi à l’opinion publique. Toutefois, il importe de préciser que tous les pays n’utilisent pas les même approches et nécessaire pour consacrer le principe de l’indépendance. À cet égard, l’on note que la Banque Centrale de Tunisie a été pionnière dans la mesure où, dès sa création, elle a été dotée d’une grande marge d’indépendance par rapport au gouvernement. Ceci s’est poursuivi durant une longue période et a même été renforcé en fixant, par la loi, la durée du mandat du gouverneur à six ans. Cependant, le problème de responsabilisation de la Banque Centrale a persisté, notamment du fait que le gouverneur est resté soumis à l’autorité du Président de la République ce qui a rendu son indépendance relative, voire-même ambigu. Après la révolution du 17 décembre 2010, et dans la perspective d’une démarche de transition démocratique fondée sur la séparation des pouvoirs, l’indépendance fonctionnelle de la Banque Centrale a été, de manière pratique, renforcée, dans le cadre légal existant et conformément à un consensus entre les parties prenantes, à savoir la présidence de la République et le gouvernement. Il était aussi envisagé de consacrer et renforcer juridiquement cette indépendance par son inscription dans la constitution. Il est à préciser que le choix de l’indépendance de la Banque Centrale doit être en cohérence avec le système de fonctionnement global de l’Etat instituant la bonne gouvernance et déléguant les prérogatives et les responsabilités en fonction du mérite avec la transparence et la responsabilisation exigés. Ceci est à même de consacrer la crédibilité qui est essentielle et fondamentale pour la conduite de la politique monétaire et la supervision bancaire qui demeurent les principaux piliers de la stabilité financière.
Troisièmement, un des principaux défis des transitions démocratiques est celui d’assurer un équilibre et une interaction positive entre les transitions politique et économique. En effet, sans une transition économique réussie - permettant de redresser le rythme de la croissance et de développer les politiques adéquates pour répondre aux préoccupations et aspirations des citoyens - le résultat serait des tensions sociopolitiques pouvant, même, faire avorter la transition démocratique. D’un autre coté, sans une réelle transition politique et en l’absence d’un cadre institutionnel démocratique permettant d’améliorer la gouvernance et l’efficience des politiques socioéconomiques, la croissance se trouverait interrompue et une crise sociale pourrait apparaître. Il est à noter que réussir cette démarche qui concilie entre l’impératif de la transition économique et celui de la transition politique, est un processus difficile qui requiert un suivi permanent et le déploiement de grands efforts de la part de tous les intervenants. A ce titre, je voudrais évoquer un certains nombres de risques : • Les préalables de la transition démocratique et l’instauration d’un système fondé sur la bonne gouvernance sont tributaires de profondes réformes des structures de l'Etat et des différentes institutions. Cependant, ces réformes nécessitent une longue durée pouvant entrainer un manque de visibilité ou une sorte d’incertitude et d’instabilité des institutions, ce qui pourrait entraver l'investissement et la prise de risque qui demeurent les deux facteurs fondamentaux pour la réussite de la transition économique.
• Parmi les menaces les plus importantes pouvant peser sur la transition démocratique demeure l'accroissement du gap susmentionné, entre les attentes et les aspirations de jeunes demandeurs d’emplois et les capacités de l’économie à créer des emplois.
Il est à signaler que la résolution de ce problème requiert l’adoption d’une démarche appropriée à même d’ouvrir des horizons pour les jeunes, néanmoins, cette démarche peut s’avérer difficile et délicate à mettre en place. Aussi, il faudrait répondre à cette demande sans, toutefois, recourir à des solutions de facilité comme le recrutement par l’administration ce qui engendrerait des sureffectifs et pourrait, donc, nuire à la stabilité financière.
• Parmi les facteurs essentiels pour la réussite de la transition économique réside le fait d’assurer une bonne visibilité des politiques économiques pour la prochaine phase, notamment en ce qui concerne le rôle du secteur privé, le degré d’intervention de l’Etat, la politique d'ouverture économique sur le plan commercial et financier, la politique fiscale et la redistribution des richesses…etc. Il est essentiel pour le gouvernement issu des dernières élections de clarifier ses orientations dans ces domaines précités et de veiller à ne pas confondre entre les résultats des expériences passées et les options et politiques de développement, indispensables pour la réalisation du taux de croissance souhaité et la création des emplois auxquels aspirent les Tunisiens. Lesdites options concernent le rôle du secteur privé parallèlement à celui de l’Etat, l’intégration de la Tunisie dans l’économie mondiale et l’adoption des mécanismes de l’économie de marché et ce, tout en veillant à atteindre les objectifs à caractères social tels que l’équité et la protection des groupes vulnérables.
A l’instar de toutes les révoltes, la révolution tunisienne a eu pour objectif de rompre définitivement avec le régime corrompu tout en aspirant à un avenir meilleur. Ces ambitions renferment des défis majeurs comme celui de mettre la transition démocratique au service d’une performance meilleure de l’économie et vice-versa, et par conséquent répondre aux aspirations de tous les Tunisiens. Je suis conscient qu’en combinant tous les efforts et les intentions sincères, nous pouvons réussir la transition démocratique à même de permettre à la Tunisie d’aller de l'avant sur la voie de la réussite et de la consécration des principes de la dignité, de l’équité et de la liberté en tant que piliers fondamentaux du système politique, économique et social.
Enfin, je renouvelle mes remerciements à la Fondation Temimi pour la Recherche Scientifique et l'Information pour l'organisation de ce congrès qui nous a permis d'échanger nos idées et analyses et ce, pour le bien de la Tunisie.
Merci pour votre attention et mes vœux de réussite pour ce congrès.
Prof. Mustapha Kamel Nabli Gouverneur, Banque Centrale de Tunisie
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| Discours de M. Temimi lors du congrès sur la Révolution tunisienne |
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Mrs les Ambassadeurs arabes et internationaux accrédités en Tunisie, M. Mostapha Kamel Nabli, Prof. Klaus Loetzer M. Fathi Triki, Chers invités et assistance,
La plupart des observateurs, dans le monde arabe et au niveau international, s’accordent à dire que l’étincelle du printemps arabe s’est allumée, de façon spontanée, sans encadrement politique d’aucune sorte, dans le fin fond du territoire tunisien. Les revendications essentielles étaient de rendre au tunisien son humanité, sa dignité et de réaliser la justice sociale en adoptant de véritables programmes de développement. Le temps des slogans trompeurs était révolu ainsi que celui des politiques qui n’ont fait qu’aggraver les injustices sociales au sein du pays. La cause en est, entre autres, la propagation du virus de la corruption dans un pays qui était soumis à un groupe de mafieux à la tête duquel se trouvait un gouvernant qui ne connaissait rien aux règles de la bonne gouvernance. Nous sommes aujourd’hui tous conscients des conséquences désastreuses de la corruption grâce au rapport de la commission nationale d’investigation sur les affaires de corruption et de malversation. Nous devons cette révolution aux jeunes qui en ont donné l’étincelle mais également aux blogueurs tunisiens mobilisés depuis les événements du bassin minier, tous deuxont joué un rôle essentiel dans l’ébranlement du système sécuritaire en envoyant des milliers de mails et de publications à travers le monde et en plusieurs langues. Un rôle important a également été joué par les événements Sit-in d’al-kasbah 1 et 2 qui a prouvé la capacité de résistance des héros de cette révolution. Il y a également un autre groupe d’hommes politiques, de véritables combattants qui ont lutté et contribué, grâce à leurs positions courageuses et à leurs articles, à la réussite de cette révolution. Cette dernière a eu des répercussions dans tout le monde arabe, en Egypte, en Libye, au Yémen et en Syrie, formant ensemble un printemps arabe qui a réussi à faire tomber les pires dictatures du XXIème siècle. Ces dictatures avaient privé nos peuples du développement véritable, de la pratique de la démocratie, de la bonne gouvernance et d’une redistribution sociale juste. Le printemps des révolutions arabes est un message adressé au monde entier : nous commençons une nouvelle ère ; nous sommes des peuples à la longue histoire et nous avons contribué à la construction de la civilisation humaine. Nos pays sont des musées à ciel ouvert qui témoignent de tous les apports de notre espace à la civilisation humaine depuis des siècles. Nous sommes très fiers de cette nouvelle page que nous écrivons malgré certains problèmes de sécurité et de difficultés économiques et nous sommes sûrs que nous entrons dans une phase nouvelle de la construction d’une société arabe équilibrée même si cela nécessitera du temps. Nous parions sur la jeunesse qui compose 60% de nos populations et nous restons donc confiants quant à l’avenir. Je voudrais terminer en remerciant chaleureusement M. Klaus Loetzer, le Représentant de la Fondation Konrad Adenauer à Tunis et en Algérie, qui nous a garanti le soutien de la Fondation pour l’organisation de ce congrès. Le partenariat scientifique entre nos deux institutions s’en trouve ainsi renforcé. Le but est d’honorer la révolution tunisienne de la démocratie et de la dignité qui a suscité l’admiration des peuples arabe et allemand et du monde entier. *** Je tiens également à remercier les participants qui nous ont tous accordé leur confiance en acceptant notre invitation. Notre révolution sera défendue par le peuple, la jeunesse et les élites. Espérons que la prochaine équipe gouvernementale aura le privilège de construire la nouvelle Tunisie, qui œuvrera au rétablissement de la confiance de tous, Tunisiens et partenaires économiques arabes et européens. Dans ce cadre, nous nous efforcerons, à travers les activités de notre indépendante Fondation, depuis trois décades aujourd’hui à participer à cette nouvelle construction surtout que l’ambiance aujourd’hui encourage la prise de nouvelles initiatives et merci de votre attention.
Tunis le 05/12/2011 Abdeljleil Temimi
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| Discours du Prof. Fethi Triki au nom des participants |
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Mes Dames et Messieurs, Je ne sais pas si ce que je vais dire aujourd’hui traduit bien les sentiments de tous les participants à ce forum, mais je suis sûr qu’il ne s’écarte pas de la vérité palpable et qui va certainement avoir l’adhésion de tous Celui qui prête attention à l’immense activité de la Fondation Temimi comprendra que finalement ce qui était en jeu c’est de comprendre les «conditions de fonctionnement», les «techniques» et les «mécanismes» de ce l’on peut appeler l’histoire de la présence, présence de notre modernité, présence de notre contemporanéité. Il y a là une manière d’entreprendre une archéologie de la présence et une recherche probablement d’une matrice commune à notre vivre-ensemble. Que ce soit dans le cycle des témoignages entrepris depuis des années dans la Fondation ou dans les colloques et séminaires spécialisés ou encore dans les innombrables forums de la pensée contemporaine, il y a une volonté d’introduire une sorte d’opération chirurgicale qui consiste à remonter l'histoire à partir d'un système contemporain proliférant - une technologie diversifiée de documentation, d’archivisation, de recherches, de réflexion scientifique - à isoler du corps entier ce qui va être la cause de sa santé ou de sa maladie, et à expliquer son fonctionnement actuel par sa genèse au cours des plis de l’histoire. Pour la Fondation, 1'histoire est recherche profonde et sérieuse. Mais elle est aussi du domaine du récit, de la narrativité, de l’art de dire: l’histoire est, en quelque sorte une narrativisation des pratiques dévoilées, décelées, isolées et expliquées. L'histoire est discours, ou plutôt un savoir-dire4. Mais ce récit n'est plus totalisant et ne cherche ni l'universel, ni l'unité de l'événement. Au contraire, par la pratique du soupçon, quelque fois de la dénonciation, par les détours (le rire de Nietzsche), il laisse entrevoir la possibilité de construire une histoire plus nettement pluraliste. Ce que la Fondation a compris c’est que l'histoire habite à la frontière du dire et du savoir. Elle est enquête, critique, classification, dévoilement mais aussi discours produit par et sur cette frontière. Ce «territoire» de' l'histoire lui donne le privilège de ne plus être réductionniste et totaliste, d'être au contraire pluridimentionnelle et de se déployer dans l'espace de la diversité. L'esprit historien est fondamentalement une intervention ra¬tionnelle dans la pluralité et l'extrême diversité des faits et des événements pour en définir les genèses, les modes de constitution, les finalités, les parcours, bref l'intelligibilité qui peut rendre compte à la fois de la singularité des faits et la totalité de l'événement. En effet, la particularité de l'activité de l'historien réside dans la double relation qu'elle entretient avec le réel; d'une part, comme tout archiviste et tout historiographe, l'historien essaie de déterrer le réel passé avec ses faits et événements, de le vérifier, déchiffrer, analyser ou tout simplement revivifier; d'autre part, comme tout penseur et tout savant, il se met nécessairement en relation avec son réel présent, c'est-à-dire le champ de déploiement et d'exercice des procédés méthodologiques qu'il est amené à utiliser pour mieux connaître le réel. En ce sens, le discours de l'historien n'est pas seulement narratif et descriptif, il est aussi clinique, analytique et critique. C’est dans ce cadre précis que la Fondation a mis en place ce Forum de la pensée contemporaine qui fête aujourd’hui son 35° édition. Et c’est dans ce cadre aussi que ce Forum diagnostique la révolution tunisienne alors qu’elle se fait maintenant, minute après minute dans la joie et la douleur, un processus édifiant d’une nouvelle ère non seulement du monde arabe mais probablement du dit tiers-monde. C’est là la preuve que, sur l'activité historienne, s'édifient certes des systèmes entiers d'idéologie qui prétendent «offrir de la société, de son passé, de son présent, de son futur une représentation d'ensemble intégrée à la totalité d'une vision du monde», mais aussi une approche non unitaire, non idéologique, un forum d’esprits libres qui s'éloigne de la simple chronique des événements et se veut de plus en plus un travail de laboratoire, un travail de réflexion pluraliste; l'histoire de la présence réfléchit désorr¬mais en termes de sciences économiques, de statistiques, de formes d'institution, de variation, de niveaux de vie, de structures, de mathématiques, de géographie, de stratégies, de philosophie. Au nom de tous les participants, je voudrais rendre hommage au professeur Abdeljalil Temimi le fondateur de cette extraordinaire entreprise académique et le remercier vivement pour avoir permis cette nouvelle manière d’écrire l’histoire, unique au monde arabe, et cette approche pluraliste qui incite les gens, c'est-à-dire, le chercheur, l’étudiant, mais aussi le politicien, l’idéologue, le décideur, à réfléchir et à être toujours responsable dans l’événement qui constitue son être. Prof. Fethi Triki |
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| Avis à nos affiliés |
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La Revue Leaders dirigée par M. Taoufik Habaib, en date du 16 courant a inséré la liste de mes articles et livres en français et ce depuis 1972 jusqu’aujourd’hui, liste jamais publiée auparavant. Malheureusement les mauvaises langues et une jalousie affichée ont fait circuler sur facebook, que je suis un pro-arabe eu égard à mes prises de positions pour défendre l’arabité de ce pays ; je voudrai leur adresser ce message : qu’aucun homme de lettres ou historien tunisien, voire maghrébin depuis l’indépendance n’a honoré la langue française à travers ses publications que ma personne, tout en indiquant que tous mes travaux ont été publiés également dans ma langue maternelle depuis toujours. L’honnêteté et une vertu en perte de vitesse dans ce pays ! Ci-joint, http://www.leaders.com.tn/article/abdeljelil-temimi pour votre information, la liste publiée par Leaders.
Abdeljelil Temimi
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| Le 35ème congrès du Forum de la Pensée Contemporaine sur :
La révolution tunisienne : début d’une nouvelle ère dans les pays arabes
Fondation Temimi – Tunis 08-09 et 10 décembre 2011 |
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Le printemps arabe révolutionnaire fait entrer les Arabes dans l’Histoire
Prof. Abdeljelil Temimi
L’espace arabe, au Maghreb comme au Machrek, vit une situation inespérée depuis les indépendances politiques. Cette période se caractérise par une prise de conscience aigue du citoyen arabe qui revendique ses droits essentiels et sa part dans le processus de développement qui l’a complètement marginalisé. La faute en incombe à la corruption qui s’est généralisée dans les structures de l’Etat et chez les responsables qui ont adopté des politiques sécuritaires et refusé le principe de l’alternance pacifique au pouvoir. Ces raisons expliquent, en partie, le fait que les sociétés arabes n’ont pas encore expérimenté la démocratie, une des principales demandes formulées par les révolutions arabes. Le monde arabe a une dette envers la révolution tunisienne de la dignité et de la démocratie qui a su donner l’exemple aux révolutions égyptienne, libyenne, yéménite, syrienne et bien d’autres. Elle a également suscité le mécontentement dans de nombreux pays du Maghreb, du Machrek ou même au niveau international. La révolution tunisienne est d’autant plus importante qu’elle a été suivie par l’organisation des premières élections libres et transparentes du monde arabe. A la lumière de ces événements importants, et à l’occasion du premier anniversaire de cette révolution commencée le 17 décembre 2010 et non le 14 janvier 2011, révolution grâce à laquelle les Arabes entrent dans l’histoire par la grande porte ; nous prenons donc l’initiative d’organiser ce 35ème congrès international avec la participation d’historiens, de juristes et de sociologues arabes et internationaux afin d’étudier ensemble les conséquences de cette révolution au niveau arabe et international. Nous tenons à remercier la Fondation Konrad Adenauer et son représentant, M. Klaus D. Loetzer qui a soutenu l’organisation de cet événement scientifique sans intervention dans les orientations, fruit d’un partenariat scientifique constructif et prometteur. Nous remercions également nos collègues participants et leur souhaitons un bon séjour dans la Tunisie de la révolution de la démocratie.
Tunis le 13/11/2011 Abdeljelil Temimi
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| Parution d’un ouvrage de référence sur la Révolution Tunisienne |
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Depuis le début de la révolution tunisienne, nous avons organisé 23 rencontres auxquelles des personnalités politiques, juridiques, intellectuelles, économiques et syndicales ont été invitées. Elles ont parlé de la révolution, des moyens susceptibles de faire aboutir ses objectifs et de la protéger des dangers intérieurs et extérieurs. Cette révolution ingénieuse compte, aux yeux des stratèges qui suivent l’évolution du printemps arabe, comme un acquis inestimable, ayant changé à jamais la réalité de la scène politique dans notre pays et dans le monde arabe. Les textes de ces vingt trois rencontres constitueront probablement dans l’avenir une référence incontournable pour les historiens et les chercheurs tunisiens, arabes voire internationaux toutes tendances et spécialités confondues. Nous avons vécu et enregistré le rythme de cette révolution au jour le jour en entamant un dialogue direct avec de nombreux leaders et opposants de l’ancien régime. Nous tenons à remercier nos invités ainsi que le public fidèle de ces rencontres depuis leur début. Je tiens à les remercier pour leur coopération, leur confiance et leurs encouragements à publier ce livre référence sur la révolution tunisienne. Nous espérons en tant qu’historiens profondément attachés à cette révolution, avoir assumé notre devoir envers cette illustre révolution, événement important de l’histoire du temps présent de notre pays. Espérons que les responsables, élites, leaders, hommes d’affaires et directeurs apprécient à sa juste valeur cette réalisation qui fait honneur à tous, face au silence des autres institutions nationales, françaises ou autres. Prof. Abdeljelil Temimi
Table des matières du Deuxième Tome 2- Partie française
-A.Temimi : Avant propos ……………………….……………… -A.Temimi : l’observatoire de la révolution tunisienne à travers les prises de positions des leaders politiques et élites…………………………………… - Nicolas Beau : Dysfonctionnement et défaillance du système Ben Ali et enjeux géopolitiques de la nouvelle Tunisie……………………………. - Interview avec Pr Abdeljelil Temimi publié dans le journal ‘la Presse’ en date du 12 Septembre 2011 . - Premier communiqué ……………………………………………………………… - Deuxième communiqué …………………………………………………………… - Troisième communiqué ……………………………………………………………. - Quatrième communiqué ………………………………………………………….. - Index des noms de personnes et de collectivités ………………………………….. - Index des noms géographiques ………………………………………………………. - Publications de la Fondation sur les sept congrès sur Bourguiba ainsi que sur les travaux sur la mémoire nationale ………………………………………… Table des matières du Premier Tome 1- Partie arabe
A Temimi : Avant propos ………………………………….. - A Temimi : Préface : L’observatoire de la Révolution Tunisienne à travers les prises de positions des élites - 1ère rencontre le 19 janvier : sur l’évolution de la situation dans notre pays - 2ème rencontre le 22 janvier, défis de la situation politique en Tunisie - 3ème rencontre le 27 janvier, comment assurer le passage de l’Etat sécuritaire à l’Etat civil, la question de la légitimité et la situation constitutionnelle actuelle. - 4ème rencontre le 29 janvier, sur la légitimité constitutionnelle et le passage de l’Etat sécuritaire à l’Etat civil ………………………………………… - 5ème rencontre le 18 février, témoignages des jeunes révolutionnaires………………………………………………………………………. - 6ème rencontre le 30 Avril avec Prof. Yadh Ben Achour sur l’avenir politique du pays………………………..…… - 7ème rencontre le 7 mai avec le Prof. Qayyis Said sur la loi électorale…………………………………………….……… - 8ème rencontre le 26 mars avec M.Abid Briki sur les positions de l’UGTT avant et après la révolution … - 9ème rencontre le 5 mars avec le Dr. Moncef Marzouki sur les mécanismes et les stratégies de protection des acquis de la révolution tunisienne - 10ème rencontre avec M. Mustapha Kamel Nabli, Gouverneur de la Banque Centrale, sur les défis économiques de l’après révolution …………………….. - 11ème rencontre avec M. Mansour Maalla le 4 juin sur les défis de la révolution et l’adoption d’une culture du développement …………………….. 12ème rencontre le 5 février, avec M.Abdel Fatah Mourou, l’un des fondateurs et leaders d’Ennahdha …………. 13ème rencontre le 19 mars avec M.Rachid Ghanouchi fondateur et leader d’Ennahdha …………………..………………………………………………………... Index des noms de personnes et de collectivités .…. Index des noms géographiques ………………………… 2– Partie française A. Temimi. Avant propos ………………………………...
Deuxième Tome 2- Partie arabe
- 14ème rencontre le 12 Mars 2011 avec Mr. Ahmed Najib Chebbi sur l’expérience de M. Ahmed Najib Chebbi au sein du gouvernement de transition et sur l’avenir du PDP dans le futur régime politique …………… - 15ème rencontre le 16 Avril 2011 avec Prof. Ahmed Ibrahim sur Contribution du Mouvement Ettajdid à la Révolution, participation aux deux gouvernements de transition, Quel rôle du mouvement dans l’avenir politique du pays ? …………… -.16ème rencontre le 2 Avril 2011 avec Mr. Hamma El-Hammami sur : Porte parole du Parti Communiste Tunisien (PCOT) autour du rôle de ce parti aujourd’hui et demain dans le nouveau paysage politique de notre pays - 17ème rencontre le 18 Juin 2011 avec Mme Sihem ben Sedrine sur les défis de la transition démocratique ……………………………………………… - 18ème rencontre le 11 Juin 2011 avec Mr. Mokhtar Yahyaoui sur Etat des lieux et défis de la réforme de la justice ……………………………….. - 19ème rencontre le 12 Fevrier 2011 avec Mr. Mustapha Filali ………. - 20ème rencontre le 19 Février 2011 avec Hédi Baccouche ancien Premier Ministre sur : Défis politiques, économiques et scientifiques de la Tunisie après la révolution - 21ème rencontre le 30 Juillet 2011 (Une table ronde) sur : Les normes de la liberté de la presse et des médias en Tunisie six mois après la révolution avec MM Mohamed Haddad, , Hishem Snoussi Nagi Baghouri, Slaheddine Jourchi, Mohamed Komani,………… - 22ème rencontre le 13 Août 2011 avec M. Abou Yaarib al-Marzouki sur : Les conditions de réussite d’une révolution pacifique……………………………..…… - Temimi, Abdeljelil. – Mécanismes de l’oppression menée par l’ancien régime contre nous ………………………………..……………………………………... - Index des noms de personnes et de collectivités .………………… - Index des noms géographiques ………………………………………….. - Publication de la Fondation ………………………………………………
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| Pour la défense de la mémoire collective du peuple tunisien |
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La lettre, transformée en pétition signée par de nombreuses personnes, que j'ai adressée à M. Habib Sid, Ministre de l'Intérieur, a eu un écho très favorable auprès de beaucoup de citoyens. Je proposai en effet de transformer les sous- sols du ministère de l'Intérieur en musée qui vit la torture physique et psychologique de citoyens lors des deux régimes policiers. Il existe pourtant une torture encore plus grave faite à la mémoire collective tunisienne qui consiste en l'oubli de milliers de Tunisiens tombés en désuétude. Je m'adresse à la génération de l'indépendance pour lui demander : quelqu'un se souvient-il encore des femmes avant-gardistes de la société civile tunisienne telles Bchira Ben Mrad, Assia Ghalleb, l'enseignante Fatima Ben Ali, la syndicaliste Habiba Temimi, le premier médecin Tawhida Bencheikh, Zakia Fourati et des centaines d'autres femmes qui ont fait honneur à la Tunisie ? Qui, parmi les hommes d'affaires des finances, garde en mémoire Khidr Houssayn ou encore le rôle joué par Moncef Bey dans l'unification du peuple ainsi que les rôles de Youssef Rouissi et de Habib Thameur, symboles importants dans le mouvement national, ou encore Husayn Triki, le doyen des combattants avec ses 97 ans, qui a lutté pour l’indépendance du Maghreb, de l'Algérie ou de la question palestinienne durant plus de cinquante ans de son séjour en Argentine ou encore le colonel Ezzeddine Azzouz. Avec de nombreuses autres personnes, ils ont fait preuve d'héroïsme dans la défense de l'indépendance politique de notre peuple, devenant ainsi des symboles dans la mémoire collective. Il est vraiment regrettable qu'aucune de ces personnes ne soit citée dans les manuels scolaires et que nos médias, avant et après la révolution, ne leur aient accordé aucune attention. Le même reproche peut être fait aux hommes de cinéma et de théâtre dont aucune œuvre ne rappelle le parcours de ces personnes. La répression intellectuelle et politique des opposants aux orientations politiques, économiques et culturelles de l'Etat, a atteint un tel degré par le passé qu’un grand nombre d’acteurs véritables de la société civile ont été écartés, avant et après l'Indépendance. Ceci englobe les pauvres zeitouniens, les youssefistes martyrs et les combattants qui ont été non seulement torturés et assassinés pour certains, mais également effacés volontairement de la mémoire collective des Tunisiens. Les dirigeants de la future deuxième République sont invités à prendre ces réalités historiques en considération et œuvrer pour la réhabilitation de la mémoire nationale ainsi que d'adopter le principe de la réconciliation nationale à laquelle de nombreux historiens ont vivement réclamé depuis longtemps. J'ai personnellement adressé depuis quelques années une lettre aux hommes d'Etat les invitant à dédommager toutes les victimes de la répression. Notre appel a été entendu depuis de nombreuses années par les Marocains et totalement été ignoré par l’ancien régime policier tunisien. La réalisation de ces demandes sera une des conséquences importantes de la révolution de la dignité et de la démocratie. Prof. Abdeljelil Temimi
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| Lettre ouverte à M. Habib Sid, Ministre de l’Intérieur |
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Je vous prie de bien vouloir prendre connaissance de ma lettre et d’étudier la proposition qui y figure Comme de nombreux concitoyens, j’ai regardé sur la chaîne de télévision nationale comment les autorités administratives de votre ministère ont permis à un groupe d’élèves de visiter les espaces de torture au ministère de l’Intérieur. Ils leur ont permis de dessiner sur les murs et par conséquent de changer l’aspect originel des lieux où les noms des prisonniers sont gravés ainsi que les dates d’emprisonnement et le nombre de jours misérables qu’ils y ont passés. Vous aviez auparavant ordonné le nettoyage de ces lieux à la mauvaise réputation. Toute trace d’instrument de torture dont ont souffert des milliers de Tunisiens avait disparu. Permettez-moi, M le ministre, de vous signaler que ceci est une violation flagrante de la mémoire nationale que nous avons œuvré à conserver à travers les témoignages de ceux qui ont subi des tortures. Ceci me rappelle le témoignage du feu Nourreddine Ben Khidhr qui nous a arraché des larmes en nous narrant les techniques de torture physique et morale qu’il a subi au sein de ce ministère. Des dizaines d’autres tunisiens nous ont également livré leur témoignage. Que tous les responsables au sein de votre ministère sachent qu’ils n’ont aucun droit d’agir ainsi avant de consulter les historiens, les sociologues, les anthropologues et les juristes locaux et internationaux en tant que dépositaires de la mémoire nationale et chargés d’enregistrer les témoignages et de préserver les « lieux de mémoire » qu’il s’agisse du ministère de l’Intérieur ou des prisons. Votre administration n’a aucun droit de transformer les espaces de torture en lieu de visite pour les élèves et les étrangers et d’en changer l’aspect initial. Le ministère essaye de faire montre de transparence et d’intégrité afin de l’utiliser médiatiquement au profit de certains politiciens, ce qui est inadmissible. En tant qu’acteur depuis plus de deux décennies dans la préservation de la mémoire nationale et défenseur de l’école historique tunisienne qui a fait honneur au pays, nous vous demandons instamment de cesser cette mascarade médiatique qui nous fait du tort en tant qu’historiens. Nous vous demandons également d’effacer les traces des dessins qui ont été collés sur les murs de vos geôles. Le ministère doit préserver le caractère originel de ces murs. Ces espaces doivent être conservés afin de témoigner de la torture qui y a été exercée. Je joins ma voix à celle du Dr. Moncef Marzouki qui a suggéré, lors de la rencontre que nous lui avons consacrée au sein de la Fondation, de transformer ces lieux en musée suivant le modèle des pays développés qui préservent tous les éléments matériels en rapport avec leur mémoire nationale. Vous avez-vous-même, M. le Ministre, rendu visite à Berlin où vous avez été accueilli par le Dr. Hubertus Knab, directeur du centre de torture au temps de la Stasi, Gedenkstatte, et vous avez vu comment ce centre a été transformé en musée visité par des centaines de milliers d’Allemands et d’Européens. En espérant que vous prendrez en compte mes suggestions, veuillez agréer, M. le Ministre, mes salutations.
Tunis le 10/10/2011 Prof. Abdeljelil Temimi
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| « Rien ne sera plus jamais comme avant parce que la peur est partie et la parole s’est libérée… » |
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Madame Hédia Barakat, du Journal La Presse a eu le soin de m'interviewer sur la Révolution ; l'interview vient de paraître aujourd'hui, lundi 12 septembre, nous vous l'adressons pour lecture.
Merci de votre attention :"
Entretien avec Pr Abdeljelil Témimi
« Rien ne sera plus jamais comme avant parce que la peur est partie et la parole s’est libérée… »
Dans cette zone de turbulences que traverse la transition démocratique en Tunisie, la posture des chercheurs et des penseurs permet de maintenir le cap. Ils n’ont pas beaucoup d’amis sur facebook. Ils se font rares sur les plateaux télé - contrairement à ce qui se passe en vieille terre de démocratie -. Ils ne figurent pas à l’actualité immédiate de la révolution et de la transition. Mieux, ils l’expliquent, l’analysent, la dédient à la postérité et rendent possible son historicité. Le 14 janvier a remis à la surface du pays une mine insoupçonnée de chercheurs et de penseurs que l’opinion gagne à découvrir et écouter. Sans couleur politique, ni appartenance idéologique, sans optimisme stratégique, ni dramatisation pragmatique, juste avec l’outil scientifique, ils donnent du sens et de la consistance aux évènements. Le sens qui leur manque et l’objectivité et la sérénité qui font entrevoir le futur… forcément meilleur…
Professeur Emérite - Histoire Moderne -, Abdeljélil Témimi en fait partie. Sa fondation (Fondation Témimi pour la Recherche Scientifique et l’Information) a servi d’observatoire non stop de la révolution et de la transition et ses figures et ses courants de pensée. Nous l’avons rencontré.
La Presse :
- Quelle est votre lecture propre de la révolution tunisienne ? Pensez-vous, comme certains, que cette révolution a prématurément cédé la place à une hâtive et improbable démocratie ?
La révolution tunisienne constitue une nouvelle référence pour les peuples opprimés par les dictateurs. Elle a été, avant même les revendications de la démocratie, une aspiration populaire de la part des plus démunis à la dignité et à plus de justice. Pourquoi être pessimiste et parler d’une improbable démocratie. Il y aura certes encore des problèmes économiques et sociaux, certes des périodes de doute et d’incertitude, mais la Tunisie est un pays jeune et la jeunesse a soif de s’inscrire dans la marche du monde aujourd’hui en pleine mutation. Pourquoi douter ? Cinq ou dix ans sont beaucoup dans la vie d’un homme mais peu dans l’histoire d’un pays. Soyons confiants et travaillons à construire notre démocratie même si les obstacles sont difficiles à franchir et les mauvaises habitudes difficiles à corriger. Rien ne sera plus jamais comme avant, déjà parce que la peur est partie et ensuite la parole libérée…
- Quelles sont selon vous les principales caractéristiques de cette phase de transition, ses singularités, ses forces et ses faiblesses ?
Il est vrai qu’après l’effervescence des journées révolutionnaires, des premières semaines de liberté retrouvée où tous voulaient s’exprimer ou s’expliquer, cette période transitoire parait un peu mièvre et pousse certains à désespérer. Mais justement, c’est une période de transition et on ne peut donc pas y prévoir ou concrétiser de grands projets ou de grandes réformes. Cela appartient au futur gouvernement. Cependant, cette période est essentielle en ce qu’elle permet aux différents partis et courants politiques de mieux se faire connaître. Elle permet aussi de découvrir les courants contre-révolutionnaires, de faire la révélation des dossiers politico-financiers douteux et de prendre la mesure, avec plus de sérénité, de l’exploitation terrible dont le pays a été victime sous la dictature. Certains en profitent pour se blanchir, c’est humain et inhérent à toute révolution. Je pense que le peuple tunisien est assez sage pour exiger la justice rendue, pas les purges. Bien que cette période de transition puisse paraître longue, elle permet aux esprits de s’apaiser et de juger plus calmement ; il ne faut cependant pas qu’elle s’éternise.
- Sans couleur politique ni appartenance idéologique, votre Fondation a travaillé sous l’ancien régime, mais a vraiment commencé à faire œuvre de militantisme scientifique depuis les premiers jours de la révolution. Quelle mission vous étiez-vous, dès lors, donnée ?
Près de douze ans avant la révolution, je militais pour une réécriture de l’histoire du mouvement national. J’ai, au sein de la Fondation, procédé à plus de 400 enregistrements de personnalités, toutes tendances confondues, qui ont participé au mouvement d’indépendance et à la construction de l’Etat moderne ; comme j’ai organisé avec le concours de la Fondation Konrad Adenauer en Tunisie, sept congrès sur le président Habib Bourguiba ; mais le régime et ses conseillers lui ont fait ombrage. car à cette époque le 7 novembre était devenu plus important que le 20 mars dans le processus de « débourguibisation » du pays. Persévérer dans cette voie relevait du militantisme scientifique. J’ai vécu la liesse et l’entreprise de l’indépendance, je suis entrain de vivre celles de la révolution, et je suis heureux que mes enfants aient pu vivre cette période exaltante où tout parait possible, où l’avenir s’ouvre à nouveau, pour eux surtout. Dès lors, j’ai participé à ma façon, par ce que vous appelez le militantisme scientifique : une tentative de donner du sens à ce qui se passe, de le réfléchir et le consigner sur les pages de l’histoire.
- Quels sont les débats majeurs et les principales réflexions que votre Fondation a suscités et accueillis au long de cette période de transition ? Pensez-vous qu’ils ont répondu aux grandes questions que se pose le pays et qu’ils ont eu l’impact attendu auprès du public et des médias ?
Il est quasi impossible de traduire l’essence des débats et des réflexions qui ont eu lieu de part et d’autre. Notre Fondation a reçu des personnalités politiques, des juristes et des économistes, des intellectuels et des universitaires. Beaucoup ont parlé de la révolution et des moyens à mettre en œuvre pour la sauvegarder, mais aussi faire aboutir ses objectifs de démocratie, de dignité et de justice car cet acquis a changé à jamais la réalité politique dans notre pays et dans le monde arabe.
Les textes de ces vingt-six rencontres constitueront dans l’avenir une référence incontournable pour mesurer et sentir l’effervescence suscitée par la révolution ; l’ouvrage aura pour titre « Observatoire de la révolution tunisienne ». Il sera présenté en 2 tomes et sur 1000 pages. Nous avons suivi le rythme des événements en entamant un dialogue direct avec de nombreux leaders politiques et d’opposants à l’ancien régime et avons donné la parole à près de 500 personnes, panel de l’opinion publique tunisienne. A travers ces échanges, les Tunisiens et Tunisiennes ont redécouvert leur attachement profond aux acquis de la modernité. Les débats ont souvent été riches, salutaires, parfois controversés, mais tous reflétaient le désir profond que la révolution réussisse.
En ce qui concerne les médias, quelques journaux en langue arabe ont publié des extraits de ces rencontres, mais beaucoup ont ignoré les 90 heures d’enregistrement des témoignages des leaders politiques, économiques et intellectuels. Cette diffusion aurait pourtant pu contribuer à éclairer l’opinion publique.
- Dans le cadre de vos rencontres régulières, un débat crucial a eu lieu sur le thème de la bonne gouvernance. Qu’est-ce que la bonne gouvernance et en quoi cette notion importe aujourd’hui ?
La bonne gouvernance aujourd’hui est une exigence de la mondialisation. Elle doit garantir la participation du peuple aux choix d’avenir, la répartition plus juste des richesses du pays aux régions et aux habitants, la lutte contre la corruption, laquelle est monnaie courante dans le monde arabe. Le peuple tunisien a trop souffert de la mauvaise gouvernance de l’ancien régime. La révolution a permis de mesurer l’ampleur de la corruption et du dysfonctionnement administratif dans notre pays. C’est vrai, il se disait et certains le savaient, mais nul ne pouvait mesurer la réelle profondeur du gouffre dans lequel nous étions plongés. C’était la trahison du pacte moral qui doit exister entre gouvernants et gouvernés. En partenariat scientifique avec l’ambassade des Pays-Bas en Tunisie, nous avons organisé un congrès sur la bonne gouvernance. Le rapport final stipule que le concept de bonne gouvernance est un contrat ayant pour clauses fondamentales la confiance, la transparence et le respect mutuel.
- Quelles seraient selon vous, les conditions de réussite d’une révolution pacifique et d’une transition démocratique ?
Pour que l’après révolution soit une réussite – malgré les obstacles, et il y en aura -, il faut éviter de renouveler les erreurs passées et de croire que seuls les gouvernants savent ce qui est bon pour le peuple. Il faut surtout que les villes prospères se réconcilient avec l’intérieur marginalisé, souvent oublié, presque méprisé ; ne nous étonnons pas si une certaine haine est encore perceptible dans son attitude. Un mea culpa et une reconnaissance du rôle fondamental des populations du Sud dans le mouvement d’indépendance est aujourd’hui nécessaire comme l’a souligné notre collègue Hassine Raouf Hamza dans une conférence magistrale à la Fondation au début de la révolution.
Ne pas oublier que la révolution n’a pas été déclenchée par les populations des grandes villes mais par celles de l’intérieur du pays, et ce, deux ans auparavant dans le bassin minier de Redeyef où la répression fut terrible. Rétabli cette justice doit être le rôle du prochain gouvernement et de l’Assemblée Nationale Constituante qui aura la mission combien historique de préparer notre nouvelle constitution, comme il aura pour tâche de redynamiser la promotion sociale et de permettre aux enfants diplômés de ces régions participer à l’avenir du pays et de leur région. Permettre aux talents d’éclore, d’où qu’ils viennent, garantira la pérennité des acquis de la révolution pacifiquement. Sinon, nous créerons une situation très dangereuse, que je n’ose qualifier d’autre chose ! Et, dans ce sens, le temps presse.
- Quel aura été selon vous le rôle des penseurs, des chercheurs et des universitaires dans la clarification des zones d’ombre de la révolution et de transition ?
Je relève que les juristes ont envahi la scène médiatique et la presse écrite pour n’évoquer, en général, que des questions à caractère purement juridique, ce qui est très important dans la phase de transition que nous traversons. Mais ces débats entre enseignants juristes, avocats et juges se sont engagés dans une lutte d’influences déclarée, alors que le devoir de tous était de poursuivre et diffuser les nobles objectifs de la révolution.
L’attitude des penseurs, chercheurs et universitaires est pratiquement absente, à part quelques sociologues et historiens, hommes libres qui se sont investis pour cette belle et magnifique révolution moyennant une campagne partisane de leur propre idéologie de droite ou de gauche. Il y a beaucoup de zones d’ombre non élucidées, de champs d’études restés vierges quant aux rôles des femmes de l’intérieur du pays, des marginaux de la société et surtout des jeunes qui ont eu le premier sit-in de la Kasbah 1, 2 et 3 et comment les intellectuels, toutes tendances confondues n’ont pas rendu hommage à ces vrais enfants de la révolution. D’autre part, un nombre d’historiens chercheurs ont été induits en erreur par le rectorat de Sousse pour organiser un minable congrès sur la ville natale du président déchu, Hammam Sousse avec la complicité des pro-Ben Ali, c’est une honte. Mais nombre d’historiens ont mené un véritable combat intellectuel digne de défendre la révolution, moyennant des recherches, des écrits et des participations à des séminaires et rencontres scientifiques. L’histoire en sera le juge.
- Huit mois après, la révolution tunisienne semble être en manque d’éthique, à court de sens et d’idées… Comment l’expliquer ? Comment y remédier ?
Pour comprendre les spécificités de la révolution tunisienne, il faut étudier la chape de plomb sous laquelle vivait notre pays pendant le dernier quart de siècle, voire depuis l’indépendance. Toute forme d’organisation de la société civile a été mise sous contrôle de l’Etat, les médias également. Ce qui s’est répercuté par la suite sur la révolution qui, sans direction ni idéologie, a été adoptée par les contre-révolutionnaires mêmes. Il faut signaler que ceux-ci n’expriment pas les vraies valeurs de la révolution, parce qu’ils sont incapables de changer les logiciels qui datent du règne du président déchu. Et s’ils sont en manque d’éthique ou d’imagination, cela n’engage en rien la révolution elle-même. Les Tunisiens se sentent enfin libres ! La liberté les aidera à imaginer un avenir meilleur, à saisir le vrai sens de l’histoire et s’y engager. Et c’est ça le vrai sens de cette grande révolution tunisienne.
Interview réalisée par Hedia Baraket
Pavés
1 - Bien que cette période de transition parait longue, elle permet aux esprits de s’apaiser ; il ne faut cependant pas qu’elle s’éternise.
2 - Nous avons suivi le rythme des événements en instaurant un dialogue direct avec de nombreux leaders politiques et opposants à l’ancien régime et avons donné la parole à près de 500 personnes, panel de l’opinion publique tunisienne.
3 - Les débats ont été riches, salutaires, parfois controversés, mais tous reflétaient le désir profond de faire réussir la révolution ; leur médiatisation aurait pu contribuer à éclairer l’opinion publique.
4 - La bonne gouvernance doit garantir la participation du peuple aux choix d’avenir, la répartition plus juste des richesses, la lutte contre la corruption… C’est un contrat ayant pour clauses la confiance, la transparence et le respect mutuel.
5 - Les débats médiatiques entre enseignants juristes, avocats et juges se sont engagés dans une lutte d’influences déclarée.
6 - Nombre d’historiens ont mené un véritable combat intellectuel : des écrits, des participations scientifiques. L’histoire en jugera.
7 - La révolution a été adoptée par les contre-révolutionnaires. S’ils sont en manque de valeurs, d’éthique ou d’imagination, cela n’engage en rien la révolution.
8 - Les Tunisiens se sentent enfin libres ! La liberté les aidera à imaginer un avenir meilleur, à saisir le vrai sens de l’histoire et s’y engager. |
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| Vient de paraître aux publications de la Fondation Le 33ème congrès du Forum de la Pensée Contemporaine sur : |
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LA BONNE GOUVERNANCE : ENJEUX ET DEFIS POUR LE MAGHREB
Etudes réunies et préfacées par Prof. Emérite Abdeljelil TEMIMI
Publications de la Fondation Temimi pour la Recherche Scientifique et l'Information & l’Ambassade des Pays-Bas en Tunisie Tunis, Juillet 2011
********************* LA BONNE GOUVERNANCE A LA LUMIERE DES REVOLUTIONS ARABES
Prof. Abdeljelil TEMIMI
Les sociétés arabes n’ont pas connu un débat animé et approfondi autour de la notion de la bonne gouvernance comme celui entamé depuis quatre mois, c'est-à-dire depuis le début des révolutions arabes à commencer par la tunisienne. Elle a révélé l’ampleur de la mauvaise gestion imposée à la société tunisienne tout comme celles des autres sociétés arabes : égyptienne, libyenne, syrienne, yéménite…etc. Les responsables administratifs intègres et patriotes capables de protéger l’intérêt public ont été écartés. Nous avons vu comment les institutions publiques et privées ont été gérées par des responsables corrompus et inaptes scientifiquement et « patriotiquement » ont pillé le pays faisait fi des lois et les utilisant à leur profit. Ils ont laissé leurs peuples succomber sous le poids de la pauvreté et de la privation après les avoir obligés à se défaire d’une part de leur humanité. Ce sont les conséquences les plus directes de la corruption administrative qui a touché les institutions financières, économiques, judiciaires, universitaires ainsi que les institutions étatiques et privées, nous éloignant des principes de la bonne gouvernance. La révolution de la dignité et de la démocratie, qui a renversé l’ancien régime, nous a montré, preuves irréfutables à l’appui et des milliers de dossiers évoqués sur les chaines de télévision nationales et étrangères, l’ampleur du dysfonctionnement administratif, de la corruption et de la trahison du pacte moral par les responsables politiques qui ont foulé aux pieds toutes les valeurs nobles. Nous resterons redevables à la révolution tunisienne qui a appelé à appliquer la bonne gouvernance, droit fondamental et seule garante de la participation populaire dans la gestion des affaires du pays, loin du clientélisme détestable et des allégeances partisanes ou tribales, importants maux qui ont touché nos sociétés depuis un demi siècle d’indépendance. La tyrannie administrative explique la nature et les mécanismes de la prise des décisions arbitraires et injustes dont les conséquences ont été destructrices. Nous n’avons pas réussi à réaliser le développement durable de notre société, ni n’avons réussi à instaurer une justice indépendante, pilier de la bonne gouvernance. Une des causes de ces transgressions est le fait que les compétences locales, de différentes spécialités, n’ont pas été employées. Elles ont au contraire été combattues, marginalisées et écartées des planifications et programmes de développement. Plus encore, certaines ont été jugées et emprisonnées parce qu’elles avaient osé critiquer la politique étatique et avaient refusé de soutenir ses choix économiques et sociaux, mettant en garde l’opinion publique et internationale trompées par des statistiques fabriquées. A la lumière de ce qui précède, nous pouvons dire que le mérite essentiel de la bonne gouvernance est l’ouverture d’un dialogue avec toutes les parties et l’utilisation des compétences pour le bien public qui devrait conduire, en cas d’application, à la démocratie. Il n’est pas possible de réclamer la démocratie sans préparer le terrain en exigeant l’application de la bonne gouvernance, point sur lequel nous avons insisté dans ce trente-troisième congrès du Forum de la Pensée Contemporaine. Les lecteurs sont invités à s’attarder sur le contenu, en arabe et en français, de cet ouvrage et surtout sur les débats entamés entre les participants, révélant une base de données unique portant sur les conditions de l’établissement de la bonne gouvernance dans différents domaines. Ces débats ont été traduits en français afin de permettre à l’opinion publique européenne de saisir les problématiques évoquées dans un climat académique exceptionnel et indépendant au sein de notre Fondation. J’aimerais saisir cette occasion pour remercier l’ambassadeur des Pays Bas, Madame Caroline Weijers, et le Gouvernement Hollandais pour leur soutien dans la tenue de ce congrès et leur confiance ; ces efforts sont couronnés aujourd’hui avec la parution des actes en arabe et en français, en un temps record après tout juste cent jours. Je voudrais également remercier les participants qui nous ont aidé à réaliser cet ouvrage référence sur la bonne gouvernance. Il vient conforter notre message visant à renforcer le savoir et la recherche scientifique dans notre pays. Cela fait honneur à cette belle révolution tunisienne qui nous invite tous à préserver ses acquis.
Tunis, le 03/07/2011 Prof. Abdeljelil TEMIMI
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| TABLE DES MATIERES |
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1- Partie française
Pages 9 - Abdeljelil Temimi. - La bonne gouvernance à la lumière des révolutions arabes 11 - Discours du Prof Abdeljelil Temimi au congrès 15 - Allocution de Mme Caroline Weijers, Ambassadeur des Pays-Bas à Tunis 17 - Discours du Prof. Massoud Daher, au nom des participants Etudes : 21 - Bachrouch, Taoufik. - De la bonne gouvernance, dites-vous ?
27 - Ekovich, Steven.- Democracy, Good Governance, Public Administration, and Economic Development
41 - Hendriks, Bertus. - Le Rapport ambigu entre bonne gouvernance et démocratie
45 - Kraiem, Mustapha. - Bonne gouvernance : Sociétés modernes et sociétés traditionnelles
53 - Razgallah, Abdelaziz. - La bonne gouvernance dans les organismes de sécurité sociale au Maghreb
59 - Zaafrane, Wafa. - Le rôle social de l'Etat en Tunisie à l'épreuve de la bonne gouvernance
79 - Zaanouni, Mustapha. - Les aspects de la bonne gouvernance politique, économique et sociale : La Tunisie comme exemple
Résumés de quelques études publiées en arabe :
83 - Alashaal, Abdallah . - The Challenges of Interaction Between the Dictatorship and the Arab Cultural Heritage 85 - Débat du congrès 181 - Rapport final 187 -Index des noms de personnes et collectivités 191 -Index des noms de lieux géographiques 193 -Publications de la Fondation 1- Partie arabe 9 - Abdeljelil Temimi. - La bonne gouvernance à la lumière des révolutions arabes 11 - Discours du Prof Abdeljelil Temimi au congrès 15 - Allocution de Mme Caroline Weijers, Ambassadeur des Pays-Bas 17 - Discours du Prof. Massoud Daher au nom des participants Etudes :
21 - Alashaal, Abdallah . - The Challenges of Interaction Between the Dictatorship and the Arab Cultural Heritage
27 - Bechaouch, Hanen. - Ali Ibn Isa et ses bonnes réformes ministérielles
47 - Belkahla, Adel. - La gouvernance entre l’Etat et l’autonomie locale
73 - Ben Abdelfatteh, Dahmen. - L’indépendance du pouvoir monétaire : un indice de la gouvernance au Maghreb .. 99 - Boudhief, Ammar. - La participation populaire dans la gestion municipale et les exigences de la bonne gouvernance : l’exemple de l’Algérie 123 - Turkmani, Abdallah. - Pour une complémentarité de la société politique et civile
137 - Edkhil, Bachir. - La régionalisation au Maroc comme modèle d’une bonne gouvernance 147 - Seddiki, Mohamed Naceur. -Une autre interprétation de la bonne gouvernance : ‘Olfa‘ chez les Karmates
185 - Daher, Massoud.- La société civile et la société politique : complémentarité ou rupture ? 199 - Gassoumi, Mouldi. - La bonne gouvernance et le développement 231 - Goui, Bouhania. - La société civile et la société politique en Algérie. Quelle relation pour une bonne gouvernance de la société civile maghrébine ? 249 - Kouch, Omar. - Aspects de complémentarité et de différence entre la société civile et l’Etat 261 - Messari, Mohamed Larbi. - Les fondations comme support de l’Etat démocratique moderne 269 - Résumés de quelques études publiées en français 271 - Débat du congrès 365 - Rapport final 371 -Index des noms de personnes et collectivités 377 -Index des noms des lieux géographiques 381 -Publications de la Fondation
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| Bullet in de recherche scientifique n° 56
Préambule :
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Autour du Haut Comité pour la réalisation des objectifs de la révolution, de la réforme politique et de la transition démocratique et la parution prochaine d’un livre référence sur la révolution en deux volumes (600p) : Nous avons beaucoup entendu parler ces jours-ci de la composition du Haut Comité dont les membres sont passés de 42 à 71 personnes puis à 130 et enfin 145 personnes, après que certains noms en aient été retirés à cause des liens de leurs propriétaires avec l’ancien régime ou pour avoir appelé Ben Ali à se représenter en 2014. De par ma position d’historien et surtout de par mon indépendance, je me vois obligé de faire ces deux remarques : Premièrement : il y a une interrogation légitime adressée à qui de droit et concerne ceux qui ont fixé les différentes listes. Ils semblent complètement ignorer la mosaïque composant la société tunisienne et ses élites intellectuelles et politiques. Ignorer également qu’il existe de nombreuses personnalités qui ont largement contribué, durant l’époque de Ben Ali, à ébranler les assises de l’ancien régime, en dévoilant de nombreuses vérités. Ils en ont supporté le prix et ont pourtant été écartés de la composition de ce Haut Comité. Deuxièmement : je pense personnellement, au vu de la liste dans l’urgence de cette liste, a fini par satisfaire les partis, les régions et le pouvoir, que le nombre dont elle est composée, est trop important (145 personnes). Il aurait été plus sage qu’elle comprenne une vingtaine de spécialistes travaillant selon des axes bien définis. Les événements qui ont eu lieu lors de la séance du 30 mars et la menace de démission du président Iyadh Ben Achour confirme mes propos. Un mot que j’adresse également à l’architecte de cette commission pour lui affirmer que certaines personnes et institutions ne s’offusqueront pas de n’avoir pas été inviter à participer à cette commission Pour notre part, depuis le début de la révolution, nous avons organisé 14 réunions et deux en cours de réalisation afin d’avoir des documents audiovisuels de la révolution. Nous avons invité de nombreuses personnalités politiques à venir témoigner. Elles ont été interrogées par l’assistance. Nous avons, jusqu’à présent, transcrit les interventions de MM. Mustapha Filala, Abdelfattah Mourou, Moncef Marzouki, Hédi Baccouche, Ahmed Najib Chebbi et les jeunes de la révolution. Certains sont déjà en ligne sur notre site (www.temimi.refer.org) ainsi que sur la page facebook de la Fondation. Le livre que nous préparons actuellement est un ouvrage essentiel pour comprendre la diversité des courants qui traversent la société tunisienne. Nous sommes très heureux de présenter cet ouvrage référence sur la révolution tunisienne.
Tunis, le 30/03/2011 Prof. Abdeljelil Temimi
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| Activités de la Fondation :
1 – Séminaires et tribunes de discussions : |
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Nous avons programmé durant les trois prochains mois les séminaires suivants : - 02 avril 2011 : 13ème rencontre du Forum de la révolution de la dignité et de la démocratie avec M. Hamma Hammami : Porte parole du Parti Communiste Tunisien (PCOT) autour du rôle de ce parti dans le nouveau paysage politique de notre pays. - 09 avril 2011 : séminaire de la Mémoire nationale sur Feu Hédi Nouira, présentation Ahmed Khaled, Mustapha Masmoudi et Sadok Belaid. - 16 avril 2011 : 14ème rencontre du Forum de la révolution de la dignité et de la démocratie avec M. Ahmed Ibrahim, Premier secrétaire du mouvement Ettajdid sur sa participation aux deux gouvernement et stratégie d’action de son parti dans le paysage politique du pays. - 23 avril 2011 : 15ème rencontre du Forum de la Révolution de la dignité et de la démocratie avec Dr. Mustapha Ben Jaafar Secrétaire Général du Forum du Travail et des Libertés (FDTL) (à confirmer ultérieurement). - 30 avril 2011 : 16ème rencontre du Forum de la révolution de la dignité et de la démocratie avec Prof. Yadh Ben Achour, Président du Conseil de l’instance supérieure pour la réalisation des objectifs de la révolution - 07 mai 2011 : séminaire de la mémoire nationale sur feu premier ministre Mohamed Mzali avec Maître Tahar Bousemma sur les tracasseries judiciaires subis par feu Mzali et les membres de sa famille. - 14 mai 2011 : 17ème rencontre du Forum de la révolution de la dignité et de la démocratie sur : les enjeux économiques de l’après révolution avec l’expert mondial et ex-ministre M. Mansour Maala. - 21-28 mai 2011 : deux séminaires de la mémoire nationale avec le Secrétaire d’Etat au Ministère de l’Intérieur M. Ahmed Bennour qui va nous procurer pour la première fois des témoignages sur l’ancien Président Ben Ali. - 04 juin 2011 : 18ème rencontre du forum de la révolution de la dignité et de la démocratie avec Maitres Abderraouf Ayadi et le Doyen Abderrazek Ayadi sur la réforme et restruction de la justice. - 11 juin 2011 : 19ème rencontre du Forum de la révolution de la dignité et de la démocratie avec Maitre Kamel Gafsi sur : la multiplication des partis est-ce un bien pour la Tunisie ? - 18 juin 2011 : Séminaire - 02 juillet 2011 : 20ème rencontre du Forum de la révolution de la dignité et de la démocratie sur la Culture de retranchement à la Casbah à travers ses leaders : Abdelkader Bouagga, Khaled Gafsaoui et Fatma Rifi
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| Messages de transparence : |
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Les fortunes des peuples arabes dans les banques étrangères : Grâce aux révolutions tunisienne, égyptienne et libyennes, nous avons pu mesurer l’ampleur des fortunes volées par l’entourage de Ben Ali, Moubarak et Kadhafi, des centaines de milliards volés au peuple qui se trouvent dans des banques européennes, américaines, asiatiques et en Amérique latine. Cet argent contribue au développement économique de ces pays alors que nos peuples ont été privés de développement réel et durable qui aurait assuré aux citoyens une vie convenable. Est-il pensable qu’un assassin inculte gouverne la Tunisie pendant 23 ans, en dilapide les moyens et stocke des milliards en liquide dans ses palais de Sidi Bou Said et Hammamet ? Est-il pensable que l’argent récolté par le fond de solidarité 26/26 soit complètement accaparé par l’ancien président, profitant des sommes importantes injustement prises et en prive les nécessiteux dans tout le pays ? C’est l’injustice inégalée dans l’histoire de notre pays. Est-il pensable que les universités tunisiennes soient dans cet état de délabrement, qu’elles n’aient pas d’équipement technique, pas de laboratoires, pas de bibliothèques dignes de ce nom ? Est-il pensable qu’il n’y ait pas de politique de recrutement claire, d’encouragement de la recherche scientifique en recrutant les nouveaux docteurs ? Est-il pensable que l’ancien chef de l’Etat ne se préoccupe pas positionner notre pays au niveau maghrébin, arabe et international sous prétexte du peu de moyens dont l’Etat dispose alors qu’il stockait dans sommes astronomiques dans ses palais, consacrées à acheter les consciences, à payer les chanteurs de ses louanges et ceux qui l’appelaient à se représenter pour un sixième mandat ou étaient tout simplement entreposées dans des banques étrangères ? S’agissant de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique, nous sommes sûrs que le nouveau ministre, M. Rifaat Chaabouni va œuvrer à liquider cet héritage laissé par ses prédécesseurs qui ont fait fi des valeurs morales, de la recherche scientifique et ont combattu les universitaires. Nous souhaitons au nouveau ministre, que nous avons connu en tant que professeur intègre, conscient du rôle de l’Université dans le rayonnement de notre pays, de réussir dans sa mission. *** A ceux qui parlent de la mémoire nationale : un peu d’honnêteté : Le hasard a voulu que j’écoute une émission à la radio puis une deuxième à la télé sur l’importance de l’écriture de la mémoire nationale, émissions auxquelles étaient invités des historiens de l’époque contemporaine. Tout au long de leur propos, ils ont volontairement occulté le travail exceptionnel accompli par la Fondation depuis 12 ans. Plus de 350 personnalités sont venues témoigner, constituant le fond d’une base de données dont 150 textes ont été publiés, chacun allant de 30 à 50 pages. Il est déplorable que ces deux historiens n’aient pas évoqué cette réalisation. Où sont l’honnêteté et la transparence ? Nous regrettons l’absence de morale scientifique. Malheureusement, occulter les vérités est devenu la règle aujourd’hui. *** Le rôle positif de certaines ambassades dans notre pays et l’absence des ambassades arabes dans l’encouragement des activités scientifiques : Nous avons organisé 14 congrès avec la collaboration scientifique de la Fondation Konrad Adenauer à Tunis, 2 congrès avec l’ambassade de Belgique à Tunis et 3 avec celle de Hollande. Aucun congrès n’a été organisé ni avec la France, ni avec l’Italie ni avec aucune ambassade des pays arabes. Ceci traduit une situation très contradictoire. Je me souviens que le Doyen des Ambassadeurs en Tunisie s’était mis en colère lorsque j’avais évoqué l’absence de l’organisation de congrès scientifiques entre la Tunisie et la Libye. Certains centres en Libye et en Algérie ne croient même pas à la collaboration scientifique maghrébine. Ceci explique ce vide qui existe entre les pays du Maghreb, l’absence d’une recherche maghrébine unifiée et l’échec des directions politiques et les directeurs de tous les centres dans la réalisation de l’union maghrébine. Le grand Maghreb est, depuis 50, dans un état de mort clinique. Il est urgent que la jeunesse de Facebook et les nouveaux médias œuvrent dans l’avenir pour imposer une volonté maghrébine unie grâce à cette volonté révolutionnaire afin de changer cette situation intolérable dans l’avenir. *** Le rapport final du congrès sur la bonne gouvernance tenu la semaine passée : Notre Fondation a organisé, avec le partenariat scientifique de l’ambassade de Hollande à Tunis le 33ème congrès du Forum de la pensée contemporaine sur La bonne gouvernance. Il s’agissait d’un congrès important s’attaquant à un sujet sensible. De nombreux scientifiques y ont assisté, maghrébin, Egyptien, Syrien, Libanais, Hollandais ou Américain. 22 conférences y ont été présentées, dont 3 conférences-clés, suivi d’un riche débat. Nous avons rédigé un rapport final comprenant un résumé de toutes les propositions autour de ce dossier. Nous avons traduit les documents de l’arabe vers le français et les avons distribués à tous les journaux locaux, arabes et internationaux. Apparemment, les événements liés à la révolution de la dignité et de la démocratie ont masqué l’importance de cette rencontre scientifique. Ni Réalités, ni La Presse, Ni al-Sabah ou encore al-Shourouq n’ont fait allusion à ce rapport. Ce silence ne sert sûrement pas cette nouvelle presse qui voudrait traduire toutes les activités scientifiques et culturelles de notre pays alors qu’elle avait précédemment accordé une large place à certaines activités marginales. Un appel à ces médias et à leurs responsables car leurs changements d’orientation n’ont pas la rapidité souhaitée et ne sont pas à la mesure de la révolution.
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| Repercussions of the Revolution of Dignity and Democracy on the Universities and Scientific Research
in the Humanities and Social Sciences |
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Our [Arab] countries have unquestionably entered a new exceptional historical period inaugurated by the Tunisian Revolution of Dignity and Democracy. The door to reshaping the established political and economic scene in our countries has been opened by and in resonance with the principles and aspirations of this revolution after twenty three years of our countries tasting the two bitter conditions of repression and belittling dictatorship that led to the seemingly inescapable impasse of nationalism manifest to all those expert observers and analysts. This revolution has derived its legitimacy from the farthest reaches of the indigenous countryside; [it is not vanguardist], the participation of the intellectual, political, and economic elites was limited to some of the institutions of civil society and engaged political opposition. The greatest benefit of the revolution, in everyone’s view, is the depths of its origin, its leadership, and its momentum among the people. This explains how it [the Tunisian Democratic Revolution] became the igniting spark that quickly set aflame the Arab countries from one end to the other, animating and bringing out the masses of youth, who had never before united with such intensity except on football fields and in sports stadiums, or in pursuit of sundry frivolous entertainment. We are brought to reflect, in the course of this revolution, on how attached [how committed] these youth are to their right to build and make the future, raising new [poetic] slogans, breaking with the past, demanding freedom, dignity, self-esteem, and respectable employment in accordance with their qualifications and competences. This is what made a major Arab intellectual talk about the “Tunisianization of the Arabs,” when describing how this revolution has swept across the Arab countries from the Atlantic to the Gulf, giving a new sense of respect and appreciation not only for Tunisians, but for all Arabs. Indeed, the successive Tunisian, Egyptian, Libyan, and Yemeni revolutions precipitated an earthquake in how the world views the Arab people, completely demolishing forever the state of exception they were in, returning the Arabs to the flow, the stage of history, after they had been completely marginalized. Moreover, the repercussions of this [Tunisian] revolution have even reached some European countries, as well as China, in addition to the Islamic World, where its aftershocks are spreading the same spirit and insistence on the right to build the future and restore to the people their humanity, which was distorted by a merciless globalization and a coercive government. Significant matters, paramount among them the Palestinian cause, at the margins of which are such issues as Arab unity, development, and democracy, have been lost in a sort of Arab stupor. It is rather noteworthy, in this overall context, that there is no constructive policy providing for the restructuring of universities and ensuring the real reform of higher education and scholarly research. Equally as noteworthy is the absence of any solid criteria for appointing university presidents, directors, deans, and administrators in the scientific research sector. Many of those who have been appointed [by the security state] have been associated throughout the entire duration of their stewardship of this most important sector of knowledge with the damage done to the universities and academics as a consequence of adherence to party doctrine, opportunism, and the marginalization of sincere scholarly competence, as well as the lack of any proper system of assessment and supervision, whether scholarly, financial, or bureaucratic. This state of affairs accounts for the poor academic results constantly recorded over the past twenty years, as well as the continual decline of our universities to the lowest rankings at every level of research and study. The Revolution of Dignity and Democracy has arrived to break completely with this old regime and its symbols among the university presidents and directors who have killed and buried academic values and virtue, and who have shown absolutely no interest in energizing our universities or working to create an affective and ennobling dynamics. On the contrary, we note, with the profoundest regret, how these “honorable university presidents” forced compliance with the [proposed] re-nomination of the past president, Ben Ali, for 2014, and how some of them even went so far as organizing a conference to recognize his “qualities” and “heroism,” as well as playing a leading role in the liberation [from colonial rule] of his homeland, according his family high distinctions in the national resistance struggle [against the French] when the historical documentation confirms the exact opposite. These are indications of the wretchedness and fear infesting the Ministry of Higher Education, and the whole lot of university presidents, and directors, who operate behind distortions of reality and falsification of history, never proposing the adoption of even a sign of strategic research or planning, neither national or regional [Maghrebian]. Nor do they generate, on any regular basis, a multilingual scholarly cadre of international standing in the humanities and social sciences, or even the hard sciences, which would enable Tunisia to properly benefit from the learning and knowledge that has been provided by its extraordinary pioneers of knowledge throughout its history. Our people have irreversibly entered a new stage, with secure confidence in their extraordinary eventful capacity to seize the initiative to actively make history, after having lived for decades with a failure of will, content in the position of silent spectator, quietly confronting whatever happened in the Maghreb, the Arab world, or the international world at large. Here lies the value, the true importance, of what has occurred in the Arab World in 2011, which will go down in history as the year of the Arab. We must work collectively so that our universities, research laboratories, and centers occupy a new place of guidance for the Revolution of Dignity and Democracy, and share responsibility with the new generation of Tunisians who have demonstrated, on the basis of their competence, the depth of their faith in this country of small [geographic] size yet huge and radiant civilization, and its ability to achieve the impossible. It is in accord with the repercussions of this revolution and in consonance with its ambitions and aspirations that we call for having confidence in the youth of this revolution, and in support of their academic, economic, and political initiatives, establish academic freedom and codify the establishment of institutions that will form the basis for the future of knowledge and scholarly research. Our concern here is with academic institutions, both private and international, which have engineered the destinies of the developed nations, fostering their growth. The exact opposite has been the case with the government-based Arab academies, centers, and universities, which have all devastatingly failed over the past sixty years. A project we must of necessity undertake with decisiveness is the development of a new national policy for equitable and just distribution of government-provided academic scholarships that, in the past, went to secure the interests of partisan academics, as well as the most prominent sympathizers and loyalist of the past regime. In that light, among the repercussions of the Revolution of Dignity and Democracy is the open public listing of all these scholarships and grants on an internet website so that everyone can see for themselves the aptitude and competence required for receiving one. Another serious and even more focused project concerns the committees of [academic] appointment that have been tightly controlled by the Director of Higher Education over the last 13 years without any administrative or ethical oversight. As a result, there has been a steady decline in the number of academic appointments in every branch of knowledge, which accounts for how hundreds who have successfully completed the undergraduate and doctoral educations have been unable to secure any position because of the Ministry’s failure to provide an adequate number of university positions; and this has been the state of affairs for twenty years. We note, however, with extreme regret, that the same Ministry has completely overwhelmed the already burdened professoriate by coercing them into regularly taking on teaching overload, locking them in a closed loop of intellectual calcification without any way of conceiving any change in their own country, or the world for that matter. These are the conditions that have destabilized our universities and caused the loss of any spirit of innovation and creativity in research. There are numerous projects needing to be opened and processed with patriotic care in accordance with the civilizing message provided us by the Revolution of Dignity and Democracy. That is the message we address to the Minister of Higher Education and Scientific Research, so as to break completely with the practices of former officials and work to create a new dynamic that will make Tunisia a radiating [event] in the Maghreb, the Arab World, and globally.
Tunisia 06/03/2011
Prof. Abdeljelil Temimi
Translate from Arabic by Dr. Ronald Judy, Professeur de théorie critique et études culturelles a l’Université of Pittsburgh
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| SIXIEME COMMUNIQUE sur la : 7ème rencontre avec M. Hedi Baccouche
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Eclairage nécessaire et méthodologique autour de l’invitation de M. Hédi Baccouche à la tribune de la Fondation Samedi 19 février 2011
Depuis une douzaine d’années, la Fondation a donné à toutes les tendances politiques, syndicales ou autres, sans exception, l’occasion de venir présenter leurs témoignes. Nous avons réussi à constituer une importante base de données audiovisuelle sur la mémoire nationale et sur l’histoire du temps présent. Nous avons également consacré à la révolution de la dignité et de la démocratie 8 séminaires et avons donné à une partie de la jeunesse qui a fait la révolution de venir s’exprimer. Nous avons jusqu’à présent publié 6 communiqués et avons enregistré tous les débats qui ont suivi les témoignages surtout que l’audience était nombreuse et diversifiée. Nous sommes fiers de cette réalisation scientifique. Nous avons remarqué, à travers la presse tunisienne comment les avis autour de la personnalité de M. Hédi Bacchouche sont controversés sur sa position vis-à-vis de la révolution. Certains ont prétendu qu’il était derrière la composition du premier puis du deuxième gouvernement de transition, qu’il avait un bureau au sein du Premier ministère ou encore que MM. Mbazaa et Ghannouchi lui demandaient conseil pour toute décision à prendre ! Certains écrits sur Facebook et Twitter, sont même allés jusqu’à l’accuser de comploter contre la révolution pour la faire échouer. Les accusateurs sont également allés jusqu’à s’en prendre à ma personne suite à l’invitation de M. Baccouche, prétendant qu’avec cette invitation, la Fondation perdait sa crédibilité. Je ne peux ici que regretter cette position malheureuse qui ne fait pas honneur à son auteur. Je réaffirme que la Fondation restera toujours le seul espace académique indépendant dans notre pays et qui a pour but de servir la mémoire nationale et la révolution de la dignité et de la démocratie. Nous continuerons d’œuvrer sans relâche pour renforcer les acquis de cette révolution. L’écume disparaît mais restent les réalisations.
Prof. Abdeljelil Temimi ****
Septième rencontre autour de l’avenir politique de la Tunisie après la révolution de la dignité et de la démocratie ----Le témoignage de M. Hédi Baccouche
Samedi 19 février, s’est tenue la septième rencontre autour de la révolution de la dignité et de la démocratie. Notre invité était M. Hédi Baccouche, ancien Premier Ministre. Plus de deux cent personnes étaient présentes, appartenant à différentes tendances politiques. Parmi l’audience se trouvaient quelques révolutionnaires parmi les jeunes, originaires du sud de la Tunisie, ces mêmes jeunes que la Fondation avait tenu à inviter pour écouter leurs revendications en leur réservant une rencontre qui leur sont totalement réservée, du fait qu’ils sont les premiers acteurs de cette révolution de la dignité et de la démocratie, qui a redonné aux Tunisiens le sentiment de fierté d’appartenir à ce pays. Cette révolution a également mis fin à l’une des dictatures les plus criminelles et minables de l’histoire contemporaine arabe. M. Baccouche est intervenu pendant près de 6 heures. Les questions et interventions des participants se sont succédées, notamment celles des jeunes. Ceci a donné lieu à un dialogue libre, sincère et animé quelquefois que M. Baccouche a accueilli de façon positive, précisant son contentement de voir l’ambiance de liberté de parole et de démocratie constructive qui régnait. M. Baccouche a évoqué plusieurs dossiers comprenant son parcours avant l’indépendance, en passant par son rôle dans le mouvement du 7 novembre ou encore sa position par rapport à la période de Ben Ali ainsi que les interrogations autour de son rôle après la révolution. Nous en faisons ici un très bref résumé :
Premièrement : sa position par rapport à la révolution de la dignité et de la démocratie - M. Baccouche a affirmé que cette révolution avait quatre principales conséquences qui sont la destitution de Ben Ali, la fin de son règne, le gel de son parti le RCD en attendant sa dissolution légale et enfin le début d’une ère nouvelle. En évoquant la scène politique après le départ surprise de Ben Ali, M. Baccouche a précisé que « le Président par intérim et le Premier ministre ont formé un gouvernement d’union nationale en deux étapes, comprenant des députés issus des partis de l’opposition, des personnalités indépendantes de la société civile et des technocrates compétents. Le gouvernement a commencé à répondre aux demandes des révolutionnaires et à essayer de rétablir la confiance et la sécurité ainsi que l’activité économique. Le Président par intérim et le Premier ministre ont consulté plusieurs personnalités dont je faisais partie. Je suis allé au siège du Premier ministère et au siège provisoire de la présidence de la République à la Casbah trois jours d’affilée. J’ai donné mon avis sur les nouveaux événements, avis qui allaient dans le sens de la révolution parce que je crois qu’il faut aider à concrétiser cette révolution sur le terrain. J’ai ensuite arrêté tout contact avec le gouvernement, contrairement à ce qui a été dit dans les médias. Je n’étais pas derrière la formation du premier ou deuxième gouvernement ni encore derrière la nomination des nouveaux gouverneurs que je ne connais absolument pas. Tous savent que le Président par intérim et le Premier ministre ont différents conseillers parmi les ministres et personnalités de la société politique et civile. Je n’ai jamais été conseiller privé et ne possède ni bureau ni secrétaire au Premier ministère ». C’est ce qui a été mentionné par M. Baccouche lors de son témoignage. - Il a également précisé « Je pense que la Constitution actuelle a été dépassée par les événements et ne peut plus s’appliquer à la Tunisie d’aujourd’hui ». - Il pense également que « la protection de la révolution est un objectif noble pour lequel doivent œuvrer les Tunisiennes et Tunisiens afin que soient remplies ces quelques conditions : Premièrement : que l’accord règne entre les différentes composantes de la société et que la représentativité soit la plus large possible d’où personne n’est exclu. Deuxièmement : qu’un programme national soit mis en place pour assurer le passage entre l’ère de la frustration à celle de la liberté. Troisièmement : se mettre d’accord sur un plan rapide pour la reprise de l’économie, pour faire face au chômage et afficher des choix clairs pour la prochaine élection présidentielle et la mise en place d’une nouvelle Constitution ainsi que l’élection d’un Conseil constitutionnel libre, démocratique et ouvert à toute personne désirant se porter candidate. - la Tunisie a fait l’expérience des méfaits du régime présidentiel sous Bourguiba et Ben Ali, régime qui s’est transformé en un pouvoir individuel illimité. Cette révolution nous invite à l’adoption d’un régime parlementaire afin que soit arrêtée toute tentative d’instauration d’un régime autoritaire où le président détiendrait tous les pouvoirs et se transformerait en dictateur. - en tant que citoyen libre, destourien qui a lutté pendant une soixantaine d’années, je n’hésiterai pas à donner mon avis lorsqu’il me sera demandé à propos de la question nationale. J’aime profondément mon pays et le servirai avec toute la force et la clairvoyance nécessaire jusqu’au bout. - je confirme l’importance de cette révolution qui nous garantit la démocratie, les droits de l’homme, la liberté des médias, le pluralisme politique et, bientôt, l’alternance au pouvoir. Construire un nouvel Etat et en assurer le développement nécessite l’examen minutieux et courageux de tous nos choix dans le passé afin de les évaluer pour comprendre les dysfonctionnements et les raisons pour lesquelles nous n’avons pas réussi à réaliser le développement des régions défavorisées. Cette nouvelle ère a commencé dans ces régions. Nous devons aujourd’hui beaucoup à la volonté et à l’éveil de notre jeunesse. Cette révolution n’est pas le fruit d’un accord entre une minorité de responsables mais le fruit de l’action pacifique de notre jeunesse. Nous ne doutons pas de la réussite de cette révolution à construire une Tunisie nouvelle au sein du Maghreb, en s’appuyant sur toutes les capacités et sur la jeunesse. Il faudra instaurer une bonne entente nationale qui respecte la différence où personne n’est marginalisé ni exclu loin des règlements de compte et des désirs de vengeance. Deuxièmement : quelques éclairages sur le mouvement du 7 novembre : M. Hédi Baccouche a donné de nouveaux détails sur la déclaration du 7 novembre, affirmant que « Ben Ali a eu vite fait d’ignorer ses promesses et a traîné à s’engager vers la démocratie. Il a trahi la promesse faite au peuple. Le fait que je n’accepte pas le libéralisme sauvage et que j’essaye de convaincre la Banque Mondiale de prendre en compte la dimension sociale dans le développement, n’a pas arrangé les choses qui se sont envenimés lorsqu’on a essayé de convaincre Ben Ali que l’Etat avant une tête et deux jambes… J’ai vite été éloigné comme Premier Ministre, en moins de deux années. J’ai pris ma retraite mais certains de ses hommes de main ont essayé de m’impliquer dans un complot avec les islamistes en s’appuyant sur une rencontre que j’avais eue avec l’un des leaders du mouvement pour m’informer qu’ils sont innocents et pacifiques. - Le gel du RCD est un pas décisif car l’ancien président a taillé ce parti à sa convenance et en a fait un instrument docile, aidé par certains profiteurs aux calculs personnels. Des personnes étrangères à toute action politique ou à la lutte nationale ont été nommées. Le RCD a refusé que le vote soit démocratique et libre, ce qui a retardé l’émergence de leaderships locaux ou régionaux. Il a opéré une rupture avec le passé glorieux du parti destourien et du père de la nation Bourguiba que Ben Ali a considéré comme un simple leader, refusant ainsi le respect qui est dû à l’histoire de la Tunisie. Les arrivistes de l’époque de Ben Ali avaient même pour règle de le jamais prononcer le nom de Bourguiba lors des réunions, de ne jamais montrer une image de lui ou d’applaudir lorsque son nom est évoqué. Le parti a dégringolé à son plus bas niveau. Des chiffres mensongers se sont répandus. Il est nécessaire d’entamer une autocritique véritable et de présenter des excuses publiques à tout citoyen ayant eu à souffrir du parti. L’Etat devrait s’en charger. - Je suis de ceux qui appellent à changer le nom du RCD, à l’adapter à la nouvelle loi sur les partis, à dissoudre le bureau politique et à charger une commission de préparer un congrès exceptionnel de renouvellement afin que soient réhabilités les éléments nationalistes qui ont été exclus. Il serait ainsi rendu justice à ce parti et à son combat premier depuis 1920 sous la direction de Thaalbi, de Klibi, de Bourguiba, de Youssef Rouissi, de Salh Ben Youssef et bien d’autres leaders. C’est cela qui m’a poussé à proposer à M. Mustapha Filali de prendre cette initiative pour son sens patriotique, pour son expérience en tant que ancien Directeur du parti. Il a accepté au départ mais il a préféré ultérieurement s’engager au sein de la commission d’union nationale pour la sauvegarde de la révolution aux larges attributions et à la création de la laquelle ont appelé d’importantes personnalités telles que M. Ahmed Mistiri et Ahmed Ben Salah,. Ceux deux personnes comptaient parmi les personnalités les plus importantes et nationalistes dans notre pays. Je pense que les figures du temps du combat pour l’indépendance se réuniront dans un futur proche pour rappeler les valeurs nationalistes auxquelles ils ont adhéré. - Ce qui nous unit est l’amour de la patrie. L’étranger reste un étranger. Nous faisons affaire avec lui, nous le respectons, nous coopérons avec lui sans nous soumettre à lui ni l’associer à la gestion des affaires internes de notre pays ni encore lui demander de jouer le rôle de juge. - Je réaffirme ici qu’il n’est pas question que je joue un quelconque rôle. Mon âge avancé ne me permet plus d’assumer des responsabilités et je n’ai aucune ambition personnelle. Je suis en revanche prêt à encourager tout mouvement destourien qui réhabiliterait Habib Bourguiba et réunirait les anciens destouriens comme le doyen des combattants en la personne de Hussine Triki à l’âge de 95 ans, qui est rentré ces jours d’Argentine. Il a vécu toutes les périodes du combat nationaliste depuis les événements du 9 avril 1938. Il a été condamné deux fois à mort sous le protectorat et sous Bourguiba et été l’un des fondateurs du bureau du Maghreb arabe au Caire avec quelques autres leaders maghrébins comme le docteur Habib Thamer. M. Triki a également défendu l’indépendance de l’Algérie et la libération de la Palestine ». *** Voilà le résumé du témoignage de M. Baccouche qui a été suivi par un très riche débat. L’intervenant a fait face à des dizaines de questions sur son passé nationaliste et ses positions par rapport à certaines questions très délicates de l’histoire de notre pays. Notre invité a répondu en toute franchise. La publication de son intervention viendra enrichir la documentation sur la révolution tunisienne et nous permettra de connaître cette personnalité que les médias tunisiens et internationaux ont ignorée. Il est notable que lors d’une des réponses les plus délicates que notre invité ait eu à faire, il a regretté de ne pas avoir été assez ferme à l’époque de Ben Ali sur certaines questions sensibles et a précisé « je n’ai pas eu le courage de prendre une telle décision ». Cet aveu courageux de sa part est à relever venant de la part d’un homme politique tunisien important.
Prof. Abdeljelil Temimi
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| Cinquième communiqué |
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Sixième rencontre autour Des circonstances de la création du conseil national de l’entente et du sauvetage Les défis de l’avenir politique de la Tunisie après la révolution de la dignité et de la démocratie
Le samedi 12 février 2011, M. Mustapha Filali était notre invité pour parler des deux dossiers suivants :
1) : les circonstances de la création du Conseil National de l’entente
2) : Les défis de l’avenir politique de la Tunisie après la révolution de la dignité et de la démocratie
M. Filali a abordé des multiples questions qui émanent de ces deux dossiers, en appelant à des dialogues avec des personnes représentatives de la nouvelle génération de cette révolution. Cette révolution est partie des régions reculées de ce pays et des couches sociales marginalisées ; il est du devoir des analystes, sociologues et historiens aujourd’hui de protéger la révolution et d’éviter les confusions entre régional et national, privé et public, urgent et de moindre priorité.
M. Filali est revenu sur l’idée première de la création du conseil national de l’entente , en indiquant qu’il a reçu le 16 janvier un coup de téléphone de M. Hédi Baccouche lui suggérant d’un conseil ; c’est ainsi que M. Filali a contacté MM. Ahmed Ben Saleh et Ahmed Mestiri et tous les trois ont rencontré le président provisoire de la République qui a donné un accord de principe ; cette idée approuvée par l’UGTT et quelques partis politiques ainsi que M. Rached Ghannouchi, de qui de Londres a émis un avis favorable. Finalement, le Président de la République a fait marche arrière et a fait paraître un court communiqué dans la presse faisant part de ses services. Le projet a finalement été abandonné.
Vu la vitesse avec laquelle les événements se succèdent en Tunisie, ainsi que l’existence de cellules appartenant à l’ancien régime et qui oeuvrent à déstabiliser l’Etat et à semer la peur puisque de grandes quantités d’armes et d’argent ont été retrouvées ; il est urgent que tous, gouvernement provisoire, société, jeunesse, élite, institutions de la société civile, affrontent ces forces, afin que la sécurité soit rétablie dans le pays, que la reprise de la vie scolaire et universitaire soit effective et que l’économie reprenne son cours au niveau local, arabe et international. Nous devons œuvrer à ouvrir une nouvelle page pour cette révolution encore menacée.
Suite au dialogue entre notre invité et les participants, ces derniers ont souhaité exprimer certains points dont les plus importants sont les suivants :
- Il est urgent de réactiver l’idée de la création d’un conseil national de l’entente et du sauvetage de la révolution. Il faut qu’il soit constitué de plusieurs personnalités nationales afin qu’il soit consulté sur les décisions importantes pour le pays. Cette création répondrait à une partie des demandes de la révolution. Le gouvernement provisoire ne détient pas l’exclusivité d’oeuvrer au nom de l’intérêt puisqu’il existe de nombreux citoyens et citoyennes sincères qui veulent participer à la réussite de la révolution.
- Réviser la composition des différentes commissions de réformes politiques et économiques afin d’y intégrer les meilleurs spécialistes ? et également expliquer l’étendue de leur compétence afin de profiter au mieux de leur expérience.
- Mettre en garde, en ce moment sensible de l’histoire de notre pays, contre les dangers des divisions avec la création de dizaines de petits partis politiques, ce qui sera contre productif pour la société dans l’avenir. Il faudrait donc que la classe politique trouve un terrain d’entente et unisse ses efforts pour rationaliser les orientations partisanes. Le danger serait que notre pays évite le même scénario algérien qui a vu la création de 64 partis politiques.
- Les défis de l’avenir politique, économique et scientifique est la responsabilité de tous. Que chacun l’assume à partir de sa position : la jeunesse consciente qui a fait la révolution, les spécialistes de différents domaines, les universitaires indépendants, les hommes d’affaires et les diverses sociétés. Tous doivent œuvrer à protéger la révolution populaire et à une redistribution plus équitable de la richesse nationale.
- Les participants mettent en garde l’opinion publique tunisienne contre les agissements des médias qui ne savent toujours pas choisir les intervenants. Certains de leurs invités étaient des symboles de l’ancien régime. Il est demandé aux médias d’être en phase avec la révolution et de mieux choisir des invités qui débattent des dossiers géopolitiques, économiques et scientifiques pendant cette période délicate de l’histoire de notre pays.
Synthèse établie par A. Temimi
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| Les défis de l’avenir politique, économique et scientifique de la Tunisie après la révolution de la dignité et de la démocratie (Septième rencontre ) avec M. Hèdi Baccouche
Samedi 19 février 2011 |
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Six séminaires ont été organisés par la Fondation pour étudier les dimensions et retombées de la révolution de la dignité et de la démocratie. Ils ont donné lieu à la publication de cinq communiqués qui ont résumé de façon très précise les préoccupations, ambitions et peurs exprimées par tous, le but étant de protéger cette révolution du peuple. Les participants se sont intéressés aux différentes étapes de la révolution en faisant la lumière sur ses causes et ses conséquences directes et indirectes. Dans le but de diversifier nos sources d’informations sur les mécanismes de l’ancien régime dictatorial et afin d’écouter différentes opinions sur la façon de protéger la révolution des dangers internes et externes, nous avons invité M. Hédi Baccouche afin qu’il nous livre une partie de son témoignage sur le régime de Ben Ali et surtout sur les moyens de protéger cette révolution de certains profiteurs. Le nom de M. Baccouche a été mentionné à plusieurs reprises lors des précédents séminaires. La presse tunisienne l’a également interviewé à plusieurs reprises. Il a en effet joué un rôle déterminant dans la rédaction de la déclaration du 7 novembre. Il a également une fine connaissance de la personnalité de Ben Ali avec lequel il entra en désaccord lorsqu’il était premier ministre à cause notamment du non respect des principes contenus dans la déclaration du 7 novembre, sorte de contrat social entre gouvernants et gouvernés. M. Baccouche a été écarté du poste et une nouvelle génération de corrompus est apparue qui a anéanti les structures administratives et les institutions économiques du pays. Très tôt, M. Baccouche a rejoint les rangs de la lutte nationaliste puisqu’il a été emprisonné à 18 ans. Il a également été arrêté à Paris parce qu’il venait en aide aux membres du FLN. Par ailleurs, il était lié aux leaders du mouvement de libération marocainث. Il est considéré comme l’un des bâtisseurs de l’Etat national tunisien puisqu’il assuma successivement le rôle de gouverneur, de PDG de certaines entreprises nationales, consul général puis ambassadeur en Algérie, ministre puis premier ministre de Ben Ali. Il a lutté en faveur des classes défavorisées pour plus de justice sociale. Hédi Nouira l’avait choisi comme conseillé et il avait réussi à trouver un terrain d’entente entre le gouvernement et l’UGTT, ce qu’il continua de faire après le 7 novembre. Il n’est pas possible de résumer le parcours de M. Baccouche en quelques lignes car sa mémoire est riche de souvenirs sur des événements datant d’avant l’indépendance en passant par les époques de Bourguiba et de Ben Ali, souvenirs qu’il a promis de livrer bientôt à la tribune de la Fondation qui a bénéficié, à maintes reprises, de ses encouragements. Nous allons, entre autres, demander à M. Baccouche de donner plus de détails à l’opinion publique tunisienne sur les nombreuses initiatives évoquées après la révolution ainsi que sur la façon dont il envisage l’avenir de la Tunisie et ses défis politiques, économiques et scientifiques. L’invitation est ouverte à tous, samedi 19 février à partir de 9h15, au siège de la Fondation.
Prof. Abdeljelil Temimi
Adresse : Immeuble Al-Imtiaz-Centre Urbain Nord-1003 Tunis Tél. (00216) 71231444 ou (00216) 71 751 164 fax : (00216) 71 236 677 E. Mail : fondationtemimi@yahoo.fr ou fondationtemimi@gnet.tn Internet://www.temimi.refer.org (en français/عربي)
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| La cinquième rencontre autour de la révolution de la dignité et de la démocratie :
Quatrième communiqué |
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Depuis la révolution tunisienne, nous avons organisé quatre rencontres sur le thème « Les défis politiques, économiques et scientifiques après la révolution de la dignité et de la démocratie » qui ont abouti à la publication de trois communiqués distribués en arabe et en français. Lors de la cinquième rencontre, nous avons invité M. Abdelfattah Mourou, un des fondateurs et leaders du mouvement Nahdha depuis sa création dans les années 1960. Bien que je n’aie pas eu l’occasion auparavant de rencontrer M. Mourou car l’appareil sécuritaire m’avait empêché de l’inviter, j’avais beaucoup entendu parler de la modération de ses positions. A la suite de la révolution, nous avons invité donc le sheikh Mourou à la tribune de la Fondation qui est ouverte à toutes les tendances intellectuelles et idéologiques contradictoires ou complémentaires. M. Mourou s’est exprimé pendant cinq heures. En toute sincérité et honnêteté, il a dressé un tableau des fondements intellectuels et religieux sur lesquels s’appuie le mouvement Nahdha. Il s’est adressé à une large audience, constituée notamment de Tunisiens rentrés spécialement d’Europe pour être témoins de ce nouveau climat démocratique où les convictions politiques et religieuses sont respectées. Vu l’abondance des informations que M. Mourou avait à livrer sur le parcours de la Nahdha sous Bourguiba et surtout pendant la période de la dictature de Ben Ali, M. Mourou a surtout insisté sur les points suivants :
- le mouvement islamiste en Tunisie croit en la nécessité de remodeler la pensée tunisienne de telle sorte qu’elle soit ouverte sur la modernité sans pour autant être coupée de ses racines historiques. Il n’est pas question de revenir sur les acquis en matière des droits de la femme qu’il faudrait au contraire continuer à développer.
- les leaders du mouvement Nahdha ne s’occupent pas des questions de la vente ou de l’interdiction d’alcool, du port ou non du voile ou de la barbe. M. Mourou a affirmé qu’il s’agissait là de questions sur lesquelles la société avait tranché et la décision devait être respectée.
- il est important que tous comprennent que ce qui intéresse un mouvement islamiste moderne est le développement équitable et la solidarité réelle au sein de la société. Il est important que cette solidarité revête une dimension culturelle et religieuse. La question essentielle reste celle du développement à travers l’indépendance dans la prise de décision.
- M. Mourou a affirmé que « ce qui nous préoccupe actuellement est l’avenir de la Tunisie ». La liberté dont nous jouissons aujourd’hui est la conséquence du soulèvement d’un peuple empli de colère, de malheur et d’injustice, éléments auxquels les islamistes et leurs sympathisants n’ont pas échappé.
- en près d’un quart de siècle, le mouvement islamiste a subi des injustices qui en ont fait un mouvement éclaté. De nombreuses accusations pèsent sur ses membres et leaders, en les accusant d’être des agents à la solde de certaines forces régionales ou arabes. Tous les Tunisiens ont subi la dictature mais les islamistes se trouvaient à l’intérieur du four, a-t-il précisé.
- le cheikh Mourou a affirmé que la base du nouvel islamisme adopté par le mouvement est le travail collectif, même si tous au sein du mouvement ne sont pas d’accord. Cette différence n’est pas gênante et n’a pas de retombée négative sur le mouvement Nahdha. Il est important aujourd’hui de reprendre l’action islamiste nouvelle et en unissant les efforts des islamistes et des non islamistes, car tous sont des citoyens de la Tunisie « contemporaine ». Le but commun est d’apporter stabilité et prospérité à la jeunesse tunisienne et un avenir prometteur qui garantisse à chacun le respect de ses convictions. M. Mourou a affirmé que deux questions étaient prioritaires aujourd’hui : la protection de la pluralité démocratique en trouvant une formule à laquelle tous se soumettent et le dialogue pour la préparation de lois qui préserverait le pays de tout retour à la dictature.
Il s’agit là de certaines idées exprimées par M. Abdelfattah Mourou. Son intervention a été suivie par un riche débat. Les intervenants ont exprimé leur satisfaction de cette orientation mature et modérée du mouvement Nahdha dont les retombées seront positives.
Notre Fondation reste ouverte à tous notamment à M. Rached Ghannouchi afin de continuer à servir la révolution de la dignité et de la démocratie.
Prof. Abdeljelil Temimi.
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| Troisième Communiqué |
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La « Fondation Temimi pour la Recherche Scientifique et l’Information » a organisé les 19, 22, 27 et 29 janvier 2011, quatre réunions auxquelles ont participé plus de 180 personnalités de diverses spécialités et de différentes sensibilités, toutes animées d’un égal souci et unies dans une même détermination de défendre la sécurité du pays et de préserver les acquis de la glorieuse révolution de ses jeunes. Le large débat qui s’est instauré à cette occasion a porté sur des questions fondamentales ayant trait aux impératifs qui doivent présider à la transition d’un Etat sécuritaire à un Etat civil et moderne et à l’élaboration d’une Constitution pour la deuxième République, sur une saine et authentique démarche institutionnelle. Les commissions créées à cet effet et qui sont composées notamment de juristes, auraient dû impliquer, pour davantage d’efficience, d’autres personnalités parmi les érudits les historiens, les anthropologues et les sociologues qui restent quand même la référence de base pour déceler, apprécier et devancer les attentes de la société, dans toutes ses composantes. Aussi, pour remédier à cette lacune et dans le souci de préserver les principes et les valeurs de cette révolution des nombreuses intrigues et conspirations tant intérieures qu’extérieures, les participants appellent à une reconstitution des trois commissions sur des normes plus opérantes d’équilibre et d’efficacité. Ils ont également formulé nombre de propositions qu’ils soumettront au pouvoir politique : - Le gouvernement actuel, pour pouvoir prétendre assumer ses fonctions à l’abri des contestations et des protestations, doit proclamer, de manière claire et sans équivoque, qu’il est uniquement chargé de gérer les affaires courantes à caractère administratif du pays, sans aucune responsabilité politique. - Fixer dès à présent une date précise pour des élections législatives et municipales libres et directes et ce afin de les organiser dans les meilleures conditions. Les participants proposent d’organiser le scrutin durant la dernière semaine du mois d’octobre 2011. - S’employer à passer de l’Etat à vocation sécuritaire à un Etat civil, fondement de l’Etat de droit et démanteler toutes les structures de la police politique. - En ce qui concerne la Constitution, les participants suggèrent de procéder d’abord à une évaluation de l’état de nos institutions et de nos diverses juridictions, sachant que le blocage qu’elles connaissent actuellement est la résultante d’un régime présidentiel sclérosé et inopérant. La solution réside donc dans un régime parlementaire, choisi directement et librement, et qui reste le seul à même de nous prémunir contre le vide politique ou institutionnel et, partant, contre les errances et l’instabilité. Le modèle allemand pourrait servir, à cet égard, de référence pour asseoir un régime parlementaire tunisien dont notre peuple est digne et qui réponde à son génie propre, à ambitions et aux valeurs morales qui fondent sa personnalité. - Les participants proposent de jeter les fondements d’un pluralisme politique opérant et durable ainsi que la création d’un « Conseil des Sages », réunissant des hommes d’expérience parmi des personnalités indépendantes, patriotes et intègres qui puissent constituer la référence pour toutes les questions majeures de la Tunisie.
Adresse : Immeuble Al-Imtiaz-Centre Urbain Nord-1003 Tunis Tél. (00216) 71231444 ou (00216) 71 751 164 fax : (00216) 71 236 677 E. Mail : fondationtemimi@yahoo.fr ou fondationtemimi@gnet.tn Internet://www.temimi.refer.org (en français/عربي)
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| Un deuxième appel au peuple, à notre armée nationale et à nos élites |
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Un deuxième séminaire s’est tenu, le 22 janvier 2011, au sein de la Fondation Temimi pour la Recherche Scientifique et l’Information autour de La révolution de la fierté et de la démocratie et les défis de l’avenir politique de la Tunisie. De nombreuses personnalités y ont participé venant d’horizons et de spécialités différents. Tous ont exprimé le désir de mettre leurs compétences au service de cette révolution conduite par le peuple tunisien, premier exemple du genre dans l’histoire moderne des peuples arabes. Réaffirmant leur totale adhésion aux principes de la révolution de la jeunesse et après un débat riche, élargi et pluraliste, les participants sont parvenus aux résultants suivants, transmis aux responsables, élites et médias tunisiens, arabes et internationaux :
1 - nous réaffirmons notre attachement à notre premier appel paru le 19 janvier et prenons acte du fait que le gouvernement ait positivement répondu à certaines demandes. Nous appelons les intellectuels, les personnalités probes et les différentes sensibilités politiques et civiles à prendre en compte l’avenir du pays pour sauver la patrie et les acquis de cette noble révolution.
2 - nous demandons que soient prises en compte les demandes de la jeunesse et appelons les différentes associations et organisations civiles à apporter leur aide aux catégories marginalisées afin que leurs droits soient préservés. Nous appelons également à la lutte pour l’éradication de l’injustice et de la corruption qui ne sont pas une fatalité ainsi qu’à l’adoption rapide d’un programme de développement réel. Nous demandons également aux différentes composantes du peuple de reprendre le travail, de et d’approfondir la solidarité sociale et de faire barrage aux essais de récupération de la révolution par certains opportunistes.
3 - nous joignons notre voix aux organisations et comités professionnels de différents secteurs qui appellent à la responsabilité nationale et leur demandons de s’organiser pour sauver le pays de tous les dangers intérieurs et extérieurs, actuellement et dans l’avenir.
4 - nous réaffirmons notre désir de voir la Constitution actuelle suspendue, suivi de l’élection d’un Conseil constituant qui aurait pour mission la mise en place d’une nouvelle Constitution qui préserverait l’identité nationale, affirmerait son attachement à un Etat civil afin de mettre en place une nouvelle République parlementaire, pluraliste et démocratique garantissant la séparation entre les trois pouvoirs avec pour nécessité de remplacer le régime républicain présidentiel par un régime républicain parlementaire.
5 - nous réaffirmons à nouveau notre désir de voir le dossier du RCD remis entre les mains de la justice pour rendre compte des graves abus commis ayant nui à l’Etat et au peuple. Nous demandons également que soient exclus de ce gouvernement de sauvetage national les ministres qui se sont, de par leurs responsabilités politiques, compromis dans la défense de l’ancien régime.
6 - nous demandons que soient remplacés les gouverneurs, journalistes, présidents d’universités ainsi que tous les symboles de l’ancien régime par des personnalités probes et compétentes, dont regorge la Tunisie, et qui n’ont pas contribué à ternir la réputation de notre pays.
7 - nous proposons la création d’une commission nationale qui aurait pour mission de contacter les partenaires économiques de la Tunisie afin de les rassurer et leur redonner confiance dans l’avenir politique et économique du pays.
8 - nous demandons de façon urgente la promulgation d’un décret présidentiel qui protégerait les archives de tous les ministères, surtout les ministères de souveraineté, contre toute forme d’atteinte et d’accorder aux archives nationales, qui sont la mémoire du peuple, toute l’importance qui leur est due.
9 - nous apportons notre soutien à l’initiative de Maître Kamel Gafsi à propos du conseil de sauvetage national et invitons à ce que soit fixée la date des élections législatives libres et directes.
Les participants ont également décidé de continuer le débat autour du thème :
Assurer le passage d’un Etat policier à un Etat civil, la question de la légitimité et la situation constitutionnelle actuelle, et ce le jeudi 27 janvier 2011 à 09.30
Adresse : Immeuble Al-Imtiaz-Centre Urbain Nord-1003 Tunis Tél. (00216) 71231444 / (00216) 71 751 164 fax : (00216) 71 236 677 E. Mail : fondationtemimi@gnet.tn / fondationtemimi@yahoo.fr Internet://www.temimi.refer.org (en français)
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| Communiqué du 19/01/2011 |
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Nous, intellectuels réunis le 19 janvier 2011 au sein de la Fondation Temimi pour la Recherche Scientifique et l’Information, croyant à la nécessité de soutenir la révolution populaire, de protéger ses aspirations et ses acquis historiques, et après avoir pris acte de la formation d’un gouvernement de transition, demandons que soient appliquées certaines conditions pour la mise en place un gouvernement de sauvetage nationale regroupant les différentes composantes de la société civile, sans exclusion. Ces conditions sont les suivantes : 1 la promulgation d’un arrêté officiel séparant l’Etat du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD) et de tout parti politique. 2 la promulgation d’un arrêté officiel gelant tous les fonds et biens du RCD et renvoyant son dossier devant une commission d’enquête. 3 la mise à l’écart, au sein de ce gouvernement de sauvetage national, des ministres qui ont clairement participé à la corruption et à la répression sous l’ancien régime. 4 l’attribution du ministère de l’Intérieur à une personnalité indépendante car il s’agit d’un ministère central pour rétablir de façon urgente la sécurité intérieure et faire face aux adversaires de la révolution, à l’intérieur et à l’extérieur. 5 l’attribution du ministère de la Défense à une personnalité indépendante pour le rôle stratégique joué par ce ministère dans la défense de la patrie. 6 l’attribution des autres ministères clés à des personnalités indépendantes et intègres afin que ce gouvernement de sauvetage national soit bâti sur de bonnes bases.
Adresse : Immeuble Al-Imtiaz-Centre Urbain Nord-1003 Tunis Tél. (00216) 71231444 ou (00216) 71 751 164 fax : (00216) 71 236 677 E. Mail : fondationtemimi@yahoo.fr ou fondationtemimi@gnet.tn Internet://www.temimi.refer.org (en français/عربي)
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| Communiqué |
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Nous, intellectuels réunis le 19 janvier 2011 au sein de la Fondation Temimi pour la Recherche Scientifique et l’Information, croyant à la nécessité de soutenir la révolution populaire, de protéger ses aspirations et ses acquis historiques, et après avoir pris acte de la formation d’un gouvernement de transition, demandons que soient appliquées certaines conditions pour la mise en place un gouvernement de sauvetage nationale regroupant les différentes composantes de la société civile, sans exclusion. Ces conditions sont les suivantes : 1 la promulgation d’un arrêté officiel séparant l’Etat du Rassemblement Constitutionnel Démocratique (RCD) et de tout parti politique. 2 la promulgation d’un arrêté officiel gelant tous les fonds et biens du RCD et renvoyant son dossier devant une commission d’enquête. 3 la mise à l’écart, au sein de ce gouvernement de sauvetage national, des ministres qui ont clairement participé à la corruption et à la répression sous l’ancien régime. 4 l’attribution du ministère de l’Intérieur à une personnalité indépendante car il s’agit d’un ministère central pour rétablir de façon urgente la sécurité intérieure et faire face aux adversaires de la révolution, à l’intérieur et à l’extérieur. 5 l’attribution du ministère de la Défense à une personnalité indépendante pour le rôle stratégique joué par ce ministère dans la défense de la patrie. 6 l’attribution des autres ministères clés à des personnalités indépendantes et intègres afin que ce gouvernement de sauvetage national soit bâti sur de bonnes bases.
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MESSAGE DE RECONNAISSANCE ET D’ESTIME
Prof. Abdeljelil Temimi
Rendre hommage à d’éminents scientifiques internationaux et arabes qui ont mis en exergue la contribution des Arabes à la civilisation mondiale, est l’une des traditions sur lesquelles veille notre Fondation depuis plus de trois décennies. C’est dans ce cadre que nous avons préparé des Mélanges à treize scientifiques arabes, turcs et internationaux : historiens, archéologues, moriscologues, spécialistes en bibliothéconomie et sciences de l’information et de la documentation ; dont 5 Français, 2 Espagnols, 2 Egyptiens, une Portoricaine, un Hollandais et un Turc. Sans nous arrêter sur l’ensemble de leurs réalisations, sur lesquelles le site de notre Fondation jette des lumières, remarquons qu’ils ont écrit avec passion et amour tout en respectant la rigueur scientifique. Rappelons à cet égard qu’en tant que Président de l’Arab Federation for Libraries and Information (AFLI), nous avons pris une initiative avant-gardiste qui consiste à rendre hommage au Prof. Dr. Chaaban Abdelaziz Khalifa, éminent spécialiste égyptien en bibliothéconomie et sciences de l’information et de la documentation. Car en effet, nous croyons qu’il incombe aux sociétés scientifiques de reconnaître le rôle joué par les pionniers et les éminents chercheurs dans leur vivant, ce qui contribue au renforcement des liens entre les générations de scientifiques arabes dont les noms sont gravés dans la mémoire collective arabe et musulmane. C’est dans ce même cadre que nous rendons hommage aujourd’hui au Dr. Ahmed El-Sheikh Amine du Soudan ; qui fut l’un de ceux qui travaillent avec discrétion loin de toute propagande. Il a fait de son mieux au sein de l’ALECSO, pour créer des bases de données, et encourager les chercheurs ayant des projets pour promouvoir les bibliothèques arabes et les domaines de l’information et de la documentation. Nous connaissons de très près le Dr. Ahmed El-Sheikh, sa probité, et son dévouement pour le travail panarabe multilatéral ; il fut un trait d’union incontournable quant aux relations entre l’AFLI et l’ALECSO ; c’est lui qui fut derrière la signature des deux conventions de coopération qui ont abouti à la réalisation de tant de projets scientifiques, surtout en ce qui concerne les publications de l’AFLI et la tenue de ses congrès réguliers. En effet, le Dr. Ahmed El-Sheikh était bienveillant à l’égard de l’Arab Federation for Libraries and Information qui occupe aujourd’hui une place de choix sur la scène arabe ; sa réputation même sur la scène internationale est due à ses activités régulières, ses publications scientifiques et ses congrès très ciblés. Lors de la crise aigüe qu’a connue cette Fédération, le Dr. El-Sheikh s’est engagé corps et âme pour qu’elle poursuive son travail dans la légitimité et garde son autonomie et ses principes qui sont derrière la place qu’elle occupe parmi les organisations panarabes spécialisées. En tant que directeur du département de la documentation et de l’information de l’ALECSO, le Dr. El-Sheikh a su tisser des relations étroites avec la plupart des spécialistes arabes en bibliothéconomie et sciences de l’information, et a essayé de les engager dans les divers projets de l’ALECSO ; ce qui fut derrière le développement de ce domaine et la propagation des outils de travail dans les bibliothèques arabes. C’est ainsi que nous avons programmé de consacrer ce volume double de notre revue, en hommage au Dr. Ahmed El-Sheikh pour son rôle et ses efforts très appréciables et continus. C’est le couronnement du parcours, au sein de l’ALECSO, d’une personnalité scientifique digne de tout respect. Les contributions à ces mélanges nous sont parvenues de chercheurs arabes et internationaux originaires de plusieurs pays arabes, tant du Machreq que du Maghreb ainsi que d’Europe et des Etats-Unis ; elles sont en langues arabe, française et anglaise ; ce qui reflète la place qu’occupe le Dr. Ahmed El-Sheikh sur la scène arabe et internationale. Nous remercions par ailleurs, tous ceux qui ont contribué à ce projet de Mélanges qui paraissent dans ce numéro double de la Revue Arabe, d’Archives, de Documentation et d’Information (RAADI). Après ces Mélanges Ahmed El-Sheikh, ce sera le tour d’autres éminentes personnalités scientifiques arabes spécialistes en bibliothéconomie et sciences de l’information, signalons entre autres le Prof. Jassem Mohamed Jirjees (Iraq), Yahya ibn Juneïd (Arabie Saoudite), Mohamed Fathi Abdelhadi (Egypte). En effet, ces mélanges sont un message de reconnaissance et d’estime de cette la Tunisie où est née l’AFLI, accueillie et défendue toujours; elle restera fidèle aux principes qui ont guidé cette organisation panarabe loin de toute politisation, au service des bibliothèques et de l’information dans le monde arabe. Tunis, le 08/12/2010 Prof. Abdeljelil Temimi
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| Messages de transparence :
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Une table ronde sur l’aide et le soutien du peuple tunisien à son homologue libyen lors de sa lutte contre l’occupant italien :
Les relations tuniso-libyennes connaissent depuis quelques années un dynamisme économique, commercial et politique important, traduisant les liens forts et la complémentarité entre les deux peuples, visibles dans la presse des deux pays depuis l’occupation italienne jusqu’à l’indépendance de la Libye. La presse tunisienne a suivi attentivement tous les développements de la lutte libyenne à laquelle certains Tunisiens ont participé, notamment le groupe des Jeunes Tunisiens, dirigés par Ali Bach Hanba, qui dès 1911, ont soutenu les Libyens, organisé des campagnes de collectes de fonds sur les pages de leurs journaux, ont recueilli des fonds destinés au Croissant Rouge ottoman et ont encouragé les gens à aider les combattants libyens. Le peuple tunisien a également aidé les caravanes du Croissant Rouge ottoman qui se dirigeaient vers la Libye et dont certains fonds ont été collectés par le Croissant Rouge tunisien. La presse tunisienne a également encouragé les combattants libyens en invitant les lecteurs à participer aux dons, en publiant les actes barbares commis par le colonisateur italien. Citons l’exemple du journaliste Chadhli Qastilli, qui écrivait dans al-Nahda et qui publiait les informations fournies par les Libyens et notamment par Muhammad Hédi Mchirgui qui utilisait un pseudonyme pour écrire des articles dénonçant les actes du colonisateur italien. Il y a aussi Abd al-‘Azîz Thaâlbî qui a fondé une association d’aide aux combattants tripolitains à laquelle participèrent Mohieddine Klibi et Muhammad Mqaddim. Cette association a rempli plusieurs missions, notamment : - aider les combattants libyens, - aider les familles et tribus libyennes qui se sont réfugiées en Tunisie en passant par le désert, - désamorcer les conflits entre les combattants, rôle joué par Abd al-‘Azîz Thaâlbî. Ce sont quelques faits oubliés de l’histoire du combat commun de la Tunisie et de la Libye. Les institutions et centres politiques et scientifiques tunisiens et libyens auraient dû prendre en charge l’étude de ces dossiers et inviter les nouvelles générations d’historiens et chercheurs des deux pays à étudier cette période riche en événements. Nous rappelons que la Fondation a publié plus de 300 études documentées sur l’histoire moderne et contemporaine de la Libye et des centaines de nouveaux documents trouvés dans les archives turques, françaises et britanniques soit dans la Revue d’Histoire Maghrébine ou dans l’Arab Historical Review of Ottoman Studies. Où sont les études et documents concernant la Tunisie et publiés en Libye ? Nous vivons une époque où les intérêts personnels et l’appât du gain priment sur les visions et ambitions scientifiques communes. Il est regrettable qu’aucun congrès ou rencontre scientifique non politisé ne soit organisé entre les deux pays, venant renforcer leur partenariat scientifique. Nous allons étudier la possibilité d’organiser une table ronde autour de ce dossier.
L’encyclopédie de Kairouan qui continue d’être ignorée :
Dans le cadre des séminaires de la mémoire culturelle, nous avions invité, il y a un mois, le Dr. Mongi Kaabi, auteur de L’encyclopédie de Kairouan, parue au cours de l’année 2009, à l’occasion de la manifestation « Kairouan, capitale de la culture musulmane ». Lors d’un entretien avec M. Kaabi, il m’a raconté les débuts du projet. Une commission avait été chargée de préparer l’Encyclopédie, sous la direction scientifique du Dr. Mongi Kaabi. Les différents échecs, entraves et désorganisations l’ont poussé à prendre la décision de la préparer seul. Il y est parvenu en un temps record. Son encyclopédie comprend finalement 800 pages. Il l’a publiée à compte d’auteur, juste avant la fin de la manifestation « Kairouan, capitale de la culture musulmane ». Il n’a pas pu la présenter aux hautes autorités et n’a même pas été invité à la cérémonie de clôture de la manifestation, ce qui est inadmissible. Vu la sensibilité du sujet, nous avons invité le Dr. Kaabi à nous faire le récit de cette expérience douloureuse qui s’est accompagnée de l’ingratitude du Ministère de la Culture et de la Sauvegarde du patrimoine et du directeur de l’ISESCO. L’auteur n’a pas été remercié pour ses efforts lors de la préparation de l’encyclopédie et aucun exemplaire n’a été commandé. Le ministère en question a même préparé une encyclopédie parallèle, tirée à 1500 exemplaires, retirée précipitamment du marché lorsqu’on s’est aperçu qu’elle ne respectait pas les critères scientifiques. Soucieux de faire la lumière sur cette question, nous condamnons ces actes qui portent malheureusement atteinte au pays. Les responsables devraient en rendre des comptes.
*** Une lettre aux bibliothécaires, membres de l’AFLI (Arab Federation of Libraries and Information)
Suite à ma participation au XXIème congrès de l’AFLI tenu à Beyrouth, je n’avais pas l’intention d’adresser ce courrier aux bibliothécaires mais je le fais pour me décharger de quelque responsabilité que je ressens en tant que fondateur et défenseur de l’AFLI depuis sa création à Kairouan en janvier 1986. Il est inutile de rappeler les sacrifices financiers et les efforts d’organisation que j’ai dû assumer puisque j’ai organisé les six premiers congrès au sein de la Fondation à Zaghouan. Après mon élection à la tête de l’AFLI, j’ai organisé certains congrès exceptionnels à Amman (1997), Damas (1998), Nabeul (Tunisie 1999) et Le Caire (le congrès parallèle d’IFLA, organisé à Jérusalem en 2000). Ces rencontres étaient une véritable réussite sur le plan de l’organisation ou de l’entraide entre participants et organisateurs. Les actes de ces différentes rencontres ont tous été publiés. Mon devoir, tel que je l’ai mentionné dans un courrier, daté du 15 juillet 2010, adressé au Dr. Hassan Alsereihy était de « veiller à la continuation des activités de l’AFLI dans le futur et d’œuvrer à redonner confiance à la nouvelle génération de spécialistes ». Croyant au rôle que peut jouer l’AFLI dans le regroupement des spécialistes arabes, j’ai accepté, depuis le premier congrès de Beyrouth, le principe de l’alternance à sa direction, à condition que le siège reste à Tunis et que le secrétaire général et le trésorier soient issus du pays de résidence, comme témoignage du rôle qu’il a joué dans la préservation de cet acquis scientifique. Je n’ai ménagé aucun effort pour surmonter toutes les difficultés rencontrées alors. Lors du congrès du Caire, par exemple, j’ai réussi à réunir la somme de quatre-vingt-dix mille dollars grâce à mes relations personnelles avec un nombre de personnalités et d’organismes arabes. Un nouveau conseil d’administration a été élu et les participants m’ont nommé président d’honneur de l’AFLI. Durant toute cette dernière décennie, l’AFLI a traversé de nombreuses crises qui ont failli lui coûter son unité. Grâce à la croyance sans faille en cette structure et à la rationalisation dans la prise de décision, ces difficultés ont été traversées et de nouveaux succès scientifiques ont été réalisés lors des congrès suivants. J’aimerais faire quelques remarques qui n’ont pas échappé aux participants du dernier congrès de Beyrouth : Premièrement : depuis 1975, j’ai de très bons rapports de coopération avec les spécialistes saoudiens en bibliothéconomie grâce à leur expérience et à leurs nombreuses publications. Notre coopération s’étale sur plusieurs plans. Nous leur avons publié de très nombreux travaux dans notre revue spécialisée qui paraît régulièrement depuis quatorze ans. J’ai intégré une jeune professeure saoudienne à son comité scientifique. Il est donc malvenu et regrettable d’essayer de s’en prendre à ces relations en répandant calomnies et mensonges. De très nombreux saoudiens connaissent ma position vis-à-vis de l’AFLI et me soutiennent depuis longtemps. Deuxièmement : Je ne pense pas que l’éviction du rôle de la Tunisie lors des deux derniers congrès à Casablanca et à Beyrouth soit honnête. Je crois que de nombreux Saoudiens présents ont exprimé leur désaccord avec ce qui s’est passé surtout que le rôle joué par certains tunisiens a été occulté notamment le Dr. Wahid Gdoura, un des meilleurs spécialistes arabes et internationaux en bibliothéconomie. Depuis la création de l’AFLI, il a œuvré à sa préservation avec professionnalisme et sans aucune tentative de politisation de ses rencontres scientifiques. S’agissant de ma personne, on a ignoré tous les services rendus à l’AFLI et j’ai été empêché, lors de la dernière rencontre à Beyrouth, d’intervenir en ma qualité de président d’honneur de l’AFLI, qui, à ma connaissance, ne m’a pas été retirée jusqu’à ce jour. Cette position porte réellement atteinte au respect mutuel, principe sur lequel était basé le fonctionnement de l’AFLI depuis sa création. La direction aurait dû le suivre sans complexe de domination ou de supériorité ou encore tentative de contenir certaines personnalités. Troisièmement : partant de ce tableau triste, où l’on a essayé d’occulter le rôle joué par la Tunisie et d’ôter au conseil d’administration ses véritables fonctions, établies lors de la modification du statut de l’AFLI pendant le congrès de Hammamet, je suis personnellement mécontent de cette déchéance et regrette profondément ce qui s’est passé lors du congrès de Beyrouth, espérant que les sages et les responsables arabes œuvreront à enraciner l’influence de l’AFLI au Maghreb et au Machrek et reconnaitront le rôle joué par certaines personnes dans son parcours scientifique. Nous continuerons à défendre notre AFLI malgré les essais visant à occulter le rôle de la Tunisie et de ses hommes qui ont œuvré à préserver ce précieux acquis pendant plus de vingt ans lorsque certains autres ne se préoccupaient pas de son devenir mais ont, au contraire, essayé de porter atteinte à son unité.
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| Les séminaires hebdomadaires sur la Mémoire Nationale :
Une réalisation documentaire importante pour l’histoire du Temps Présent* |
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Notre Fondation s’est intéressée depuis plusieurs années aux fondements de l’Etat National en Tunisie et au Maghreb ; nous avons organisé, pour cet effet, sept congrès sur Bourguiba et une dizaine d’autres sur le Maghreb où furent traités nombreux dossiers considérés jusqu’aujourd’hui comme tabous ; tous les actes ont été publiés ; en outre nous nous sommes engagés à organiser des séminaires et des tribunes de discussions sur la Mémoire Nationale tunisienne et maghrébine, chaque semaine, en faisant appel à de nombreuses personnalités politiques, syndicales, universitaires, artistiques, intellectuelles et d’hommes d’affaires, appartenant à divers courants de pensée, ce qui nous a amené à publier 23 ouvrages et plus d’une centaine de textes de ces témoignages, qui furent derrière la création d’une base de données audio-visuelle, incontournable, et très précieuse à bien d’égards. L’ensemble de ces textes de témoignages audio-visuels ont participé à la démocratisation de l’écriture de l’histoire du peuple, en s’intéressant aux groupes sociaux les moins favorables, en donnant la parole, pour la première fois à tous les courants idéologiques sans exception aucune, ce qui nous a conduit à récolter des témoignages d’une grande importance pour l’histoire du Temps Présent en Tunisie, qu’aucune autre institution tunisienne, maghrébine, arabe, française ou européenne n’a pu réaliser ; je relève ici que nous avons également pu recueillir les opinions et regards croisés avec les débats de tous les participants, ce qui a enrichi, indiscutablement notre base de données, que tout chercheur peut exploiter ; quant aux bourguibiens, nous les invitons à connaître mieux l’histoire de notre pays et rompre le silence, qui a duré trop longtemps ce qui ne plaide pas en leur faveur ; l’Histoire en jugera ! Voici donc la liste complète des actes des sept congrès sur Bourguiba ainsi que les textes des séminaires sur la Mémoire nationale et l’histoire du temps présent:
I – Actes sur Bourguiba et d’autres travaux complémentaires : 1. Actes du 1e Congrès international sur : Habib Bourguiba et l’établissement de l’Etat national : Approches scientifiques du Bourguibisme, 533p (en arabe et français), Zaghouan, Avril 2000. 2. Actes du IIe congrès sur : Bourguiba, les Bourguibiens et la Construction de l'Etat National, 506p, Septembre, 2001. 3. Actes du IIIe Congrès sur : Mécanismes du pouvoir à l’époque de Bourguiba en Tunisie et dans le Monde arabe, Février 2003, (en arabe et français), 510 p. 4. Actes du IVe Congrès sur : Justice et législation dans la Tunisie Bourguibienne et les pays arabes, Février 2004, (en arabe et français), 560 p. 5. Actes du Ve Congrès sur : Fin du règne de Bourguiba (1980-1987) et les leaderships politiques arabes : ascension et régression, (en arabe et français), mars 2005, 608 p 6. Actes du VIe Congrès sur : Les enjeux de la culture et de la connaissance en Tunisie et au Maghreb (1956-2005), (en arabe et français), septembre 2006, 408 p 7. Actes du VIIe Congrès sur : Etat de droit et prise de décision à l'époque de Bourguiba et au Maghreb, mars 2009, 326p ; ISBN 978-9973-32-089-6 8. - Temimi, Abdeljelil, Etudes sur la pensée et la politique Bourguibismes, 134 pages en arabe, Mars 2004, (nous attendons l’autorisation de sa diffusion, depuis mars 2004) 9. Mémoires politiques et écrits historiques de Youssef Rouissi, élaboré et présenté par A. Temimi, Zaghouan, 293p (en arabe et en français), Avril, 1995. 10. Actes du 1er congrès international sur : Farhat Hached : mouvement ouvrier et lutte nationale, 370p, (en arabe et en français), Zaghouan, Janvier 2002. 11. Témoignage d’Ahmed Ben Salah sur son parcours national et international, 176p., (en arabe), mars 2002. 12. Témoignage politiques de Tahar Belkhodja, 132 p, (en arabe et en français), mars 2002 13. Taieb Baccouche : Mouvement Syndical & démocratie en Tunisie (1971-1989), 170 p, (en arabe et en français) août 2003. 14. Le 17ème congrès du Forum de la pensée contemporaine sur : Rôle de la Femme Maghrébine dans le Mouvement de Libération et l’Edification de l’Etat National (408 p, mai 2007 en arabe et en français) 15. Séminaires de la Mémoire Nationale et l'Histoire du Temps Présent, Tome I, 412p, ISBN 978-9973-32-083-4, Tunis, Avril 2008. 16. Séminaire de la Mémoire Nationale et l'histoire du Temps Présent, Tome II, 420p, ISBN 978-9973-32-085-8, Tunis, Juillet 2008. 17. Le Rôle politique et culturel de Perspectives et des Perspectivistes dans la Tunisie Indépendante, Tome III, 290p, ISBN 978-9973-32-087-2, Tunis, Septembre 2008. 18. Le cinquantenaire de l’Université tunisienne : Témoignages de quelques doyens et directeurs, Tunis, Juillet 2009. 410p ; ISBN 978-9973-32-094-0 19. Mouvement syndical et nationalisme dans le parcours d’Ableaziz Bouraoui (1944-1988), 240 p. Tunis, Septembre 2009 20. Place de l’armée, la Garde Nationale et la Douane dans la Construction de l’Etat Tunisien., 240 p. Tunis, Avril 2010. 21. Témoignages de la mémoire culturelle sur : arts, langue et identité, 326 p, Tunis, Avril 2010. 22. Témoignages sur l’Union Générale des Etudiants de Tunisie, 290 p, Tunis, Août 2010. 23. Témoignages Mongi Kooli (à paraître très prochainement).
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II- Liste des textes des séminaires publiés jusqu’à présent : 1. Témoignage de Mustapha Filali, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n° 109, pp 201-264, (en arabe) janvier 2002. 2. Témoignage de Mohamed Ennafaa, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n° 110, pp 201-246 (en français), janvier 2003. 3. Témoignage de Mohamed Ennafaa, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n° 111, pp 557-598 (en arabe), janvier 2003. 4. Témoignage de Ahmed Zemni, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n° 109 pp 317-346, (en arabe) janvier 2003. 5. Témoignage sur la bataille de Bizerte, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n° 111 pp 599-625, (en arabe) juin 2003. 6. La diplomatie tunisienne depuis l’indépendance, in, Revue d’Histoire Maghrébine n° 112 pp 757-786, (en arabe) juin 2003. 7. Témoignage sur le dossier du 26 janvier 1978 regards croisés, in, Revue d’Histoire Maghrébine (en français), n°14, pp. 163-191, (en arabe), janvier 2004. 8. Témoignage du 26 janvier 1978, in, Revue d’Histoire Maghrébine (en arabe), n°114, pp. 259-291, (en français), janvier 2004. 9. Témoignage sur le conflit Bourguiba/Ben Youssef (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n° 114, pp. 215-258, janvier 2004. 10. Témoignage sur le complot de 1962 (en français), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°114, pp. 127-163, janvier 2004. 11. Témoignage sur le complot de 1962 (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°114, pp. 215-258, janvier 2004. 12. Témoignage de Mustapha Filali (en français), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°114, pp. 163-191, janvier 2004. 13. Témoignage de Béji Caïd Essebsi (en français), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°115, pp. 145-154, mai 2004. 14. Témoignage de Gilbert Naccache (en français), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°115, pp. 155-176, mai 2004. 15. Témoignage de Chedly Ayari (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°115, pp. 197-212-, mai 2004. 16. Témoignage de Béji Caïd Essebsi (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°115, pp. 213-253, mai 2004. 17. Témoignage de Mohamed Kraiem (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°116, pp. 225-254, mai 2004. 18. Témoignage du Prince Chadly Bey (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°117, pp. 119-139, mars 2005. 19. Témoignage de Mohamed Mzali (1) (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°117, pp. 139-161, mars 2005. 20. Témoignage de Rachid Driss (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°118, pp. 411-462, mars 2005. 21. Témoignage sur Ahmed Tlili (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°118, pp. 463-483, mars 2005. 22. Témoignage de Mohamed Harmel (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°120, pp. 399-420, juin 2005. 23. Témoignage de Mohamed Masmoudi (en arabe), in, Actes du VIe Congrès sur : Fin du règne de Bourguiba (1980-1987) et les leaderships politiques arabes : ascension et régression, pp. 451-496, mars 2005. 24. Témoignage de Omar Chéchia (en arabe), in, Actes du VIe Congrès sur : Fin du règne de Bourguiba (1980-1987) et les leaderships politiques arabes : ascension et régression, pp. 497-534, mars 2005. 25. Témoignage sur la diplomatie tunisienne en Afrique (en arabe), in, Actes du VIe Congrès sur : Fin du règne de Bourguiba (1980-1987) et les leaderships politiques arabes : ascension et régression, pp. 535-555, mars 2005. 26. Témoignage de Hessine Triki (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°122, janvier 2006. 27. Témoignage de Mohamed Mzali (2) (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°121, janvier 2006 28. Témoignage de Hédi Turki (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°122, janvier 2006. 29. Témoignage d’Aboulkacem Kerrou (1 et 2) (en arabe), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°122, pp 197-227, janvier 2006. 30. Témoignage de Omar Chachia (en français) in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°122, pp ,115-155, janvier 2006. 31. Témoignage du Dr. Tawhida Ben Chikh, in Actes du 17ème congrès du Forum de la pensée contemporaine sur : Rôle de la femme Maghrébine dans le mouvement de libération et de l’édification de l’état national, pp. 237-246, Novembre 2006 32. Témoignage de Madame Fathia Mzali sur le planning familial en Tunisie à ses débuts, in Actes du 17ème congrès du Forum de la pensée contemporaine sur : Rôle de la femme Maghrébine dans le mouvement de libération et de l’édification de l’état national, pp. 247-272, Novembre 2006. 33. Témoignage de Chadly Ayari et Mustapha Filali, Nous et les autres, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°124, pp, 199-220, juin 2006. 34. Le coût du non Maghreb (présenté par le Prof. Mustapha Filali) in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°121, pp. 131-158, mars 2006. 35. Témoignage du grand leader Hassine Triki (2), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°125, pp. 145-172, mars 2007. 36. Témoignage de l’ancien Gouverneur Maître Tahar Bousemma : Souvenirs d’un Gouverneur, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°125, pp. 173-188, mars 2007. 37. Témoignage de Mohamed Kraiem (2), in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°126, pp. 151-172, mars 2007. 38. Témoignage sur le Grand Militant Syndicaliste Habib Achour, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°126, pp. 173-204, mars 2007. 39. Témoignage sur Le tournant syndical en Tunisie 1976-1986 et rôle des deux acteurs Salih Zghidi et Jounaidi Abdeljawed, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°126, pp. 205-222, mars 2007. 40. Mémoires du Cheikh Hassen Ayadi : Itinéraire d’un combattant, pp. 119-157 (en français) in Revue d’Histoire Maghrébine, n°126, février 2007. 41. Témoignage de M. Mahmoud Bessrour, ancien Ambassadeur en Indonésie, pp. 89-108 (en français) in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 126, février2007. 42. Témoignage de M. Salah Zghidi : Un itinéraire syndical : voyage de 20 ans à l’intérieur de l’UGTT, 1972-1993, pp. 109-118 (en français) in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 126, février2007. 43. Témoignage de M. Mustapha Zaanouni (1 et 2) in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°127, pp. 133-178, mars 2007. 44. Tribune de discussions sur : Les débuts du courant nationaliste arabe en Tunisie in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°127, pp. 179-204, mars 2007. 45. Séminaire de la mémoire nationale Maghrébine avec le Prof. Zerouali Ouariti Nejib, ambassadeur du Royaume du Maroc à Tunis sur : Réforme de l’Enseignement Supérieur au Maroc sur : l’Université : Outil de Développement in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°127, pp. 205-222, mars 2007. 46. Tribune de discussion animée par MM. Mohamed Belhadj Omar et Tahar Belkhodja sur : Les débuts de l’UGET (1952-1960), la coopérative (1962-1969) et le procès de MUP (1977) in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°127, pp. 223-233, mars 2007. 47. - Témoignage avec le Professeur Amor Chadli sur la création de la Faculté de Médecine de Tunis et ses douze premières années, pp 151-182, (en français) in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 128, juin 2007. 48. Moncef Ouannes , Les enjeux scientifiques en Tunisie l’exemple du CERES in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 129, mars 2008. 49. Témoignage (1) l’un sur : l’avenir des Sciences Humaines et Sociales au sein du CERES et le deuxième avec Hassan Annabi et Hichem Sekik, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°129, pp. 123-160, (en arabe), mars 2008. 50. Témoignage (2) l’un sur : l’avenir des Sciences Humaines et Sociales au sein du CERES et le deuxième avec Hassan Annabi et Hichem Sekik, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°129, pp. 161-188, (en arabe), mars 2008. 51. Tribune de discussions sur la Mémoire Nationale sur : Rôle de Bizerte dans le mouvement National avec Mohamed Salah Fliss, Mohamed Salah Nehdi, Rachid Terras, Ali Ben Salem,Faouzi Sedkaoui et Mohamed Ali Garci, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 15-52, (en arabe), mars 2008. 52. Tribune de discussions sur la mémoire nationale sur : Répercussions politiques, économiques et sociales de la guerre de Bizerte sur la société tunisienne Moyennant des témoignages et analyses de Bizertins et autres, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 52-82, (en arabe), mars 2008. 53. Séminaire de la mémoire nationale sur : Rôle de Sfax dans le mouvement national, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 83-104, (en arabe), mars 2008. 54. Séminaire de la mémoire nationale sur : Rôle de Kairouan dans le mouvement national avec la participation de MM. Omar Feddha, , Ahmed Ladjimi, fils du Caïd Ladjimi et bien d’autres, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 105-120, (en arabe), mars 2008. 55. Séminaire sur la Mémoire Nationale avec Si Mustapha Filali sur le dossier du désarmement des Fellaga, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 121-134, (en arabe), mars 2008. 56. Tribune de discussions (1) sur : Le Zaîm Saleh Ben Youssef avec Sadok Chaib, Habib Lamsi, Noureddine Ben Jemai, Youssef Chriki et Moncef Chabbi, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 135-146, (en arabe), mars 2008. 57. Tribune de discussions (2) sur : Le Zaîm Saleh Ben Youssef, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 147-160, (en arabe), mars 2008. 58. Le leader Hédi Chaker, sa fonction, son parcours de nationaliste, et les répercussions de son assassinat sur le mouvement national à Sfax et dans le pays avec les témoignages de MM. Mhamed Chaker, Mohamed Bakour, Abdelaziz Bouraoui, Hamed Zghal et autres, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 161-190, (en arabe), mars 2008. 59. Témoignage de M. Sadok Ben Jemaa in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 191-224, (en arabe), mars 2008. 60. Deux témoignage avec Néjib Bouziri, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 225-264, (en arabe), mars 2008. 61. Séminaire sur la Mémoire Nationale avec le syndicaliste Si Mohamed Ezzeddine, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 265-280, (en arabe), mars 2008. 62. Témoignage de M.. Taieb Triki Sur la décennie du feu Mahmoud Messaadi 1958-1968, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 281-312, (en arabe), mars 2008. 63. Séminaire de la mémoire nationale avec M. Mohamed Hédi Khelil, Ancien Ministre de l’Education Nationale sur : Approches personnelles sur les questions d’Education avec les Ministres et les décideurs du Ministère, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 313-331, (en arabe), mars 2008. 64. Amel Ben Aba.- Perspectives miennes, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 15-26, (en français) mars 2008. 65. Séminaire de la Mémoire Nationale sur : La Création et le développement de la Faculté des Sciences de Tunis avec le Prof honoraire Mohamed Larbi Bouguerra, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 27-36, (en français) mars 2008. 66. Néjib Bouziri.- Réplique à M. Béji Caïd Essebsi, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 37-46, (en français) mars 2008. 67. Rachid Terras.- La guerre de Bizerte, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 47-50, (en français) mars 2008. 68. Séminaire International avec M. l’Ambassadeur de Chine en Tunisie Son Excellence Liu Yuhe sur : Ouverture et développement de la Chine Quelles opportunités pour le monde arabe et l’Afrique ?, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 53-80, (en français) mars 2008. 69. Séminaire avec le Prof. Nejib Zerouali Ouariti Ambassadeur du Royaume du Maroc à Tunis sur : Le dialogue des cultures et civilisations, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 81-104, (en français) mars 2008. 70. Séminaire international sur Le rôle des Pays-Bas dans la coopération au développement avec Mme l’Ambassadeur Dr. Rita Dulci Rahmen, in, Revue d’Histoire Maghrébine, n°130, pp. 105-117, (en français) mars 2008. 71. Séminaire sur la Mémoire Nationale avec Si Tahar Kacem, in Séminaire de la Mémoire Nationale, T II, (en arabe) pp 55-70, juillet 2008. 72. Séminaires Séminaire sur la Mémoire Nationale avec l’ancien ambassadeur M.Habib Nouira , in Séminaire de la Mémoire Nationale, T II, (en arabe) pp 71-102, juillet 2008. 73. 6 dialogues sur le feuilleton diffusé par le Canal Al-Arabia sur : « Zaman Bourguiba », in Séminaire de la Mémoire Nationale, T II, (en arabe) pp 105-168, juillet 2008. 74. Témoignages de Salah El Mahdi, in Séminaire de la Mémoire Nationale, T II, (en arabe) pp 169-224, juillet 2008. 75. Si Habib Boughrara sur : L’Historique du début de la chanson tunisienne (1904-1955), in Séminaire de la Mémoire Nationale, T II, (en arabe) pp 225-252, juillet 2008. 76. Séminaire de la mémoire nationale avec : Ali Chalfouh, Belgacem Chabbi et Abderrazak Kilani sur : Le mouvement national en Tunisie : Les Baâthistes tunisiens dans l’évolution du mouvement national (1961-1968), ), in Séminaire de la Mémoire Nationale, T II, (en arabe) pp 253-282, juillet 2008. 77. Séminaire sur la Mémoire Nationale sur : Les activités politiques des Tunisiens à Paris (1973-1987) avec Maître Massoud Chabbi, in Séminaire de la Mémoire Nationale, T II, (en arabe) pp 283-306, juillet 2008. 78. Séminaire de la Mémoire Nationale avec l’un des principaux chefs Baâthistes le Dr. Mohamed Salah Harmassi, in Séminaire de la Mémoire Nationale, T II, (en arabe) pp 307-334, juillet 2008. 79. Séminaire sur la Mémoire Nationale sur : Les Baathistes en Tunisie (1968 à 1989) avec Dr. Afif Bouni et Khayreddine Souabni in Séminaire de la Mémoire Nationale, T II, (en arabe) pp 335-377, juillet 2008. 80. Séminaire de la mémoire nationale sur : la participation de Bizerte au mouvement de la libération nationale, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 132, pp 101-122 (en français) Tunis 2008 81. Séminaire avec l’ambassadeur américain, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 132, pp 123-148 (en français) Tunis 2008 82. Séminaire de la Mémoire Nationale (1er session) sur : Rôle du Sud Tunisien dans la résistance armée et le mouvement national entre reconnaissance et ignorance, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 134, pp 181-204 (en arabe) Tunis 2009 83. Le 22 Mars 1968 : date inoubliable pour un perspectiviste : Témoignage personnel d’Ahmed Smaoui, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 134, pp 133-148 (en français), mars Tunis 2009 84. Débat scientifique sur l’ouvrage du Prof Sadok Belaïd (Ancien Doyen de la Faculté de Droit) : "Le coran et le droit : Une nouvelle lecture des versets prescriptifs du coran’, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 134, pp 219-246 (en arabe), mars Tunis 2009 85. Séminaire sur le militant Ibrahim Toubal, avec Habib Lamsi et Moncef Chebbi, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 135, pp 185-226 (en arabe)Tunis 2009 86. Séminaire avec le Professeur Saadeddine Zmerli, ancien ministre de la Santé, un des fondateurs de la Ligue tunisienne des droits de l’homme, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 135, pp 153-188 (en français)Tunis 2009 87. - Séminaire sur : La Zitouna comme institution éducative avant et après l’indépendance : les mécanismes et le devenir, avec le témoignage du professeur Mohamed Habib al-Hila, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 136, pp 69-116 (en arabe)Tunis 2009 88. Séminaire sur : Les débuts de l’Ecole Coloniale d’Agriculture et la création de l’Institut National d’Agriculture en 1971 avec Si Mustapha Filali et Mohamed Belhadj Amor, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 136, pp 117-138 (en arabe)Tunis 2009 89. Tribune de discussions sur: La méthodologie de l’écriture du Mouvement National, avec Mohamed Sayah, Moncef Chebbi, Ali Mahjoubi, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 136, pp 14-182 (en arabe)Tunis 2009 90. Séminaire avec Taoufik Bachrouch sur son parcours universitaire et Doyen de la Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis, , in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 136, pp 191-230 (en arabe)Tunis 2009 91. – Séminaire avec Si Tijani Ketari sur : Les conditions de la création de la Garde Nationale, les orientations et les réalisations au début de l’indépendance, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 137, pp 215-236 (en arabe)Tunis 2010 92. - Séminaire avec Si Ameur Kriaa et Salem Sabbagh sur : Les débuts de création et formation de la Garde Nationale 1955-1970, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 138, pp 53-86 (en arabe), Tunis 2010 93. Séminaire sur Tunisification et développement de la douane tunisienne avec M. Hassan Babbou, Hamadi Skhiri et Abdelnour Jaabillah, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 138, pp 87-114 (en arabe), Tunis 2010 94. Séminaire (2ème rencontre) sur : Le rôle de la douane dans l’économie rationale, Réalisations et échecs, avec MM. Mustapha Badreddine, Hamadi Skhiri, Nabil Sboui et Khaled Boushnak, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 138, pp 115-142 (en arabe), Tunis 2010 95. Séminaire sur : La situation dans le Royaume de Tunis après le départ de Tunis des armées (1944-1955) , in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 138, pp 143-182 (en arabe), Tunis 2010 96. Séminaire sur : Les événements de Wardanin, fin Janvier 1969 et ses répercussions sur le processus des coopératives, avec Si Hassen Babou, Directeur de la Sûreté Nationale, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 138, pp 183-212 (en arabe), Tunis 2010 97. Séminaire avec M. Mohamed al-Issawi al-Chetoui Ministre de l’Education et de l’Information nationale dans le premier gouvernement de Kadhafi, in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 139, pp 193-222 (en arabe), Tunis 2010 98. Séminaire de la Mémoire nationale et l’histoire du temps présent sur : Le rôle du Dr. Ali El-Okbi dans la construction de l’Unité de santé maghrébine avec Prof. Saadeddine Zmerli, , in Revue d’Histoire Maghrébine, n° 140, pp 135-154 (en français), Tunis 2010
III- En préparation : 99. Témoignage sur Dr. Slimen Ben Slimen 100. Deux témoignages avec Si Mohamed Sayeh 101. Témoignage de M. Mustapha Masmoudi sur : La Tunisie indépendante face à la révolution informatique et l’avenir du processus du savoir à l’échelle mondiale 102. Tribune de discussions sur : Le courant unioniste arabe en Tunisie (1962-1970) avec : Sadok Abidi, Masud Chabbi, Bousiri Akrami et Moncef Chabbi 103. Séminaire de la Mémoire Nationale, avec l’ancien Ambassadeur Si Mahmoud Maamouri 104. Séminaire avec L’ancien Bâtonnier Maître Lazhar El-Karoui Chebbi sur l’Historique de la Profession d’Avocat avant et après l’indépendance 105. Séminaire sur un sujet de politique internationale avec son Excellence Abdelwaheb El-Sawoui Khalfallah, Ambassadeur du Soudan en Tunisie sur : Darfour : Luttes intérieures et extérieures croisées et enjeux d’avenir 106. Dialogue avec Ahmed Ben Salah, ancien Ministre 107. Séminaire sur : Les mutations du mouvement communiste au Mashrik avec Dr. Abdallah Turkmani 108. Séminaire (1) avec : .Maître Béchir Khantouche sur : le métier d’avocat durant la période bourguibienne 109. Séminaire (2) avec : .Maître Béchir Khantouche sur ses plaidoiries suivantes : Affaires politiques, syndicales, mouvement islamique d’El Nahdha, les hommes de gauche, l’affaire des juges, le combat contre la corruption, la mauvaise gouvernance et le divorce de Habib Bourguiba de Wassila Ben Ammar 110. Séminaire sur Bahi Ladgham à l’occasion du dixième anniversaire de sa disparition avec une présentation de l’historien Hassine Raouf Hamza 111. - Séminaire sur : Taïeb Mhiri avec Sadok Jomâa, Mohamed Ghrab, Néjib Bouziri, Moncef Chebbi. 112. 2ème Séminaire sur : Feu Taieb Mhiri avec MM. Mohamed Habib Ghrab et Mme Aicha Mhiri 113. Séminaire sur : Ali Zlitni, une grande figure du nationalisme avec MM. : Habib Lamsi, Mohamed Salah Bratli , Hamadi Ghars et Adel Mchirgui 114. – Séminaire sur : Monji Slim (première séance) avec messieurs Ahmed Chturu, Najib Bouziri et Habib Guerfal 115. - Séminaire sur : Monji Slim (deuxième séance) avec MM. Ahmed Chtourou, Abd al-Hay Chouikha et Habib Guerfal 116. Séminaire sur Lamin Chabbi, deuxième ministre de l’Education nationale, après l’indépendance, avec le témoignage de son directeur de Cabinet, feu Mohamed Mzali, ancien Premier ministre et de son fils, Mourchid Chabbi 117. Séminaire sur Le dossier du plateau continental avec M. Sadok Belaid 118. Séminaire avec Monsieur Habib Guerfal Autour de son rôle dans la construction de l’Etat national tunisien 119. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec L’expert international, M. Ahmed Smaoui autour du tourisme, de l’économie et du rôle du transport aérien 120. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec Monsieur Boubaker Aziz sur son parcours nationaliste 121. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec Monsieur Mohamed Bel Hadj Amor sur son parcours nationaliste et son rôle dans la création du Parti de l’Unité Populaire (P.U.P.) ainsi que des mécanismes de son fonctionnement (1984-1999) 122. Séminaire de la mémoire nationale et du temps présent avec M. Mohamed Abdelkafi, l’une des figures politiques et intellectuelles de Tunisie 123. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec Monsieur Ahmed Ibn Mohamed Ibn Mbarik Ibn Nasir (plus connu sous le nom de Ahmed Tlisi )(1ère partie) autour de la résistance armée et de l’ambiance politique en Tunisie au début de l’indépendance) ; (2ème partie) autour de : - l’assassinat de Mokhtar Atiyya ; le rôle du bureau politique du Destour dans la résistance ; le rôle de Hassan Ayyadi dans les assassinats ; le rôle des avocats dans la bataille de libération en Tunisie et en Algérie 124. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec MM. Abdessattar El-Hani et Mokhtar Ben Saad El Hammi et leur rôle dans la lutte nationale (1ère séance) 125. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec le Professeur Seddik Jeddi sur : Les mécanismes de la construction des bateaux aux îles de Kerkennah et la gestion de l’hôpital El Razzi (1977-1992) 126. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec le Professeur Seddik Jeddi sur : "Son parcours à l'hôpital Razi et les enjeux" 127. Séminaire sur la Mémoire Nationale avec M. Mustapha Zaanouni sur : Le Mouvement des Démocrates Socialistes en Tunisie 128. Séminaire avec Prof. Suraiya Faroqhi sur : "Marchands tunisiens à Istanbul au 18e siècle" 129. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec MM. Samir Innabi et Chadhli Ben Younès autour de : La profession d’avocat à l’époque du président Bourguiba 130. Tribune de discussion arabo-arabe avec Son Excellence le Dr. Farid Abboud, ambassadeur du Liban à Tunis autour de : Le nouveau climat politique libanais et les défis de l’avenir et l’importance des archives américaines pour l’histoire de la région arabe 131. Séminaire de la mémoire nationale sur L’histoire de la profession d’avocat à l’époque du président Bourguiba : nouveaux éclairages avec MM. Lazhar al-Karoui al-Chabbi, Chadhli Ben Younes et d’autres 132. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec MM. Ameur Horchani et Ameur Kria sur : Les défis de la gestion de l’eau 133. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec M. Ameur Horchani et Ameur Kriaâ (2ème partie) sur : Les réserves hydriques de la Tunisie durant les trente prochaines années ; -La place du désert et son rôle économique et social d’aujourd’hui 134. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec Prof. Ali Hili sur Les organisations non-gouvernementales et de l’environnement : état et perspectives 135. Séminaire sur les réalisations en matière de documentation, d’information et de communication au sein de l’ALECSO : Etat des lieux et perspectives d’avenir avec le Dr. Ahmed al-Cheikh al-Amîn, expert au sein de l’organisation 136. Séminaire International avec son Excellence Stephen Day, ancien Ambassadeur du Royaume Uni sur : Ma Mission de diplomate dans les pays arabes et ailleurs 137. Séminaire de la mémoire nationale et l’histoire du Temps Présent avec M. Ameur Kriâa sur : Le développement du Gouvernorat de Seliana 138. Séminaire de la Mémoire national et l’histoire du temps présent avec M. Ahmed Kahlaoui sur : le rôle du Syndicat de l’enseignement secondaire 139. Séminaire de la Mémoire nationale et l’histoire du temps présent avec M. Ahmed Kahlaoui sur : le rôle du Syndicat de l’enseignement secondaire 140. Séminaire de la Mémoire Nationale et l’Histoire du Temps Présent avec M. Mustafa Zaânouni sur : Le développement National à la lumière des projets adoptés 141. Séminaire de la Mémoire Nationale et l’Histoire du Temps Présent avec M. Ferid Memmich sur : Souvenirs des années 1960 : témoignages d’un militant étudiant à Paris 142. Séminaire sur : Bilan et perspectives du Centre d’Etudes Maghrébines à Tunis (CEMAT) avec son Directeur Dr. Laurence O. Michalak 143. Séminaire de la mémoire culturelle en Tunisie indépendante sur : l’Union des Ecrivains Tunisiens (UET) avec MM. Radhouane El-Kouni et Souf Abid 144. Deux séminaires de la mémoire nationale avec M. Hachemi Kooli sur Histoire du textile dans la contribution de l’Etat National 145. Séminaire Culture Etat et Société Série des témoignages pour la mémoire culturelle (Deuxième épisode) Invité : Jalloul Azzouna autour de l’histoire de l’Union des Ecrivains Tunisiens 146. Séminaire de la mémoire universitaire et de l’histoire du temps présent sur : Le dossier de l’arabisation des sciences tant au niveau de l’enseignement que de la recherche avec les Prof. Ahmed Dhiyab et Abdelatif Abid 147. Séminaire sur la mémoire universitaire et l’histoire du Temps présent sur le parcours universitaires et syndical du Prof. Jalloul Azzouna 148. Séminaire de la Mémoire culturelle et de l’Histoire du Temps présent avec le professeur Moncef Charfeddine sur : Les débuts du théâtre à la veille de l’Indépendance et après en Tunisie 149. Séminaire de la mémoire nationale et de l’histoire du temps présent avec M. Abdallah Bchir sur : Le rôle de Monastir dans le mouvement national jusqu’à l’indépendance 150. Séminaire de la mémoire nationale et Histoire du Temps présent : avec M. Mohamed Kilani sur Le rôle de la gauche tunisienne depuis les années 70 jusqu’à nos jours 151. Séminaire de la mémoire nationale et Histoire du Temps présent : avec M. Mohamed Kilani sur L’expérience du Parti communiste ouvrier (PCOT) de Tunisie et du Parti socialiste de gauche (PSG) (2ème et 3ème rencontres)
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| A PROPOS DE LA RECLAMATION D’EXCUSES
ET DE REPARATIONS |
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Prof. Abdeljelil Temimi
Des appels de sphères politiques, partisanes et culturelles se sont multipliés dernièrement dans l’espace maghrébin, et plus généralement arabe, pour revendiquer le droit des peuples qui étaient soumis à la colonisation française, britannique, espagnole et italienne à réclamer des excuses pour les dommages subis ainsi que des réparations. Lors de la réunion des partis politiques arabes à Damas il y a deux mois, le principe de la demande collective d’excuses et de réparations a été adopté, venant ainsi confirmer la tendance. Cette tendance générale fut adoptée par certaines personnalités tunisiennes appartenant à des partis politiques partisanes et qui se sont mises à réclamer des excuses de la part de la France et des réparations pour les dommages causés aux peuples tunisien, algérien et marocain. Sans vouloir dresser une liste des nations qui ont présenté des excuses, nous pouvons affirmer que ce nouveau phénomène mondial a commencé à être appliqué par certains pays dont les régimes politiques ont commis des erreurs envers certains peuples. L’Allemagne a présenté des excuses aux Juifs pour ce qui leur est arrivé pendant la Seconde Guerre mondiale et continue jusqu’à aujourd’hui à payer de fortes réparations. La France, sous le règne de Jacques Chirac, en a fait de même pour avoir envoyé des Juifs à l’holocauste. Le Japon a présenté des excuses à la Chine pour ce que son armée a fait subir aux citoyens chinois pendant la Seconde Guerre mondiale. Le président de la république portugaise en a fait de même auprès du monde arabo-musulman à cause de ce qui est arrivé aux Morisques Andalous dans son pays, lors d’une cérémonie officielle à Lisbonne, en présence de certains ministres arabes. Le Vatican a présenté, également, ses excuses pour les drames dues aux croisades. Il en va de même pour l’Autriche-Hongrie vis-à-vis des pays des Balkans à qui elles ont rendu leurs archives nationales. L’Italie a présenté des excuses officielles à la Libye. Le Premier ministre italien s’est rendu en personne en Libye et a annoncé les excuses officielles de son pays pour ce qu’a commis l’armée italienne lors de l’occupation en consacrant la somme de 5 milliards d’euros aux réparations. Le Premier ministre australien Kevin Rudd a présenté des excuses solennelles au demi-million d’« Australiens oubliés », victimes pendant des décennies de maltraitance dans des institutions publiques du pays. Environ 7000 d’entre eux étaient des Britanniques déplacés en Australie dans le cadre d’un programme mis en place entre 1920 et 1970 par les autorités de Londres pour préserver la présence de la race blanche britannique. Le Premier ministre australien a qualifié ces faits de « motifs de honte » et a exprimé les regrets de l’Australie pour ce drame marqué dans son histoire. Le Premier ministre britannique a annoncé qu’il présenterait des excuses officielles lors du prochain discours de la Couronne. Le 29 novembre dernier, le Pérou a présenté des excuses à son peuple qui a été exposé aux injustices pendant la période coloniale, excuses publiées dans le journal officiel de l’Etat du Pérou. Après ce bref préambule, j’aimerais faire quelques : Premièrement : alors que certains demandent des excuses et des réparations, ces partis politiques, ces organisations et ces Etats arabes dont les peuples ont été colonisés se sont-ils demandés le pourquoi du manque d’intérêt pour ce dossier depuis plus de cinquante ans, c'est-à-dire depuis les indépendances de nos pays, dossier qui n’a pas été préparé selon les normes suivies lors de telles demandes ? Dans ce domaine, nous ne notons que la démarche du colonel Kadhafi qui a réussi à obtenir les excuses officielles et publiques de l’Italie et son acceptation du principe des réparations, événement relayé par les médias. Il aurait été plus opportun pour les institutions de recherche arabes et les différentes autres organisations de s’intéresser à cette question en préparant des études appuyées par des statistiques précises, tirées des archives locales, françaises, britanniques, italiennes et espagnoles qui montrent, documents, cartes et statistiques officielles à l’appui et basées sur les préjudices subis dans de nombreux domaines, agricole, économique, commercial et surtout éducatif, afin que nos demandent acquièrent la légitimité nécessaire auprès des organisations juridiques internationales. A ma connaissance, nos demandes sont restées confinées à certaines déclarations de presse incendiaires et circonstancielles puisqu’aucun pays arabe n’a entrepris de préparer un projet étudié, supervisé par des comités d’experts de ces questions et conscients de toutes ses dimensions juridiques. Deuxièmement : les historiens et chercheurs indépendants refusent que la conjoncture actuelle de tension entre la France et les pays du Maghreb soit utilisée par certains politiciens pour demander instamment des excuses et réparations. Nous devons tous distinguer entre deux France : la première est la France coloniale dont les peuples maghrébins ont largement souffert, France à laquelle nous devons demander de présenter des excuses. Dans ce cadre, nous considérons que la décision des parlementaires français, adoptée en février 2005, de blanchir la présence coloniale française dans ses anciennes colonies a véritablement nui aux valeurs françaises qui défendent les droits de l’homme sans distinction pour cause de religion, de couleur, d’opinions ou de principes moraux. Les historiens français intègres se sont élevés contre cette décision et ont mené une large campagne, soutenue au niveau international, notamment par les historiens maghrébins. Ceci a provoqué une telle opposition que le Président Chirac a été dans l’obligation de supprimer la loi. La deuxième France est celle dont nous estimons la force et le rayonnement intellectuel des Lumières, qui a fourni des génies de la pensée humaine dont la France, et plus généralement tous les intellectuels, peuvent être fiers. La civilisation française ‘a-t-elle pas été un des piliers de la civilisation rationnelle active à l’époque de la Renaissance européenne ? Est-il convenable qu’en tant qu’intellectuels, nous feignons d’oublier et d’ignorer de tels acquis ? Troisièmement : nous faisons la distinction entre la demande d’excuses, qui est un élément de civilisation complètement absent et la demande de réparations qui doit s’appuyer sur des données chiffrées précises et documentées des conséquences dramatiques de la colonisation française de l’espace maghrébin, notamment l’Algérie. Il est impossible à tout historien, quelques soient ses convictions, d’ignorer les drames vécus par le peuple algérien tout au long de l’occupation française de 132 ans. Blanchir ce passé et le qualifier d’acte de civilisation serait un revers important de toutes les valeurs humanistes. Nous pensons que le fait que le président Chirac a annulé le projet de loi a tranquillisé les intellectuels qui ont compris que la France n’irait pas jusqu’à permettre une telle transgression de ses valeurs et principes. Le fait que les peuples colonisés demandent aujourd’hui des excuses est une donnée imposée par les changements d’aujourd’hui, préconisant l’approfondissement du dialogue des cultures et des civilisations… Il est inacceptable aujourd’hui, quelques soient les causes, que la France ne présente pas d’excuses.
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| POURQOUI LE TRANSFERT DE NOTRE FONDATION A TUNIS ? |
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Dix-huit années se sont écoulées depuis la création de notre Fondation dans la ville andalouse de Zaghouan ; durant cette période nous avons conçu et adopté une stratégie de recherche, très élargie, influente et dynamique qui couvre neuf spécialités en sciences humaines et sociales : études morisco-andalouses, histoire des provinces arabes à l’époque ottomane, recherche scientifique, corpus d’archéologie ottomane dans le monde, les problématiques de l’édification de l’Etat national et maghrébin, démocratie et liberté d’expression scientifique, archives et sciences de l’information ; de même nous nous sommes engagés depuis plus de deux décades à promouvoir le dialogue scientifique turco-arabe, anglo-maghrébin, hispano-maghrébin, golfe-maghreb et islamo-chrétien ; depuis peu.
Notre bibliothèque, constituée d’un fonds personnel du Prof. Abdeljelil Temimi évalué à vingt mille titres, outre les périodiques, a aidé beaucoup à ce beau résultat ; d’ailleurs ce succès nous le devons à la confiance de tous les chercheurs. Eu égard à ce succès enregistré à Zaghouan, beaucoup nous ont demandé de transférer le local de la Fondation à Tunis, afin que les chercheurs puissent tirer profit de la bibliothèque et de la dynamique stratégie d’action de recherche déjà réalisée ; cette idée nous a été suggérée dès le début par M. Hédi Baccouche, ancien Premier Ministre et par d’autres chercheurs et historiens. Après réflexion, nous nous sommes engagés depuis plus de quatre ans, à la réalisation de ce projet, en commençant par l’acquisition, après maintes difficultés financières, d’un espace dans un immeuble au Centre Urbain Nord de Tunis, cela nous a permis de nous procurer une salle de lecture et une salle de conférences. Nous aurons à cœur de poursuivre nos activités de recherche scientifique en sciences humaines et sociales, à dimension interarabe et internationale et de faire la preuve, si besoin est, qu’une Fondation scientifique privée est appelée à contribuer à valoriser la recherche et à couper court aux médiocres rendements des institutions et centres de recherches étatiques arabes, qui ont bénéficié et bénéficient encore, de budgets lesquels peuvent atteindre, dans les pays pétroliers, des millions de dollars. La foi qui nous anime pour notre projet est notre unique capital auquel nous sommes profondément attaché et que nous considérons au-dessus de tout bavardage ou chantage inutile, car notre projet de recherche est une réalisation liée à notre parcours personnel d’universitaire depuis trente-cinq ans, ce qui a donné à notre Fondation scientifique, une réputation interarabe et internationale, avec la publication de 151 ouvrages en langues : française, arabe, anglaise et espagnole, ainsi que la publication de trois périodiques académiques et l’organisation de 114 congrès interarabes et internationaux. * * *
Nous avons annonçé donc le transfert définitif de la Fondation à partir du 15 Novembre 2004 à son nouveau local sis à : Immeuble Al-Imtiaz – Centre Urbain Nord- (Face à l’INSAT) – 1003 Tunis Tél : 00216 71 23 14 44 ou 00216 71 75 11 64 Fax : 00216 71 23 66 77 |
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| Lettres de sympatisants |
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A la suite du lancement de notre nouveau site web, des chercheurs, toutes nationalités confondues nous ont adressé des messages de félicitations ; voici quelques-uns :
1- Maria T. Narváez Prof. à l'Université de Puerto Rico vendredi 15 juillet 2005 02:04
"Dearest Abdeljelil: It was wonderful to see you again at Tunis last May. I have just received your new Website address and I have already seen it. Congratulations! I am very happy you can use the ultimate technology to communicate to the world your great effort in maintaining a scientific and scholarly foundation where we can all give information on our research and be able to know about others researches. I admire your unfailing enthusiasm and your generosity giving also young students and researchers the opportunity to meet and change ideas with other scholars from around the world. The scientific community has a huge debt with you for all your efforts in accomplishing your goals so successfully. I was very happy to see that you included me in the photos. You know about my loyalty and love for your work and human qualities. Receive my deepest love. María Teresa "
2- Mhammad Benaboud Prof. à l'Université de Tétouan dimanche 17 juillet 2005 22:43
"Cher professeur Temimi
Je vous félicite a l occasion de l inauguration du nouveau siège de votre Fondation a Tunis. Je vous souhaite tout le succès du monde et serais près a collaborer avec vous dans le cadre de mes possibilités. Il y une idée que je dois en toute sincérité vous communiquer. Votre projet a connu un succès extraordinaire et admirable. Votre Fondation a atteint le sommet de son évolution. Cependant, je constate que le pilier de ce projet c est le professeur Temimi. Cependant, vous devez peut être penser maintenant à une formule pour assurer sa continuité, non seulement pour les Tunisiens, mais pour le monde arabe. Dans l’analyse final, ce projet est votre création. Sa continuité, je parle à longue terme, pourra assurer la continuité de votre nom, Il sera triste de voir sa disparition, dans dix ans, dans vingt ans ou dans cinquante ans. L’idée de sa continuité est donc fondamentale. Je connais de grands savants à Tétouan, qui ont laissé de magnifiques bibliothèques dont les livres sont terminés dans les marchés d’antiques. Bonnes vacances"
Prof. M'hammad Benaboud
3- Dr. Nedim Yalansiz Dokuz Eylul University-Vice President – Turkey 15/07/2005
"Your new web site is quote explanatory. I am very happy for our cooperation… We would like to make much more cooperation in all feeds : conferences, symposiums researches and academic exchange. Thank you very much indeed. Sincerely ,"
4- Mr. Houissa Hamdi (Tunis) 15 /07/2005
"Ca fait vraiment plaisir de voir un projet témoignant une maturité culturelle et scientifique, j’espère que ce projet régénère d’autres. Merci "
5- Mr. Taoufik Monastiri (Tunis) 19/07/2005 "Votre nouveau site est très beau et bien pratique ; hélas il lui manque un moteur de recherche ; il aurait être aisé d’indexer par hypertexte au moins les noms d’auteurs, puisque les index notamment de la RHM, existe en imprimé."
6- Dr. Mohamed Lamine Belghith Université d’Alger 20/07/2005 "Bravo cher Dr. Temimi le progrès c’est toujours d’être le meilleur. Merci."
7- FMSoft 23/07/2005 "Salut, Nous vous félicitons de votre nouveau site web, et vous invitons à l'insérer gratuitement dans l'annuaire de sites web de notre portail www.MyPortail.com bénéficiant ainsi de la notoriété de notre annuaire et notre classement 1ére page GOOGLE. Salutations FMSoft Service portail " 8- Belkacem Boutayeb Tunis le 22 Juin 2007
َA mon maître Abdeljelil Temimi
Le 22ème congrès du Forum de la Pensée Contemporaine sur l’autocensure m’aura permis d’approfondir les sentiments d’affection et d’amitié qui sont mis spontanément lors de notre première rencontre à Oujda, au Maroc, pour la personne du Professeur Emérite Si Abdeljelil Temimi dans le cadre du colloque international sur l’intégration maghrébine, organisé par l’Union des Jeunes Euro Maghrébins. Victor Hugo ne pensait pas si bien dire : "La volonté trouve, la liberté choisit, trouver et choisir, c’est penser ! La volonté farouche de mon désormais grand ami Si Abdeljelil, son courage intellectuel et son amour de la liberté, le conditionnent de manière structurelle dans le mérite "de l’exemplémentarité suicidaire" qui ne cherche ni à plaire ni à se complaire ! Ne dit-on pas qu’un homme peut affirmer avoir réussi sa vie, s’il a rempli 3 conditions : Faire un enfant Ecrire un livre Planter un arbre Et André Malraux déclare qu’il faut 60 ans pour faire un homme ! Quel bonheur de constater combien Si Abdeljelil a réussi sa vie et ses vies, et qu’à la veille de la célébration de ses 70 ans, l’homme s’affirme avec bonheur vers l’exception d’engagement et de volonté pour la science et le progrès !
Que Dieu et ses anges veillent sur vous et sur la Fondation Temimi !
Belkacem Boutayeb Institut Marocain des Relations Inernationales Casablanca – Maroc
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